tib20011, grand habitué des joutes de Blogorama, a dernièrement livré son analyse du
Vendredi 13 nouvelle version réalisé par Marcus Nispel. Et en bon amateur des aventures de... Freddy !, il a apprécié cette remise au goût du jour des exploits sanglants de Jason.
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Les américains ont prouvé qu'ils ne savaient pas faire de remakes de films asiatiques, après les mauvais
RING 2, THE GRUDGE 2, DARK WATER et
THE UNINVITED. Cependant, au fur et à mesure que les adaptations asiatiques furent bafouées, les remakes de films d'horreur américains n'ont jamais été aussi bons. Les claques qu'ont été DAWN OF THE DAED,
LA COLLINE A DES YEUX et
MASSACRE A LA TRONCONNEUSE coup sur coup ont fait un bien fou. Car plus que des remakes, il s'agissait en de films d'horreur rêvés. Quand
Michael Bay et sa société Platinum Dunes ont donc annoncé qu'ils reprenaient l'équipe de
MASSACRE A LA TRONCONNEUSE pour donner un coup de fouet dans la saga
VENDREDI 13, j'étais le premier très excité. Peut-être aussi parce que je suis un fils de Freddy et non de Jason. J'apprécie le personnage, mais il est difficile de nommer un excellent film dans la saga. On peut juste les comparer les uns entre les autres pour savoir leur niveau de qualité, mais le résultat final est souvent assez faiblard par rapport au reste du cinéma d'horreur. Jason a clairement été perdu au fil de ses résurrections infinies, et même le premier film où il n'apparaît pas est un rip-off de tous les slashers faits avant.
Cependant, mon affection pour Jason reste la même : ce gros mec au masque de hockey peut faire n'importe quoi (même tuer des cons dans une rave-party de FREDDY VS JASON), je trouverai toujours qu'il a une classe d'enfer et un potentiel monstrueux. Et
VENDREDI 13 version 2009 est honnêtement une putain de réussite dans l'idée où il prend un personnage complètement con, qu'il le ramène à ses origines et qu'il le lance sur une toute nouvelle voie. Pour en venir au principal reproche que je ferais au film, c'est qu'il n'a pas une seconde l'envie de se montrer original dans son intrigue. Les 20 premières minutes sont absolument géniales car elles remettent à jour tous les clichés des films de Jason dans une introduction superbe : la mère de Jason se fait décapiter par l'héroïne du premier volet, et nous voilà quelques années plus tard où des jeunes attardés vont camper à Crystal Lake. Pour une fois, les scénaristes ont inclus une raison pour aller à Crystal Lake (de la marijuana qui pousse un peu partout) sans pour autant exagérer le truc (seul le premier groupe est là pour ça). Puis, Marcus Nispel distille une ambiance de fête et de sexe avant que, un à un en un temps record, tout le monde se fasse tuer par un Jason vêtu de son sac à patates sur la tête. Le titre s'inscrit à l'écran après 20 minutes, et ça pète de partout.
Jason is back.
Le problème est qu'après une introduction qui sert à poser les bases que l'on connaît tous depuis le premier film, il ne cherche pas à renouveler ce qui va se passer. Du moins pas comme on le désire. Toujours des jeunes cons qui vont près du lac, cette fois dans la maison du riche Trent qui invite ses pseudo-amis pour passer un week-end tranquille. Ils sont jeunes, vont boire, vont faire l'amour, vont faire des trucs idiots comme aller chercher leurs amis qui ont disparu, et c'est justement un peu le problème du métrage : on sait qu'ils vont crever un à un. Passé cette déception,
VENDREDI 13 se révèle être un putain de slasher, clairement le meilleur film de la saga. Nispel et son directeur de la photo (le génie Daniel Pearl) ont clairement une idée en tête : faire un film sombre sans pour autant copier leur travail sur
MASSACRE A LA TRONCONNEUSE. On connaît l'ambiance poisseuse des caves et souterrains, et on connaît le cradingue des tueurs un peu boulets. Et le réalisateur ne va justement pas dans cette direction. Il utilise les avantages qu'a Jason dans ce lieu qu'il connaît par cœur : les lieux d'ombre, les raccourcis, les maisons inhabitées. Jason devient ainsi plus qu'un attardé mental : il sait à peu près ce qu'il fait, restant un psychopathe certes, mais prouvant avoir un minimum d'esprit (il lui arrive même de s'énerver tout seul lorsqu'il comprend que quelqu'un est entré dans son camp).

Jason est effrayant à nouveau, maintenant armé de son masque de hockey trouvé dans le grenier d'une de ses victimes. Le simple fait qu'il retienne prisonnière la seule qu'il n'a pas tué de son massacre précédent reste très intéressant, le film ne dévoilant clairement pas tout ce qui entoure le personnage. Tant mieux. Que fait-il des corps ? On ne le sait pas, ce qui donne une part d'imagination importante et totalement absente des derniers épisodes. Tout comme ce sous-entendu que la population locale préfère ignorer les agissements de Jason plutôt que d'appeler la police. Le reste coule de source, mais le peu d'éléments apportés à la mythologie ou faisant de Jason autre chose qu'un gros con font que le film marche du tonnerre. Et offre aussi son lot de victimes appétissantes et parfois très sadiques : une fille suspendue dans un sac de couchage au-dessus d'un feu, son petit ami coincé dans un piège à loup et prêt à se recevoir une machette dans le crâne, un péquenot se fait égorger vif, une virée en bateau qui tourne à la flèche dans l'oeil et à la tête perforée (les dangers du ski nautique), l'hilarant Aaron Yoo luttant pour retirer le tournevis de sa gorge, son pote totalement défoncé dont la hache plantée lui ressort de l'autre côté, la nunuche de service se fait accrocher à des cerfs (puis tirer dessus par son coup d'un soir à travers la porte), ce dernier fils à papa se faisant transpercer à coup de machette alors qu'il allait être sauvé par un habitant du village, Richard Burgi (DESPERATE HOUSEWIVES) en policier prêt à aider, dont l'œil ressort de l'autre côté de la porte, et autres petites succulences au fil de scènes très bien menées.

Si j'étais au départ réticent à cause du simple fait que l'intrigue soit complètement secondaire, j'ai finalement pris énormément de plaisir. Et il y a beaucoup de choses dans ce nouveau
VENDREDI 13 que j'adore. J'adore le fait que Jason soit à nouveau un personnage fascinant. J'adore le fait que la fin rende un clin d'œil au premier film. Et j'adore surtout le fait que Jason n'est jamais prétendu mort. Ce n'est pas Jason le mort-vivant. Jason est clairement un être humain qui frôle la mort à la dernière minute, sans que Nispel nous fasse genre « surprise en fait son crâne a été perforé mais il est en vie ». Jason est bien vivant, il l'est toujours du début jusqu'à la fin du film (un coup de machette dans le ventre ne peut clairement pas le tuer), et il est prêt à bondir sur le premier venu. Et franchement, je pense clairement que la suite va être plus mortelle, plus jouissive et plus intense que jamais.
VENDREDI 13 est donc une nouvelle réussite en matière de remake. Rendre Jason crédible, qui l'aurait cru ?
Note : 8/10tib20011