Par Snake - publié le 31 août 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h42 - 53 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, Snake revient sur le Transformers de Michael Bay.


Souvenez-vous, il y a deux ans sortait The Island, premier film de Michael Bay non produit par Jerry Bruckheimer. Un film attendu au tournant, puisque le père Michael devait nous montrer qu’il n’était pas juste qu’un gosse qui fait exploser des pétards partout, mais qu’il pouvait également être un vrai auteur, reconnu artistiquement. Le résultat s’est avéré un ratage total artistiquement, et un vrai bide au box office. Cet échec a convaincu Steven Spielberg (producteur exécutif du film), que Michael est bien plus à l’aise avec les pétards qu’avec des livres de science et de philo. Et voilà donc qu’il propose à Michael de réaliser Transformers, adaptation d’un dessin animé célèbre des années 80, qui a la particularité de mettre en scène des tonnes de robots géants qui s’affrontent entre eux.

La première particularité de Transformers est de bien situer l’action sur Terre, mettant en scène un affrontement entre robots géants, ceux qui veulent nous envahir, et ceux qui nous protègent. Mais attention, on ne se retrouve pas devant la version robotisée de La Guerre des mondes de Spielberg, et ce malgré le fait qu’il se trouve à la production (et ce que les premiers teasers pouvaient laisser entendre). Non, Transformers, c’est surtout le retour du cinoche à la Michael Bay, du gros pop’ corn ultra bourrin, qui sent bon la soirée pizza bière entre potes (faut avouer aussi que c’est pour ça qu’on l’aime). Et Bay ne tarde pas à nous mettre dans le bain, nous faisant tout d’abord une nouvelle démonstration de son style bien à lui, c’est à dire des hélicoptères filmés au ralenti, sous tous les angles possibles et imaginables, devant un coucher du soleil, le tout pendant près de 5 minutes. Puis arrive la première scène d’action du film, un robot attaquant et démolissant littéralement une base militaire. Le père Michael ne fait alors pas les choses à moitié, puisqu’on peut y voir des explosions à la pelle, des véhicules pulvérisés, et au moins 2 chars envoyés en l’air par le Transformer. Une scène spectaculaire, et assez impressionnante par ses effets spéciaux, qui met directement dans l’ambiance et annonce le gros film bourrin que l’on attend.


Mais bien vite, Bay vient calmer notre excitation provoquée par le début du film. Il met alors en scène l’histoire de Sam Witwicky (ils auraient pu éviter les jeux de mots foireux quand même), un jeune étudiant qui se fait offrir une voiture par son père (qui se trouve être un Autobots), et qui va s’en servir pour draguer Mikaela, une fille de sa classe, pendant que le gouvernement Américain tente de trouver ce qui est à l’origine de l’attaque de la base au Qatar. Et c’est a partir de ce moment que commence la difficulté pour le spectateur. Pendant près d’une heure trente, il faut supporter les innombrables dialogues incompréhensibles de militaires et autres experts, une histoire d’amour ennuyeuse, accompagnée d’un discours sur la masturbation par la maman de Sam ( pauvre Shia), des gags tellement foireux qu’ils n’auraient même pas été vus dans le pire des American Pie, et surtout, les interprétations ridicules du casting, composé essentiellement d’acteurs reconnus, et même talentueux pour certains, qui ici ne font que cabotiner pour se ridiculiser (en vrac on cite Bernie Mac, Anthony Anderson, Jon Voight, et même John Turturro). Certes, la présence de ces éléments n’est pas une surprise (c’est un film de Michael Bay quand même), mais à aucun moment on ne pouvait s’attendre que cela ne prenne autant d’importance, et même plus que la mythologie des robots pendant toute cette partie.


