Après une pause longue de six ans, où en tant que réalisateur il a disparu des écrans, Luc Besson revient bientôt avec
Angel-A, projet ultra-secret et évidemment tout le monde l'attend au tournant. Mais aujourd'hui, c'est avec la casquette de business-man que Luc Besson fait parler de lui.

En effet l'homme d'affaires finançant déjà la construction de ses studios en Seine Saint-Denis à hauteur de 130 Millions d'Euros, prévoit désormais d'exploiter un multiplexe et ce dès 2008. Via EuropaCorp, sa compagnie de production, Luc Besson compte s'associer au programme Euromed visant à la réhabilitation des docks de Marseille en y construisant un complexe de 16 salles. Il aura ainsi remporté le marché après avoir éliminé (c'est une image) UGC et Europalaces. Déjà les actuels exploitants de la cité phocéenne s'effrayent de l'arrivée d'un multiplexe géant et ultramoderne qui risque de porter une concurrence fatale à beaucoup d'entre eux.

La décision de Luc Besson parait curieuse, au regard des chiffres de plus en plus moroses de l'exploitation en salles qui ne cessent de chuter. Le marché se rétrécit en France et aucune perspective sérieuse de redressement n'est évaluée pour l'instant par les experts. Le coût d'une telle opération est conséquent et demande une rentabilité à moyen terme pour éviter un écroulement des structures financières. Par la même c'est un véritable pari que se lance Luc Besson, puisque si le multiplexe ne tient pas ses prévisions, c'est EuropaCorp qui essuiera la note et donc par la même toute la chaîne de production audiovisuelle de la firme qui s'en trouvera ralentie. Un coup de poker annoncé, qui pourrait avoir d'importante répercussions en cas d'échec…comme en cas de succès, les dividendes dégagés par EuropaCorp pourront être réinsérées dans la production, offrant ainsi une assise plus stable que les profits fluctuants et périodiques émis par l'unique financement des films.
Enfin, le complexe peut s'avérer une arme redoutable, Luc Besson pourra alors contrôler tout l'univers économique de ses films en assurant la production/marketing (EuropaCorps), la confection technique (les Studio Saint-Denis) puis enfin la distribution et la programmation avec ce multiplexe. Le système propriétaire réduit les coûts et provoque une augmentation significative des bénéfices, dès lors réinjectables dans le cycle.
Un empire en marche…vers la défaite où la victoire.