Né vers 1930 ou 31 suivant les sources, l’auteur de
La danza macabra avait signé certains de ses films les plus célèbres "Anthony Dawson", "Anthony M. Dawson", "Anthony Daisie", etc. Ce spécialiste des effets spéciaux, souvent producteur et scénariste de ses propres titres, fut l’un des grands réalisateurs italiens de ce qu’on a nommé le "Cinéma-bis" vers 1970 (horreur et épouvante, science-fiction, péplums, westerns, aventures, espionnage, documentaires "mondo", policier "gialli"). On a pu le comparer, par son éclectisme et son brio à un "Roger Corman italien" dont il avait d’ailleurs adopté la technique de tournage : 4 ou 5 caméras filmaient simultanément la même scène en multi-angles afin d’accroître la rapidité du montage.
Sa carrière a suivi la même courbe générique et le même choix de pseudonymes à consonance anglo-saxonne que celle des "maestri" Riccardo Freda ou Mario Bava. Elle est cependant moins connue et plus difficile d’accès car nombre de ses films (notamment ceux de science fiction aux titres magiques et aux scénarios délirants) demeurent inédits en France et les autres ne furent jamais repris après leur brève exploitation dans les salles de boulevard. La majorité de son œuvre est donc aujourd’hui à redécouvrir et constitue une fabuleuse "terra incognita" pour les jeunes cinéphiles.
Ses titres de gloire furent l’occasion pour Barbara Steele (
La danse macabre – son chef-d’œuvre et d’ailleurs aussi son film préféré, (
La sorcière sanglante), Michèle Mercier (
Les fantômes de Hurlevent - remake de
La danse macabre dans lequel elle remplace Barbara Steele pour interpréter le personnage d’Elisabeth Blackwood), Klaus Kinski (
Et le vent apporta la violence…,
Les fantômes de Hurlevent) d’interpréter certains de leurs plus beaux rôles. Passée la période faste et frénétique de 1960-1970 (parfois 3 ou 4 films tournés simultanément le même mois !), la carrière de Margheriti s’infléchit sérieusement quant à sa qualité mis à part
Héros d’apocalypse que l’on peut considérer comme son meilleur titre des années 80.
Les co-productions internationales, dont Rome et Cinecitta étaient à l’époque le centre nerveux, amenèrent Margheriti a travailler avec Christopher Lee (
La Vierge de Nuremberg), Claude Rains (
La planète des hommes perdus), Michel Lemoine (
I Diafanoidi portano la Morte, I Criminali della Galassia), Michelle Girardon (
Marchands d’esclaves), Tab Hunter, George Rivière, Jane Birkin sans oublier bien sûr quelques-unes unes des actrices italiennes les plus belles de l’époque comme Rossana Podesta (
La flèche d’or, La Vierge de Nuremberg), Wandisa Guida (
I Giganti di Roma), Lisa Gastoni, Mireille Granelli, Maria Grazia Buccella et bien d’autres.
Il déclarait dans un entretien publié à son apogée (cf. : Jean-Pierre Bouyxou & Roland Lethem,
La science-fiction au cinéma, éd. U.G.E., coll. :10/18, Paris 1971, pp. 462-463) :
"J’ai 39 ans. J’ai tourné 43 films, j’ai écrit le scénario de 100 films à peu près et j’en ai produit une vingtaine. J’ai reçu une médaille d’or pour mon activité au cinéma et ma vie actuelle est faite d’une multitude de coups de téléphones. Voilà : vous savez tout de moi !"
Si vous voulez en savoir plus sur l’œuvre (l’homme était, on le voit, très discret) on vous conseille de lire l’entretien dans son intégralité (op. cit., pp. 461-472) et aussi de vous reporter au dossier réalisé par Alain Petit, , Gérard Cossevin, Jean-Paul Nail et Alain Venisse sur Anthonio Margheriti paru dans Vampirella n°7 (éd. Publicness, Paris 1971, pp. 49-54).
Antonio Margheriti est mort d’une crise cardiaque le 4 Novembre 2002 (à Rome ou Monterosi selon les sources) en Italie.
FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE d’ANTONIO MARGHERITI
(comme réalisateur)
- La freccia d’oro [La flèche d’or] (peplum) 1962
- I Pianeta degli uomini spenti [La planète des hommes perdus] (science-fiction) 1963
- Il terrore dei Khirghisi [La terreur des Kirghiz] (peplum) 1963
- La danza macabra [Danse macabre] (horreur et épouvante) 1963
- Il crollo di Roma [The Fall of Rome] (peplum) 1963
- La Vergine di Norimberga [La Vierge de Nuremberg] (horreur et épouvante) 1964
- I Lunghi capelli della Morte [La sorcière sanglante] (horreur et épouvante) 1964
- Soraya, Reina del desierto [Marchands d’esclave / Anthar l’invincible] (péplum) 1964
- I Giganti di Roma [Fort Alésia] (peplum) 1964
- Il Pelo nel Mondo [Le monde sans voiles] (documentaire)1964
- Joko, invoca Die…e mueri [Avec Django, la mort est là] (western « italien ») 1967
- E Dio disse a Caino [Et le vent appporta la violence] (western « italien ») 1969
- Nella stretta morsa del ragno [Les fantômes de Hurlevent] (horreur et épouvante) 1971
- Apocalypse domani [Héros d’apocalypse / Hunters of the Apocalypse] (guerre) 1980