Par - publié le 10 mars 2006 à 05h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h49 - 19 commentaire(s)
Comme ils seront sur deux nouveaux projets (un roman de Stephen King pour Eli Roth ; une adaptation de comic-book bizarre pour Alexandre Aja), profitons-en pour les rassembler et les passer au hachoir critique. Alors, plutôt Alex ou Eli ?



CAS NUMERO 1 : ALEXANDRE AJA
Après Haute Tension, opus méchant et sanglant, Alexandre Aja revient ensanglanter les écrans avec son remake terrifiant de La colline a des yeux. Immense potentiel.

Kesako ? Fils d'Alexandre Arcady. Aujourd'hui, jeune cinéaste français spécialisé dans l'horreur qui fait plaisir au porte-monnaie de Wes Craven.
N'écoutez pas les mauvaises langues : On a beau dire ce que l'on voudra sur Haute Tension, deuxième long métrage d'Alexandre Aja mais ce film d'horreur avec des éviscérations, des tripes, un soupçon de perversité, un tueur en série méchamment burné, des rebondissements tarabiscotés et des demoiselles à peine sorties de l'adolescence qui aiment à hurler était très jubilatoire pour peu qu'on apprécie le genre et relevait dans le PCF (paysage cinématographique français) d'une authentique gageure. Aux Etats-Unis, c'est Hershell Gordon Lewis a inventé le gore dans les années 60 avec deux films conséquents : Blood Feast et 2000 Maniacs. En France, on n'a pas connu le même essor malgré un essai honorable avec le Baby Blood d'Alain Robak en 1989 dont l'absence de prétention forçait la mansuétude. Depuis, plus rien. Haute Tension est venu secouer tout ça.
Un peu de zizique : Dans HT, on pouvait entendre des morceaux de Muse mais aussi du Didier Barbelivien ou encore Ricci e Poverti, éléments régressifs qui confirmaient le capital déconneur et second degré de l'ensemble.
Faut pas le faire chier : la famille décimée dans Haute Tension
Les maîtres spirituels: Dans Haute Tension, Aja passait en revue différentes époques du cinéma horrifique conciliant Massacre à la tronçonneuse (le tueur qui, à la fin, tel un Leatherface, court avec sa tronçonneuse sur une route quasi-déserte) ; un méchant sur-moi Shyamalanesque (les champs à la Signes et le coup de théâtre à la Sixième Sens) ; Jeepers Creepers (les deux amies qui se lancent des insultes dans la voiture comme le frère et la sœur au début du film de Victor Salva ; le monstre qui roule dans une camionnette sordide et qui entretient des rapports sexuellement troubles avec ses victimes) ; Blue Velvet ; Maniac (pour la scène dans les toilettes) et consorts...



Pourquoi tu ressembles à Eli: Parce que t'es jeune et tes bobines possèdent une sacrée efficacité...
Aujourd'hui, on parle de lui: Comme naguère Jan Kounen et Florent Siri -qui reviennent en France au final, Aja a clairement tourné le dos aux ambitions franco-françaises et s'intéresse désormais aux Etats-Unis, terrain propice aux objets plus onéreux. Alors qu'il a aujourd'hui seulement 27 ans, le jeune réalisateur a des projets qui se précisent : outre le remake de La Colline des yeux, on l'attend au tournant avec The Waiting, le prochain long-métrage qu'il devrait mettre en scène et qui sera un thriller fantastique à base de surnaturel. Alexandre serait-il devenu le nouveau sbire du maître de l'angoisse ? En effet, The Waiting marquera sa seconde collaboration avec Wes Craven ou plus précisément sa société de production Craven-Maddalena films. L'intrigue semble somme toute classique : une mère de famille est persuadée que l'esprit de son fils, mort il y a peu de temps, hante méchamment son esprit.
NOUVEAU PROJET: Adaptation d'un comic-book de Charles Burns, Black Hole se focalise sur une maladie sexuellement transmissible provoquant de graves mutations et qui oblige un groupe d'adolescent à se retrancher et à vivre entre pestiférés. Le scénario sera cosigné par Roger Avary et Neil Gaiman. Mais pour l'heure, le remake de La colline a des yeux.