C’est justement le gros problème du film, c’est que Bay ne traite jamais la mythologie des robots, n’a absolument aucun point de vue sur eux, alors que ce sont les principales attractions du film, ce pour quoi on est venu voir Transformers. Plutôt que de les mettre réellement en valeur, Bay utilise les robots pendant environ 1h30 comme des matériaux comiques, au lieu de leur donner une véritable dimension iconique et guerrière, là ou dans ses premiers films il n’hésitait pas à accentuer à outrance le côté guerrier et patriote de ses personnages, Rock étant le meilleur exemple. On assiste donc à des scènes comme un Optimus Prime se faisant pisser dessus par un chien, un autre écrasant le jardin du père de Sam, un robot qui tape des pas de breakdance, ou encore une longue scène de cache-cache dans le jardin de Sam, ses parents ne devant pas voir tous les robots géants dans le jardin. Une scène, certes assez drôle, mais ne mettant pas du tout en valeur les robots du film et se révélant assez inutile finalement. Une grande partie du film se construit comme ça, sur un enchainement de scènes comiques, dont la plupart sont ratées, mais certaines assez fun, mais pas indispensables du tout, comme si Bay devait absolument faire un film de 2h30 et qu’il ne savait pas quoi faire entre 2 scènes bourrines. On pense alors voir une sorte de Pirates des caraïbes bis, film à l’ambiance gonzo se foutant littéralement de la tronche de son spectateur.


Heureusement, Michael Bay n’est pas Gore Verbinski, et il ne pouvait pas faire 2h30 de comédie dans un film avec des robots géants censés se faire la guerre, il fallait qu’il se mette un peu à sortir les grosses scènes d’action (déjà dans The Island il était obligé de faire une poursuite ou il faisait exploser des voitures partout…on essaye encore de savoir pourquoi). Bay démarre alors véritablement son film, et met en place un climax de plus d’une heure, ou les scènes d’action spectaculaires vont s’enchainer. Transformers devient alors ce que l’on attendait depuis une heure : un monument de bourrinage intensif et de destruction massive jouissive. A peine les hostilités commencées que le rythme se met véritablement en place, que les robots et les scènes d’actions prennent enfin le pas sur la comédie. On passe d’une poursuite sur l’autoroute avec démolitions de véhicules, à une fusillade dans la base américaine (filmée comme celle de Bad Boys 2, dans la maison), et surtout à un enchainement de combats entre plusieurs Autobots et Decepticons en pleine ville. On est même surpris par Michael Bay, qui pense un minimum sa mise en scène, arrête de faire n’importe quoi avec sa caméra, et de découper n’importe comment ses scènes d’action (Spielberg lui aurait-il fait comprendre que ne rien faire comprendre au spectateur c’est pas terrible ?).

Malgré tout le Michael Bay de Transformers reste celui que l’on a toujours connu, et l’on pourra toujours s’énerver en voyant les tics de sa mise en scène, qui sont eux toujours présent (ralentis inutiles, caméra tremblotant n’importe comment, le travelling circulaire emprunté à Bad Boys 2…). De même, on pourra toujours se poiler de rire devant les exagérations typiques de son metteur en scène, avec les innombrables ralentis sur les couchés du soleil, les hélicoptères, ou encore sur les héros se regardant sérieusement tout en tapant la pose, et une scène calquée sur celle, hilarante, de Rock où Nicolas Cage s’agenouillait en brandissant les fusées éclairantes, le tout avec une musique toute pourrie de Hans Zimmer (compositeur officiel de musiques lourdes chez Bruckheimer) et un ralenti désormais mythique sur la tête de Cage (il faisait la même que lorsqu’il se transforme dans Ghost Rider, c’est dire). Mais cette fois, c’est Shia LaBoeuf qui court avec un superbe ralenti, comme si Bay voulait absolument avoir sa marque de fabrique que l’on retrouverait dans ses autres films, à l’image également de la fusillade pompée sur celle de Bad Boys 2.


Malgré de nombreux défauts et une première moitié limite catastrophique, on prend plaisir à regarder ce film, dont la deuxième partie ultra jouissive l’emporte sur la première, assez chiante et inutile. Le climax et l’enchainement de scènes de destruction massive tiennent entièrement les promesses du film, qui se révèle être un blockbuster d’été très fun, avec même de légères améliorations dans le cinéma de Bay. On ne va pas s’en plaindre.

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