Hors des contrées qui font le cinéma d'aujourd'hui, peu de pays peuvent s'enorgueillir de l'essor actuel du cinéma argentin. A l'avant-garde d'un cinéma sud-américain de plus en présent, l'Argentine fait en effet figure de pays de cocagne.
Aux côtés des cinémas auriverde et brésiliens, la terre des gauchos se fait de plus en plus pressante. Car incontournable, son cinéma ne cesse de se faire remarquer. Ainsi, à Cannes ou plus encore sur nos écrans, les films argentins n'ont jamais été aussi présents. "Simple coïncidence" diront les mauvaises langues. "Question de talents !" leur rétorqueront les aficionados d'une industrie qui séduit et s'exporte avec plus ou moins de succès.
De l'audace et des talents
Avec des structures faibles et un marché domestique dominé à plus de 80% par le grand rival américain, le cinéma argentin connaît paradoxalement une vitalité étonnante. Il produit plus de soixante films par an contre vents et marées. Les talents de la nouvelle génération foisonnent et nombreux sont ceux qui réussissent même s’il faut pour cela partir. Cette année, Diego Lerman (Mientras tento) était présent à la Quinzaine des réalisateurs avec L’œil invisible quand Pablo Trapero concourrait en 2008 et 2010 pour la Palme avec Leonera et Carancho. Et que dire de Pablo Giogelli, caméra d’or avec Las Acacias et des jeunes espoirs (Gaston Margolin, Mariano Luque) présents dans le cadre de la Cinéfondation ? Autant de preuves d’une énergie argentine qui électrise nos écrans.
Ainsi, en dépit des problèmes de financement liés à la crise économique, les projets albiceleste se multiplient et gagnent les faveurs de l’étranger. En salles et plus encore dans les grandes messes cinématographiques mondiales, l’Argentine hisse haut ses couleurs. Dans ses yeux de Juan Jose Campanella a conquis les cœurs avant de ravir à la barbe des européens, l’Oscar 2010 du meilleur film étranger. De son côté, Carlos Sorin, Lion d’argent en 1989 avec La Pelicula del rey, a connu également le succès avec ses derniers films : Historias minimas, Bombon El perro ou le très maradonnesque El Camino de San Diego. Et il est loin d’être isolé. El Custodiode Gonzalo Moreno a reçu un bel accueil lors de la Berlinale en 2006. Le regretté Fabian Bielanski fut longuement courtisé par les studios d’Hollywood après Les Neuf reines puis El Aura et Lucrecia Martel, primée à Berlin avec La Cienaga, sélectionnée à deux reprises à Cannes avec La Nina Sante et La femme sans tête. Sans compter que l’Argentine compte d’autres atouts puisqu’il ne faudrait pas oublier outre la sublime Martina Gusman, jurée aux côtés de Robert de Niro, le talent d’Adrian Caetano (Bolivia, Buenos Aires 1977) ou encore l’audace sensuelle de Lucia Puenzo avec XXY et El Nino Pez.
Reflet de la mondialisation du cinéma contemporain, le cinéma argentin se distingue doncau cœur des Amériques. Par la richesse de son vivier de réalisateurs, il s’est en effet inscrit dans le paysage des cinéphiles d’aujourd’hui. Et cela quelque soit le genre abordé. A Javier Solanas le documentaire militant qui explore les dessous d’une Argentine exsangue ; quant à Pablo Trapero, Carlos Sorin ou Lucrecia Martel, la fiction aventureuse s’impose comme leur territoire de prédilection. Un terrain que convoitent également quelques petits nouveaux tout aussi enthousiasmants : Gustavo Tarreto (Medianeras) ou encore Pablo Giogelli (Caméra d’or à Las Acacias). Le présent et sa relève sont donc assurés. Viva Argentina, viva le cinéma !

L'histoire : Martin et Mariana vivent le désespoir de leur génération, seuls dans leur appartement. Entre ordinateur et espoirs déçus, ils s'enferrent dans la dépr[…]
L'histoire : Buenos Aires, 1974. Une jeune femme est assassinée dans des circonstances non élucidées. Benjamín Espósito, dont l'enquête de l'époque avait fait ch[…]