CAS NUMERO 2 : ELI ROTH
Avec Hostel, comédie trash et horrifique, il agace, amuse, dérange. Immense potentiel

Kesako ?: Chouchou de Tarantino, de Peter Jackson et de Lynch. Grosso modo, ce malin a le cul bordé de nouilles
N'écoutez pas les mauvaises langues: Si Cabin Fever, objet qui a ses fans comme ses détracteurs, pouvait laisser dubitatif par son cynisme sournois et sa propension inquiétante à brasser du vide pour déboucher sur une pirouette finale inattendue à la manière de La baie Sanglante de Mario Bava, Hostel, le nouveau film de Eli Roth, a le mérite d’être plus probant même s’il n’est pas exempt de faiblesses. Cette fois-ci, il oublie les rednecks pour causer de thèmes plus sombres (trafic humain, mafia, tourisme sexuel...). Question : notre ami se prendrait-il méchamment au sérieux ? Non, juste l'envie de s'amuser avec des choses horribles. Ce n'est pas pour autant que la tonalité se veut plus tragique. Au contraire, pendant un bon bout de bobine, Hostel laisse présager une pochade estudiantine comme on en voit des pléthores. On a tout faux. Tout a commencé par une simple discussion sur les choses les plus tordues et les plus étranges que l'on pouvait trouver sur le net. Par l'intermédiaire d'un ami, Roth tombe sur un site qui proposait pour une somme d'argent considérable d'être accompagné dans une pièce, de prendre une arme et de s'offrir un humain à tuer. Ces lieux dans lesquels des hommes payent, voire parient, sur la vie d'autres hommes (on en revient toujours à la sempiternelle ritournelle de la dégradation de l'homme par l'homme) sont de plus en plus ouvertement abordés au cinéma (revoir des films aussi antithétiques que Incassable, Battle Royale, Intacto ou même le récent 13 pour comprendre l'ampleur du phénomène). Sujet central du film ? Le business du meurtre dont la morale est résumée par Takashi Miike (jouer peut coûter très cher). Eli Roth n'a bien entendu pas envie de faire dans la thèse et préfère le rire à la grise mine. Il aborde le sujet à sa façon, de manière détournée mais non moins violente, quitte à parfois faire quelques fioritures pour estomper le malaise.



Un peu de zizique: Ceux qui ont vu Hostel veulent certainement savoir comment s'appelle le tube pop slovaque qui passe en boîte. Il suffisait de demander : Team avec Drzim ti miestro. Forcément, ça calme.
Faut pas le faire chier: il a le numéro du portable de Barbara Nedeljakova
Les maîtres spirituels: Takashi Miike, Park Chan-Wook, Sam Raimi, Ridley Scott et surtout Quentin.
Pourquoi tu ressembles à Alex: Parce que t'es jeune et tes bobines possèdent une sacrée efficacité...
Aujourd'hui, on parle de lui: Par la suite, on l'attend sur la suite d'Hostel et surtout sur The Box, coécrit avec Richard Kelly : "Nous avions écrit le film avant que je fasse Hostel et que lui ne s’attelle à Southland Tales. On était tellement occupé tous les deux sur nos projets respectifs que nous ne l’avons pas fini. Nos emplois du temps ne concordaient pas. A chaque fois, on était obligé de s’excuser ; du coup, on a remis ça à plus tard. Le film sera complètement bizarre et barge. Au départ, on avait des contraintes budgétaires. Si on avait suivi nos désirs, le film aurait été trop onéreux. Finalement, on a tout laissé tomber et on s’est dit faisons un film de barge, même cheap, et basta."
NOUVEAU PROJET: Il adaptera le roman Cellulaire de Stephen King, un thriller où un signal transmis par téléphone portable transforme leur utilisateur en zombies. Envie de faire comme tonton Miike qui nous a servi un épatant thriller horrifique avec La mort en ligne ? Peut-être. En tout cas, une chose est sûre : Eli Roth aimerait lui-même écrire le scénario pour le compte de la société de production Dimension Films. Mais aura-t-il le temps d'achever ses projets ?
Vos réactions


logAudience