L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Valerien Morn se souvient d'
Equilibrium, film quelque peu oublié, surtout à cause de ses ressemblances avec Matrix, malgré certaines qualités.
C'est amusant de comparer deux films qui sont sortis au même moment : Equilibrium et Matrix Reloaded, par exemple. Du moins, c'est ce qui m'a frappé.
Matrix Reloaded montrait qu'avec un budget colossal, des effets spéciaux magistraux et un scénario solide, on était en mesure de livrer des blockbusters intelligents ! Sorti peu de temps après,
Equilibrium a simplement souffert de cette comparaison, même si le mode sur lequel il aborde les mêmes thèmes (la foi, la résistance…) se révèle sobre. Moins tape-à-l’œil (mais nettement moins maîtrisé aussi),
Equilibrium, première fiction de Kurt Wimmer avant Ultraviolet (oui, il est tombé bas, le mec), peut séduire ceux qui ont été frustrés par la grosse machine des frères Wachowski. Selon moi, le débat est ailleurs tant ce film se rapproche finalement moins de la saga
Matrix que de
Fahrenheit 451 dont c’est le remake inavoué.
Equilibrium est un film "roublard" qui emprunte de bonnes idées à d’autres films pour les reformuler à sa sauce. La démarche peut paraître malhonnête, mais il ne faut pas lui nier une certaine efficacité. De plus, cette somme d’additions est intéressante à défaut de donner un ensemble qui soit convaincant.
Bienvenue à Gattaca a été l’influence la plus directe, avec son univers fliqué et glacial, ses prolongements et ses grands espaces qui soulignent la condition misérable et stérile des personnages.
Le thème du noyau de résistants qui tentent de lutter contre un système totalitaire n’est pas nouveau. En littérature, des écrivains comme George Orwell ou Philippe K. Dick ont montré à travers leurs ouvrages la vision pessimiste qu’ils avaient d’un futur déshumanisé et terrifiant. Au cinéma, il suffit de revoir aujourd’hui un film comme
Brazil de Terry Gilliam pour se rendre compte à quel point ce chef-d’œuvre était toujours aussi actuel. Dans 20 ans,
Equilibrium sera démodé parce qu’il lui manque la novation, l’originalité et la folie pour surprendre encore et encore.
Le film n’en demeure pas moins suffisamment malin pour divertir, mais on était en droit d’en attendre plus : à la place d’un film révolutionnaire, on a une fiction banale mais distrayante.
Pour revenir à
Fahrenheit 451, source d’inspiration majeure de Wimmer ici, le personnage principal d’
Equilibrium est à rapprocher de Montag, le pompier chargé de l’autodafé. Ces deux hommes sont à la base pour la répression et contre la liberté de penser, mais ils vont chacun apprendre, au contact d’une « terroriste », à retrouver l’humanité qu’ils avaient perdue. Au final, ils basculeront tous deux dans le camp des oppressés en agissant contre les lois et pour le bien. Dans ce rôle, Christian Bale s’avère glacial. Emily Watson est inflexible en résistante amoureuse et rebelle. En revanche, le méchant joué par Taye Diggs est insupportable. Il y a d’ailleurs une anomalie avec son personnage : lors des scènes de fin, il se met à sourire, voire même à rire, alors qu’il est censé représenter la froideur. C’est probablement l’une des erreurs fondamentales d’un scénario pas super original dans son déroulement. Dommage car ça commençait bien mais bon, Equilibrium reste super attachant dans sa volonté de proposer autre chose, sans les moyens d'accord, mais avec de la malice. A redécouvrir !!!
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