Le 19ème Festival de Paris rendait hommage mercredi dernier à l’un de nos plus illustres producteurs, Alain Sarde. Avec plus de 160 films à son actif, sa carrière est d’une rare richesse. Qui peut se vanter d’avoir produit Polanski, Sautet, Lynch, Leconte, Blier, Téchiné, Kusturica et Haneke, pour ne citer qu’eux ? Après une rencontre avec le public, il a accepté de nous accorder quelques minutes d’entretien.
Que pensez-vous de l’explosion du marché du DVD ?Le marché français ne bénéficie pas encore vraiment du développement de ce marché. L’offre est tellement énorme qu’il faudrait une promotion encore plus énorme des films français. Les éditeurs doivent faire encore des efforts, et les producteurs doivent les aider. Cette explosion ne fait que débuter.
Etes-vous dvdphile ? Un énorme, mais qui ne l’est pas ! Je suis bien équipé, avec un plasma comme écran. Les prix ne cessent de baisser, et aujourd’hui, avec relativement peu d’argent, vous pouvez prendre plaisir à organiser des soirées DVD chez vous, sans nécessairement avoir un plasma d’ailleurs.
Mulholland Drive, l'une des 160 productions de Alain Sarde Comment jugez-vous la carrière de vos deux productions déjà sorties cette année ? Confessions trop intimes marche très bien et s’approche du million d’entrées.
Nathalie s’en sort moins bien avec un peu plus de 500 000 entrées. Je crois que le film de Patrice Leconte était très bon et c’est tout simplement la raison pour laquelle sa carrière est satisfaisante.
La rentabilité sera-t-elle atteinte ? Je ne peux pas vous répondre, je ne sais pas. Il faut demander à mes comptables ! Le but n’est pas forcément de gagner de l’argent, sinon je ne produirais pas Godard.
Que faîtes-vous le jour de la sortie de vos films ? Plutôt que d’aller dans les salles, j’attends les chiffres. S’ils sont satisfaisants, vous avez envie d’être avec le public, sinon vous avez envie d’aller vous coucher.
Vous n’avez pas été attiré par la mise en scène ? Non, car il aurait fallu que je fasse une école de cinéma et je n’étais vraiment pas attiré par le domaine technique.
La dernière production d'Alain Sarde, en attendant trois films présentés à Cannes 2004 Pourtant, depuis quelques années, la mode des acteurs-réalisateurs fait rage et ils n’ont pas fait d’école ! Qu’en pensez-vous ? L’avantage est qu’ils sont très bien placés pour diriger d’autres acteurs. Je suis pour cette tendance, elle m’intéresse. Maintenant, il est vrai qu’ils n’ont pas fait d’école, mais ils ont la possibilité d’apprendre sur les plateaux lorsqu’ils ne sont que comédiens. Un producteur n’a pas le même temps libre lors d’une journée de tournage. Pour compléter ma réponse précédente, je rajouterai que ce qui me manque surtout, c’est probablement un sujet qui me procure un réel désir de mise en scène.
Le Festival de Paris doit être reposant avant la tornade cannoise ! (grand sourire) Cela n’a rien à voir en effet, j’ai l’impression de faire un tour en bateau-mouche, avant de présenter à Cannes trois films, le mois prochain. Il y aura le nouveau film de Godard,
Notre musique, celui de Kusturica,
La vie est un miracle et enfin celui de Mike Leigh,
Vera Drake.