Au palmarès de ce mois de novembre 2010 : Harry Potter et les reliques de la mort, Unstoppable, Buried, Potiche...

Par La Rédaction - publié le 01 décembre 2010 à 00h11 ,
MAJ le 09 décembre 2010 à 14h10 - 0 commentaire(s)

UN FILM HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT - 1ère Partie

 

Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 de David Yates

 

Noir c'est noir. Il n'y a plus vraiment d'espoir. Premier opus d'un dyptique annoncé comme très sombre, Harry Potter et les reliques de la mort - 1ère Partie est à l'image de ses pré-adultes apeurés devant porter le sort du monde sur leurs frêles épaules. Le long-métrage de David Yates, magnifié par la réussite des effets spéciaux, est traversé par une noirceur sans commune mesure avec le reste de la saga et une mélancolie qui sonne le glas des lendemains qui chantent . Harry et ses amis sont livrés à eux-mêmes dans des décors glacés, obligés de combattre le Mal en mode "seuls contre tous". A grande responsabilité, grand désespoir. La vitesse d'éxécution de l'introduction laissera peut-être quelques spectateurs à distance. Il faut s'accrocher à son balai et se laisser balader par un premier combat aérien qui manque résolument d'ampleur et d'une partition originale à la hauteur.

 

EMISSION TOP / FLOP

 

 

UNE ACTRICE CATHERINE DENEUVE

 

Potiche de François Ozon

 

« Pour beaucoup, Catherine a une image figée, glaciale - ce qu'elle a certainement entretenu. Evidemment, c'est une star. Mais elle aime aussi s'amuser, prendre des risques. Dans la vie, c'est quelqu'un de très aventureux. A partir du moment où ça n'est gratuit, où ça sert le film et qu'elle le comprend, elle peut donner beaucoup et aller très loin. Ce n'était pas aussi facile sur Huit Femmes : elle était un peu décontenancée, ne savait pas trop ce que je voulais faire. A l'époque, je pense qu'elle n'aimait pas la théâtralité. Elle a vraiment compris le film quand elle l'a vu fini. Et elle l'a aimé à ce moment-là. Peut-être que je ne savais pas non plus ce que je voulais faire et que je manquais de communication. » François Ozon, réalisateur de Potiche.

 

UN ACTEUR GERARD DEPARDIEU

 

« Depardieu a toujours été bon au cinéma, même dans les pires merdes. Jérémie Renier qui a tourné avec lui dans San Antonio m'avait prévenu que le tournage avait été une catastrophe. Depardieu passait son temps à téléphoner, plus personne ne dirigeait le film... En le voyant, Jérémie et moi étions tous les deux d'accord pour dire que Gérard éclatait tout le reste du casting. Et puis c'est quelqu'un de politiquement correct ! Au moins, il y en a un ! Il dit ce qu'il pense des autres acteurs, ça dérange, c'est sûr, mais il a le droit de ne pas aimer telle ou telle actrice. Après, ses opinions politiques, c'est autre chose... (rires). »

 

UN PLAISIR DE FILLES MOTHER & CHILD

 

Affiche Mother & Child

 

Avec ces trois portraits de femme, le réalisateur colombien Rodrigo Garcia entend donner sa vision de l'amour à travers un thème porteur, la natalité et la famille. Avec une sensibilité très particulière, il nous brosse un tableau entre rendez-vous manqués, cruauté douce, et plaisirs irraisonnés, le tout faisant preuve d'un humanisme bienveillant porté par un trio d'actrice remarquable. Naomi Watts, Annette Bening, et Kerry Washington forment un témoignage très contemporain du paysage féminin dans Mother & Child, mais la dimension universelle recherchée nous convainc par intermittence seulement. On retiendra plus particulièrement Naomi Watts et son personnage d'ambitieuse échappant à tout contrôle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN PLAISIR DE MECS UNSTOPPABLE

 

Unstoppable de Tony Scott

 

Rien ne les arrête. Après les souterrains de L'Attaque du métro 123, Tony Scott et Denzel Washington vous embarquent à bord d'un train fou lancé à vive allure, sans chauffeur mais avec produits toxiques. Inspiré d'un fait réel survenu en 2001, Unstoppable était dans les tiroirs hollywoodiens depuis quelques années. Projet foutraque sur la papier, il fallait tout le talent des deux hommes pour crédibiliser l'aventure et en faire un concentré de suspens et d'adrénaline. Débutant par une réaction en chaîne à la limite de la vraisemblance et/ou du fantastique (un levier s'abaisse seul et le train s'emballe...), Unstoppable se veut plus un thriller faisant naître la menace d'un monstre en métal prêt à imploser qu'un pur film d'action enchainant les morceaux de bravoure. Avec son contexte social en arrière-plan (licenciement des conducteurs) et sa pyramide hiérarchique au pouvoir décisionnel, les protagonistes et les situations s'enchainent et il faut tout le talent de conteur de Tony Scott pour aller vite dans les présentations et faire en sorte que le grand public comprenne tout. En plus d'être un savant metteur en image, le réalisateur est un très bon directeur d'acteur. Entre deux explosions, le film discute beaucoup et on ne s'ennuie jamais.

 

UNE DECOUVERTE BURIED

 

Buried de Rodrigo Cortes

 

Tourné à la vitesse de l'éclair (seulement une dizaine de jours), Buried cherche à mettre les nerfs à vif en plaçant le spectateur dans la position d'un homme, enfermé dans un cercueil. S'il est mal exploité, ce concept aussi simple qu'efficace peut rapidement devenir un effet de manche de petit malin (un bon argument de court métrage étiré en long). Bonne pioche: le réalisateur Rodrigo Cortes n'a pas eu besoin de changer une seule ligne du scénario écrit par Chris Sparling, exploitant systématiquement toutes les ressources du suspense. Sans relâcher la tension, il a juste cherché à inventer des situations visuellement stimulantes et à miser sur l'imagination.


CARTON ROUGE MEMORY LANE

 

Memory Lane de Mikhaël Hers

 

Mikhaël Hers, qui signe son premier long-métrage, tend pourtant au spectateur un miroir extrêmement crédible. Les dialogues et les situations sonnent juste et le jeu de l'ensemble du casting fait preuve d'un grand réalisme. Hélas, les destins croisés de ces personnages ne sont guère passionnants. On ne sait rien ou presque de ces héros bien ordinaires, ce qui n'aide pas à les rendre attachants. Plantés au cœur de la banlieue parisienne durant un mois d'août amorphe, ces jeunes d'une vingtaine d'années glissent peu à peu dans un ennui qui finit par devenir contagieux. Avec un scénario mieux construit et, surtout, une réelle volonté de raconter une histoire, Memory Lane aurait pu remporter quelques suffrages. Ne reste plus q'une œuvre anecdotique et sans saveur. Dommage.


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