Par Seb - publié le 31 octobre 2007 à 12h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h25 - 13 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, Seb nous parle de son amour pour Les Infiltrés de Martin Scorsese, le remake d'Infernal Affairs.



Il est vrai que la plupart des remakes actuels sont assez inutiles, puisque, pour la plupart, ils n'apportent strictement rien de nouveau par rapport à l'oeuvre originale. Pourtant il faut bien dire que ce n'était pas avec cet avis que nous attendions Les Infiltrés (ou plutôt The Departed), pour deux raisons. La première est que l'original, Infernal Affairs, n'était pas un chef d'oeuvre, puisqu'il était un polar détournant les codes du genre avec efficacité, mais dont la dérive des personnages était assez sommaire. Et la deuxième est bien sûr que Martin Scorsese réalisa le film, et que forcément on pouvait s'attendre à un retour au polar, genre qu'il a transcendé (avec les Affranchis et Casino) il y a plusieurs années.

Scorsese ne met pas longtemps pour nous mettre directement dans l'ambiance (comme il le fait à chaque fois), dés son intro on sent que l'on va assister à un chef d'oeuvre. Sous fond de musique Rock'n roll, avec un magnifique travelling nous montrant l'ombre de Jack Nicholson, ce dernier nous balance en pleine tronche une réplique typique de chez Scorsese: "les gens disent qu'il faut s'adapter à l'environnement, moi c'est l'environnement qui s'adapte à moi.". Ce qui rappelle d'ailleurs les Affranchis ou Casino. Une intro fulgurante (18 minutes avant le titre), qui raconte la jeunesse de Collin Sullivan (Matt Damon), tisse les liens entre les personnages, sans pour autant avoir besoin de nous les présenter.



Et c'est bien ce point qui différencie le remake de l'original, c'est que Scorsese s'est réellement approprié le matériau d'origine, pour en faire un film radicalement différent. Le traitement qu'il apporte au film donne une toute autre dimension a l'histoire. Rien que dans le développement des personnages on reconnaît la touche de Scorsese. Car contrairement au film d'Andrew Law et Alan Mak, Scorsese ne dévoile pas directement les états d'âme des personnages, que l'on découvre au fur et à mesure que l'intrigue avance, ce qui rend l'issue beaucoup plus intéressante et surprenante que dans l'original, dont le déroulement pénait à surprendre.


Scorsese a également apporté beaucoup plus de profondeur à l'histoire, en y introduisant ses thèmes chers. Que ce soit la religion (Jack Nicholson présenté comme une figure satanique), sa fascination pour les gangsters et la façon ironique dont il les dépeint (la première phrase signifie tout, le gangster est un homme qui veut et qui contrôle son environnement, tout en restant dans l'ombre), la quête d'identité,à travers le personnage de Billy Costigan, brillamment interprété par DiCaprio, mais également avec le sublime triangle amoureux avec Vera Farmiga. Tous ces thèmes approfondissent l'histoire et la rendent beaucoup plus intense que l'original.



Une intensité présente durant tout le métrage, qui démarque complètement ce film de l'original, il est plus violent, plus intense, plus méchant, plus touchant. Le simple fait de voir comment Scorsese transcende les passages connus de Infernal Affairs (lorsque Nicholson veut vérifier si DiCaprio n'a pas de micro, il ne fait pas que lui casser le plâtre, il lui brise vraiment le bras) donne une toute autre ampleur à l'histoire, on assiste à un film radicalement différent. Le tout est accompagné d'une ambiance Rock'n roll bien de chez Scorsese, et d'une mise en scène d'une beauté à vous faire pleurer !

Inutile de comparer Infernal Affairs et les Infiltrés, le premier se casserait littéralement la gueule. Il a beau être un très bon film, le traitement de Scorsese est tellement plus intéressant et jouissif qu'il renvoie l'original au rang de polar du dimanche pour tf1. Les Infiltrés est un polar violent, rock'n roll, ultra fun, génialement mis en scène, et interprété par un casting brillant (voir Nicholson, Wahlberg, Baldwin et Martin Sheen jouer les bad motherfuckers avec un plaisir non caché, est ultra jouissif). Derrière ce divertissement se cache un pur film scorsesien.



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