AVANT-PROPOS / VINYAN
Les derniers battements de coeur d'un couple franco-britannique (Emmanuelle Béart et Rufus Sewell) dont le fils a disparu lors du terrible raz-de-marée. Restés à Phuket plusieurs mois après le drame, tous deux croient reconnaître leur progéniture sur une vidéo lors d'un dîner de charité. Ils partent à sa recherche dans la jungle birmane en compagnie d'un "parrain", étrange guide dont on ignore les intentions. Là-bas, d'autres enfants attendent. Patiemment. Là où Calvaire, le précédent film de Fabrice du Welz, partait du quotidien palot pour emmener droit en enfer, Vinyan reprend directement de l'enfer pour accéder aux portes d'un nouveau monde édénique aux frontières abolies où les notions de morale et de transgression, de vice et de vertu, de vie et de mort sont redéfinies. Cet empire éclairé tout en contrastes (magnifique photo de Benoît Debie) rayonne d'une double puissance: l'ensorcellement morbide et la rédemption thérapeutique. Peut-être l'un des films les plus sous-estimés de ces dix dernières années, qu'il faut redécouvrir, urgemment.