UN FILM EXPENDABLES
Imaginez que tous les héros de films d'action décomplexés soient réunis pour un seul et même métrage. Pur fantasme que ce raout ? Non, une réalité grâce à Sylvester Stallone et son Expendables : unité spéciale, lesquels ont réussi à ameuter tous les gros bourrins du Septième Art, ou presque, entre ceux qui ont refusé (Jean-Claude Van Damme qui préfère philosopher) et les bizarrement lésés (Danny Trejo, parfait exemple). Expendables : unité spéciale associe donc les anciens aux nouveaux, pour une mission ultime qui consiste simplement à aller tuer un méchant (un ancien de la CIA devenu mégalo) dans un environnement hostile (une dictature). On baigne donc en plein dans les années 80, avec une histoire et des péripéties faciles, mais aptes à déclencher des scènes parfois illisibles, mais toujours jouissives.
EMISSION TOP / FLOP
UNE ACTRICE JESSICA ALBA
Dans The Killer Inside Me, Jessica Alba incarne une pute, éprise du monstre Casey Affleck. Une scène précise a fait scandale, montrant, sans fard et dans une ambiance sadomasochiste, Casey Affleck, toutes mains gantées de cuir, tabasser au visage sa victime et la regarder d'un œil lubrique cracher des vomissements de sang. Au festival de Toronto, Alba aurait quitté la salle (elle n'avait apparemment pas vu le film avant cette projection) ainsi que des spectateurs nauséeux. Elle a eu bien tort : elle a écopé de son meilleur rôle depuis qu'elle a commencé le métier. C'est en forgeant qu'on devienne forgeronne.
UN ACTEUR CASEY AFFLECK
Casey Affleck, dont on n'avait plus de nouvelles depuis le beau doublé L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007) et Gone Baby Gone (Ben Affleck, 2007), revient en force dans la peau d'un officier de police, adjoint du sheriff dans une petite ville paumée du Texas, qui se déteste tellement qu'il finit par détester les autres. Il devient sociopathe et entretient des relations érotico-sadiques avec des maîtresses qu'il aime à martyriser (Jessica Alba - qui reçoit beaucoup - et Kate Hudson). Le film, d'une violence inouïe envers la gent féminine, a même provoqué un petit scandale au dernier festival de Sundance. Ce qui devient une habitude avec Winterbottom (9 songs).
UN PLAISIR DE FILLES ONDINE
Avec cette histoire de sirène échouée dans le filet d'un pêcheur irlandais, Neil Jordan laissait promettre un retour au genre fantastique (La compagnie des loups, 1984). Dans Ondine, il décrit en premier lieu l'état d'incertitude sentimentale dans laquelle demeurent deux personnages en maintenant une tension érotique, en racontant une histoire irréelle dans un contexte réaliste et en brassant de grands sujets (la foi, la rédemption, la culpabilité, le mensonge) sans en avoir l'air. Comme le souligne le titre, le récit s'inspire ouvertement des mythologies germaniques où s'abreuve une veine du grand romantisme : l'histoire d'une fée qui cherche à s'incarner et qui, par amour, renonce à son idéalité surnaturelle et se confronte à une humanité bestiale. Un conte de fées pour grandes filles.
UN PLAISIR DE MECS EXPENDABLES
Encore ! Vous l'aurez compris, ce qui fait la force de ce Expendables : unité spéciale est cet esprit de camaraderie y régnant. Un esprit dont le point d'orgue se trouve dans la relation entretenue par Sylvester Stallone (au top de sa forme) et Jason Statham, entre maître et élève, voire père et fils. Comme si une passation de pouvoir s'opérait entre les deux colosses, avec Course à la mort en filigrane. Concernant l'habillage, on navigue en terrain connu avec un commando qui explose tout sur son passage, faisant des centaines de morts (John Rambo est-il battu ?) et ne laissant aucune trace. En bref, ça suinte la testostérone, ça transpire les hormones de croissance et les stéroïdes. Et passée la scène d'introduction complètement ahurissante, on embarque pour un exutoire explosif et enragé, que quelques longueurs et CGI très limites - sang, flammes -, trahissent un peu et en inhibent le plaisir. Pour autant, les amateurs du genre ne seront vraiment pas déçus et trouveront forcément leur bonheur parmi les nombreuses références disséminées ça et là par notre cher Sylvester Stallone, dans les affrontements en passe de devenir d'ores et déjà symboliques ou encore au sein de la rencontre Willis/Schwarzenegger/Stallone, culte car ultra attendue.
UNE DECOUVERTE CAOTICA ANA
Après quelques égarements, le cinéaste espagnol Julio Medem renoue, avec Caotica Ana, avec ses premières amours dans ce puzzle sensuel et mental qui, comme Lucia y el sexo, raconte le destin torturé d'Ana, une jeune ingénue vivant à Ibiza seule avec son père dans une grotte. Elle passe sa jeunesse à se baigner nue, à prendre des hallucinogènes en discothèque et à peindre des toiles pour le simple plaisir des mécènes. Lorsqu'elle est acceptée dans une école d'art à Madrid, la sirène ne peut plus continuer à vivre d'amour et d'eau fraîche. L'actrice Manuela Vellés passe de la candeur à la perversité et traduit le vacillement psychologique de cette allégorie Dostoïevskienne où une âme pure se métamorphose en ange exterminateur.
CARTON ROUGE CHATROOM
Avec Chatroom, on attendait plus de la part de Nakata qu'une simple réflexion sur l'aliénation et l'identité calibrée pour Facebook et ChatRoulette. Dommage qu'il ne capte pas une seule seconde la solitude de l'internaute au moment de se connecter, la peur et la jouissance d'y aller, avec les doigts qui tremblent sur le clavier comme à un premier rendez-vous amoureux, et n'entoure pas son thriller cyber-traqué d'une question qui fait froid dans le dos et qu'il a eu tort de négliger : les images animées ont-elles une âme ? Dans le même genre, Sono Sion, qui avait déjà tout dit il y a plus de dix ans avec Suicide Club, a fait tellement mieux.

L'histoire : Ils sont tous d'implacables guerriers, loyaux uniquement entre eux. Leur nom ? Les Expendables, une unité de mercenaires vivant en marge de la socié[…]
L'histoire : Dans un bled texan paumé, Lou épuise son existence entre les femmes (une épouse et une prostituée) et son boulot de shérif (la loi et la pulsion). A[…]
