L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Nouveau retour sur
300 en cette fin de semaine, avec la critique de Legolasda, l'un des plus gentils à ce jour au sujet du film de Zack Snyder.

Je suis désolé mais je ne vois pas vraiment en quoi
300 est le précurseur d'un "cinéma de demain". C'est un argument qu'on nous sert minimum une fois par an. On nous l'avait sorti pour
Matrix, pour
Sin City et j'en passe. Je suis désolé mais je ne vois pas clairement la différence avec un film tel que
le Seigneur des Anneaux ou
Pirates des Caraïbes. C'est même un cinéma clairement moins intéressant que ces prétendues bobines "révolutionnaires".
Je ne suis pas en train de dire que
300 est un mauvais film. Si cela pouvait être le moins bon blockbuster de l'année, Hollywood serait un vivier de films talentueux, intelligents et respectueux du grand public. Malheureusement,
300 n'est pas, pour moi en tout cas, le chef-d'oeuvre que beaucoup de jeunes "cinéphiles" s'évertuent à le dire. Non pas qu'il soit aussi mauvais que les Inrocks, le Monde ou Libé l'affirment. Mais il n'est au fond qu'une suite de belles images, sublimement réalisées bien sûr mais sans véritablement d'âme. Loin derrière
le Seigneur des Anneaux, Zack Snyder, dont la pourtant surprenante
Armée des Morts avait presque réussi à atteindre le niveau de l'original de Romero, n'arrive cette fois pas à faire parvenir l'émotion et la force épique du récit, sûrement submergé par l'amour qu'il porte au roman graphique de Frank Miller et l'ampleur des sentiments qu'une telle histoire se doit de véhiculer.

Autre erreur : aucune distance avec le récit. Aucune volonté d'inscrire réellement les personnages dans une logique épique. Snyder n'a pas su trouver l'équilibre entre cinéma bis, comics et légende, alchimie que des génies comme Jackson ou Raimi ont appris à manier avec classe et intelligence.
Le vrai bon cinéma de notre temps est un cinéma qui sait recycler. Dans
, on assiste à un mélange de cinéphilie maladive et de jouissance vidéo ludique. On retrouve la puissance épique des meilleurs jeux vidéos (de Zelda à Half-Life) et la force émotionnelle et universelle du cinéma muet. C'est donc un 7eme Art qui sait recycler les vieilles recettes (même les plus oubliées) tout en sachant utiliser le meilleur de la technologie et de la pensée contemporaine. Zack Snyder ne recycle pas exactement. Il refait une BD d'une qualité incroyable, ce qui, au demeurant est loin d'être une mauvaise initiative, mais oublie le principal : le cinéma et les qualités de ce dernier. Il ne les utilise pas, il n'utilise pas la puissance du montage (des plans-séquences au ralenti de scènes de combat qui éludent tout ce qui fait le plaisir cinématographique d'un tel exercice : l'ubiquité, la rapidité, le réalisme) ni le potentiel émotionnel d'un tel mythe.