Par LT - publié le 22 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 16h38 - 0 commentaire(s)
Revenu de ses expériences chamaniques, Jan Kounen s'occupe de mettre en scène 99 Francs, le roman de Frédéric Beigbeder. La bande-annonce est désormais disponible, et ça se passe ci-dessous :

Poisson hors de l'eau dans le cinéma français, Jan Kounen est un cinéaste aussi paradoxal que fascinant, survolté qu'imprévisible. C'est un euphémisme que de confesser qu'il a beaucoup dérouté avec Blueberry, western expérimental sous ecsta, et surtout Darshan, petite production atmosphérique et contemplative digne dans ses plus beaux instants du vertige extatique d'un Ron Fricke. En empruntant des sentiers aussi audacieux, Kounen devenait de plus en plus clairement le nouveau Alain Cavalier, immense cinéaste français, tellement mésestimé que ça en devient honteux, qui est parti de films conséquents pour virer en autarcie et fomenter des petites productions intimes et non moins bouleversantes (si vous avez l'occasion de tomber sur son dernier Filmeur).



Nouveau coup de théâtre dans la filmo de l'enfant terrible : l'adaptation du roman 99 Francs, de Frédéric Beigbeder, avec dans le rôle de l'écrivain Jean Dujardin. Dans son roman, l'auteur passait à la moulinette le monde des pubards dans les années 90 en zigzaguant entre réalité et fiction et narrait le parcours d'un publicitaire qui essayait comme il pouvait de se faire virer de son agence (Young & Rubicam, bien entendu). On peut compter sur Kounen pour conserver le cynisme insolent et l'humour mordant du roman d'origine. Mais en changeant de registre de manière aussi tranchée, ne serait-il pas en train de devenir notre Rolf de Heer hexagonal ? On peut critiquer ses manières mais ce genre de trublion, imprévisible et mal-aimé, est totalement indispensable à l'équilibre de notre cinéma franco-français trop frileux en terme de risques. S'il y a bien une raison qui nous poussera à aller voir 99 Francs, ce ne sera pas pour jouer au petit jeu des comparaisons avec le roman ni même découvrir la perf d'Elisa Tovati en Tamara ou les prestations drolatiques de Patrick Mille, Jocelyn Quivrin, Vahina Giocante, Nicolas Marie (l'acteur fétiche de Dupontel), mais peut-être pour sonder les restes de feu intérieur qui brûle chez cet artiste maudit.



Sortie : 26 Septembre 2007
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