Par JDM - publié le 04 novembre 2005 à 06h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h38 - 35 commentaire(s)
Malgré les succès des Batman Begins, Harry Potter, ou bien encore des Matrix, la maison Warner s'effrite. En effet les studios viennent d'annoncer leur intention de licencier 300 personnes au siège de Los Angeles. Cette déclaration est la répercussion directe des mauvais chiffres de l'année, où le groupe Time Warner a enregistré une baisse de 6% du chiffre d'affaire de sa filiale cinéma.

La faute à quoi ? Les budgets des superproductions continuent de s'enflammer, et les grands studios soucieux de proposer un spectacle toujours plus impressionnant et surtout plus ahurissant que celui du concurrent, continuent de se faire la guerre à coup de millions de dollars. Le système fonctionnait plutôt bien avant puisque l'argent investi ressortait par la suite sous forme d'une copieuse plus value, l'industrie cinématographique se portait bien, soutenue par une très bonnes fréquentations des salles, qui redistribuait correctement l'argent. Ainsi un blockbuster déficitaire était amorti par une myriade de film moins coûteux et vice-versa. Mais l'année écoulée fut pour le moins morose avec une chute de la fréquentation de 12% aux Etats-Unis et de 20% en France par rapport à l'année précédente à la même date, le système se grippe puisque rentre en jeu non plus la simple question qualitative mais le problème du volume qui semble entamer une courbe décroissante.


Le DVD n'est même plus une soupape pour Warner puisque les ventes ont pour l'instant stagné durant l'exercice 2005. Par contre l'ensemble du groupe Time Warner qui regroupe des activités diverses allant de la télévision à la presse en passant par le cinéma a réalisé une hausse de bénéfices de 80% cette année par rapport à 2004, ce qui prouve que les chiffres ne sont pas dû à un ralentissement économique global, mais à une récession exclusivement cinématographique.


Harry Potter devrait contribuer à faire remonter la barre ainsi que la sortie de Batman Begins en DVD en ce moment aux USA, mais ces deux faits conjoncturels ne remettent pas en cause un mouvement hélas plus structurel : le cinéma se porte moins bien que l'année dernière et Warner n'est que le premier touché par le phénomène. Les analystes tablent sur une dégradation graduelle dans le futur, si bien que c'est tout un système qui risque de flancher, et les grands studios viendront à terme à se poser la fatidique question : faut il faire moins mais aussi cher ou autant mais moins cher ?

source : le film français
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