Retour sur le mois de juin 2010 : Tournée, Sex and The City 2, L'agence tous risques, Dog Pound, Dirty Diaries...

Par La Rédaction - publié le 01 décembre 2010 à 00h06 ,
MAJ le 09 décembre 2010 à 14h06 - 0 commentaire(s)

UN FILM TOURNEE

 

Tournée de Mathieu Amalric

 

Quatrième film de l'acteur Mathieu Amalric, Tournée délivre un groupe de comédiennes farouchement attachantes, gagnées par les amours perdues et l'envie de lendemains. Des showgirls venues vendre leur art en France dans un mélange de grande gueule et de pudicité touchante. Grâce à elles et à la juste proximité d'un cinéaste inspiré, le film devient une dérive des sentiments et une ode aux feux de la rampe.

 

EMISSION TOP / FLOP

 


UNE ACTRICE MIMI LE MEAUX & FRIENDS

 

Les filles du New burlesque rappellent les égéries felliniennes. Elles le clament et le répètent : ce show est le leur. Leur cabaret dénudé est politique et satyrique, sexy et drôle. Voilà bien longtemps que les femmes n'avaient été montrées de la sorte. De leurs fossettes à leurs rondeurs, ces femmes là aiment leur corps qu'elles partagent avec un public que l'on entend mais que l'on voit rarement. Ce que veut Mathieu Amalric, c'est s'emparer de la scène, laissant libre cours au champ du spectacle en donnant des brefs aperçus de la salle. Il fait durer les plans, les regards, attendri par ces numéros rétro et généreux. Avec sa mise en scène qui lorgne du côté du docu-fiction, le cinéaste permet une empathie directe et nuancée pour ses actrices magnifiques et spontanées. Des artistes épanouies dont la psychologie s'effeuille en même temps que leur chair.

 

UN ACTEUR MATHIEU AMALRIC

 

Tournee de Mathieu Amalric - Cannes 2010

 

De rencontres singulières en conversations hasardeuses, Joachim Zand, le prince grenouille, revient dans son royaume français en pestiféré. Il n'est qu'un fantôme du passé, gênant pour les uns, haï par les autres. Le retour du fils prodigue n'a pas lieu et le rêve d'emmener la tournée à Paris s'envole rapidement. Il n'est pas un bon père, pas un bon frère, pas un bon ami. Il est vaguement charmeur, très bon meneur et parfaitement amoureux de ses grandes dames de cabaret. Mathieu Amalric, un tantinet vieilli, lui donne un charisme jovial et céleste.

 

UN PLAISIR DE FILLES SEX AND THE CITY 2

 

Sex and the City 2 de Michael Patrick King

 

Rassurez-vous, elles sont toujours les mêmes, elles n'ont jamais été aussi déchaînées, et elles nous entraînent à nouveau dans le merveilleux monde de Sex and the City, où tout est beau, brillant, clinquant, glam et luxueux... Et, croyez-le ou pas, mais cela fait un bien fou ! Disons que Sex and the City 2 est, pour les filles, ce qu'est un film comme Transformers 2 pour nos amis les hommes : enlevez les gros robots et remplacez-les par des fringues plus luxueuses les unes que les autres. Enlevez les explosions qui détruisent la moitié de la planète, et remplacez-les par de grands discours philosophiques, toujours avec une pointe d'humour, sur les hommes, le sexe, le sens de la vie et sur la dernière collection « printemps-été » de Louis Vuitton. Enlevez Megan Fox, et remplacez-la par le très (raaouuuh !) Jason Lewis... Mélangez le tout... Et voilà ! Vous obtenez un gros film hollywoodien, destinée à la gente féminine, rassemblant bon nombre de nos fantasmes et de nos désirs de luxe. Oui, c'est bizarre, c'est étrange, mais c'est ainsi.

 

UN PLAISIR DE MECS L'AGENCE TOUS RISQUES

 

L'agence tous risques

 

Depuis 1983 et la diffusion de L'Agence tous risques, de nombreux projets d'adapter la série sont passés de mains en mains, avec même une idée de prolonger les aventures des quatre mercenaires en utilisant les acteurs originaux. Nous sommes passés par tous les scénarios possibles : une comédie à la Starsky et Hutch ou une copie carbone de L'Arme Fatale réalisée par John Singleton, d'abord attaché au projet. Incapable d'obtenir un script convenable, et suite à quelques différents avec le studio, Singleton ferme boutique et Joe Carnahan reprend tout en main, décidant d'en faire un prequel, bien à la mode de nos jours. Niveau casting, exit Ice Cube et Woody Harrelson considérés pendant un moment, et bonjour Liam Neeson en leader charismatique, Bradley Cooper sortant du Very Bad Trip, Sharlto Copley après ses début dans District 9, et Quito « Rampage » Jackson abandonnant l'UFC et assurant le rôle difficile de passer après Mister T.

 

UNE DECOUVERTE DOG POUND

 

 

Dog Pound est un uppercut sec comme un coup de trique, violent à en bouffer la terre, sans esthétisation ni volonté de séduire à tout prix. C'est d'autant plus inattendu qu'il est signé Kim Chapiron, réalisateur de Sheitan (2005), une comédie hâtivement présentée comme un film d'horreur où Vincent Cassel en ogre cul-terreux martyrisait de jeunes banlieusards. En comparaison, ça ressemble à un accident de jeunesse. Changeant diamétralement de registre tout en conservant ce regard bienveillant sur les mecs paumés de sa génération à la fois frères et crapules, Chapiron plonge de manière immersive dans un enfer carcéral pour mineurs et développe une thèse déterministe (l'environnement détermine les comportements). Chacun pourrit dans son coin : les prisonniers deviennent des âmes damnées et les gardiens ne savent plus comment gérer les débordements.

 

CARTON ROUGE DIRTY DIARIES

 

Dirty Diaries

 

Cette compilation de 12 courts métrages pornographiques a pour vocation de «libérer la sexualité de la femme» (dixit le dossier de presse) et donc de repenser le X. Résultat : un échec sur toute la ligne. Pour commencer, Dirty Diaries est totalement passé de mode même s'il aurait sans doute fait illusion à une époque où les postures faussement transgressives de la Breillat des mauvais jours (Anatomie de l'enfer) avaient le vent en poupe et cherchaient à théoriser un désir - qui, par définition, ne s'explique pas. Ensuite, on cherche encore la différence entre un long porno masculin et ces petits pornos féminins. Difficile de distinguer le regard érotique d'une femme sur un corps d'homme. La plupart du temps, ce sont des femmes entre elles, éructant "my pussy is hanging out" à qui veut l'entendre et illustrant au passage un vieux fantasme saphique de beauf hétéro allant tellement à l'encontre de l'intention de base (faire du X différent). Dommage parce qu'il y avait une vraie question derrière tout ça (si on sait filmer les femmes, sait-on filmer les hommes?). Enfin, chaque segment, tourné avec la caméra d'un téléphone portable, n'a comme point commun une indiscutable indigence visuelle. Dans le meilleur des cas, ce sont des home movies manufacturés sans ardeur. Dans le pire, du gonzo crade sur internet sans vision réelle de quelque ordre que ce soit, même pas cinématographique avec chair triste et fausse poésie. A l'arrivée, il n'y a ni l'excitation du X ni le prestige de l'art.


Vos réactions


  • Tournée

    L'histoire : Joachim zand, producteur de télévision à succès, avait abandonné femme, enfants et amis pour s'installer aux Etats-Unis. Il est de retour en France,[…]

  • Sex and the City 2

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  • L'Agence tous risques

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