La rentrée de septembre et ses films : Des Hommes et des Dieux, Mange, prie, aime, Piranha 3D et la Palme d'or...

Par La Rédaction - publié le 01 décembre 2010 à 00h09 ,
MAJ le 09 décembre 2010 à 14h08 - 0 commentaire(s)

UN FILM DES HOMMES ET DES DIEUX

 

Des Hommes et des dieux de Xavier Beauvois

 

S'inspirant librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibéhirine qui furent kidnappés et tués en 1996, Xavier Beauvois explore les derniers mois d'une tragédie en devenir. Son nouveau film, Des hommes et des dieux, était un pari risqué. Le réalisateur de N'oublie pas que tu vas mourir parvient à éviter les pièges de la reconstitution toc et nourrit le spectateur de l'angoisse des lendemains qui déchantent. Une réussite.

 

EMISSION TOP / FLOP

 


UNE ACTRICE DAKOTA FANNING

 

The Runaways

 

Pour son premier long-métrage, Floria Sigismondi, réalisatrice de clips, s'attaque à un biopic sur le groupe des Runaways... Créé dans les années 70 par Joan Jett et Sandy West, The Runaways a su imposé un style punk rock plein d'énergie. La vedette féminine de la saga Twilight, Kristen Stewart, y incarne le rôle principal, accompagnée de Dakota Fanning, qui a bien grandi depuis La Guerre des Mondes. D'ailleurs, la jeune actrice a aussi intégré la franchise Twilight : elle y incarne jane, la redoutable vampire au visage d'ange de la famille Volturi, capable d'infliger les pires douleurs physiques à son adversaire grâce à la télépathie. Deux jeunes stars en devenir, deux actrices de Twilight., mais qui changent radicalement de style avec ces deux personnages très rock (mais pas trop ?).

 

UN ACTEUR MICHAEL SHANNON

 

 

Michael Shannon est partout. Surtout là où on ne l'attend pas. Il y a trois ans, cet acteur nous retournait la tête dans Bug, de William Friedkin, le meilleur film de Willy le cinglé depuis Le sang du châtiment. Il y a un an, on le retrouvait dans Les Noces rebelles, faux film Hollywoodien sur un couple jeune et beau (Leonardo Di Caprio et Kate Winslet, in pursuit of happiness) qui cherchait à échapper au conformisme d'une vie fomentée dans les us et coutumes de l'Amérique faisandée des années 50. Cette année, il dévaste tout le casting de Les Runaways dans la peau d'un producteur fan de David Bowie. La classe, mec !

 

UN PLAISIR DE FILLES MANGE, PRIE, AIME

 

Mange, prie, aime de Ryan Murphy

 

Pour ceux qui se questionnent sur le sens du titre du deuxième film de Ryan Murphy (réalisateur de Courir avec des ciseaux, inédit dans nos salles et créateur des séries Nip/Tuck ou Glee), on pourrait le résumer de la sorte : Mange = Rome, Prie = Inde, Aime = Bali... Mais le réduire ainsi ne serait pas très objectif... Pour son retour au premier plan, Julia Roberts nous propose donc un voyage de New York à Bali en passant par Rome et l'Inde... trois étapes qui vont participer à la reconstruction ou la découverte de son personnage Elizabeth Gilbert. Si la volonté de nous ouvrir au monde et de se découvrir est en soi louable, le résultat final nous laisse sur notre faim, c'est inabouti pour ne pas dire raté. Pourtant l'histoire est véridique, elle est tirée des mémoires d'Elizabeth Gilbert, best-seller mondial. Mais un best-seller mondial ne fait pas forcément un bon film.

 

UN PLAISIR DE MECS PIRANHA 3D

 

Piranha 3D Alexandre Aja Jessica Szohr

 

Attention, âmes sensibles, s'abstenir, mais cette fois-ci, c'est pour de rire ! Gare aux piranhas, ils sont de retour ! On n'avait pas vu un tel déferlement de bestioles flippantes depuis le premier Piranha, de Joe Dante (1981). Après La colline a des yeux et Mirrors, ses deux précédentes expériences américaines, Alexandre Aja s'engouffre dans une brutalité esthétique fulgurante qui happe littéralement le spectateur et se surpasse sous l'égide des frères Weinstein : il fait mieux que la concurrence et réussit à livrer un p****** de film qui réussit tous les défis qu'il propose : en mettre plein la vue pour notre plus grand bonheur. Ça commence super bien avec un clin d'œil aux Dents de la mer et ça se poursuit dans la même lignée, avec le même rythme, de plus en plus fort et de mieux en mieux. Résultat : on est plié d'autant qu'on se surprend à trouver de l'empathie envers les piranhas pour qu'ils zigouillent tous ces spring-breakers. Fébrilement, on est prêt à exploser de bonheur cinéphilique.

 

UNE DECOUVERTE ONCLE BOONMEE

 

Oncle Boonmee Tim Burton Cannes 2010

 

On avait laissé le plasticien Apichatpong Weerasethakul avec Syndromes And A Century, peut-être son meilleur film, dans lequel il adossait le pouvoir infaillible de la mémoire à la blancheur clinique d'un hôpital gangréné par l'amiante des souvenirs et des maladies tropicales (la tumeur du cœur engourdi). Avec Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, qui se situe quelque part entre la science-fiction et le fantastique, il se surpasse en racontant une sombre histoire de réincarnation et d'amour évanoui et en ravivant la sensation d'inconnu et de dépaysement que l'on pouvait éprouver devant Tropical Malady - mais en mieux. Rien que les cinq premières minutes feront le tri entre les réceptifs et les réfractaires : elles pétrifient sur place, sous le choc d'une poésie spirituelle et d'un gag métaphysique. La suite ressemble à une expérience cosmique qui s'écoule entre l'éblouissement (une beauté plastique hors du commun) et l'effroi (les apparitions spectrales de créatures surnaturelles), l'espoir (la communication invisible avec la nature ou un monde ancien, à travers le temps, au-delà de la mort) et le désenchantement (le seuil de la mort avant la chrysalide).

 

CARTON ROUGE RESIDENT EVIL 3D

 

Resident Evil: Afterlife 3D de Paul W.S. Anderson, Milla Jovovich

 

Soyons clairs, Resident Evil a beau avoir fait le bonheur des amateurs de jeux vidéo, la saga n'a jamais vraiment brillé sur grand écran. Pourtant, on pourrait se dire que ça avait plutôt bien commencé avec Resident Evil. Mais notre engouement s'est rapidement étiolé avec Resident Evil : Apocalypse et surtout avec Resident Evil : Extinction, qui était beaucoup trop risible pour remporter les suffrages. Histoire de repartir sur de bonnes bases, les studios ont décidé de refaire appel à Paul W.S. Anderson, le réalisateur ayant posé la toute première pierre. Quoi de neuf à l'horizon ? De la 3D bien sûr, car il faut bien surfer sur l'appétence du public pour les zombies et sur la technologie qui a le vent en poupe actuellement. Mais le résultat est à la hauteur des inquiétudes. Pour faire simple, c'est assez imbuvable voire ridicule. Paul W.S. Anderson est revenu dix ans en arrière et nous balance des ralentis en veux-tu en voilà (n'est pas Zack Snyder qui veut). Tant pis pour nos yeux...


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