Par Kévin Dutot - publié le 28 septembre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 02 octobre 2009 à 10h39 - 2 commentaire(s)
Cette semaine dans « C’est l’affiche », notre nouvelle rubrique hebdomadaire, nous vous proposons une analyse de l’affiche-buzz du moment qui permet à son petit film au budget microscopique de se faire mieux connaître par les amateurs du genre. Il s’agit de The House of the Devil, sorte d’hommage rétro aux films d’épouvante des années 1970-80 dont la date de sortie en France reste encore un mystère... Pour ceux qui ont déjà découvert la bande-annonce, il s’agit, selon toute vraisemblance, d’un excellent pastiche de films comme Halloween, Terreur sur la ligne ou Amytiville... les rites sataniques en sus. L’affiche, d’une beauté rare et assez originale pour qu’on le fasse remarquer, reprend les codes promotionnels de l’époque et fait ouvertement référence à d’autres classiques du genre. La preuve en image.




La jeune demoiselle en danger. Un film d’horreur digne de ce nom ne peut se monter sans une jeune et jolie adolescente romantique et innocente, portant le plus souvent un joli bonnet de laine en hiver et un décolleté subtil en été. Ici, la tête inclinée, presque fataliste dans son attitude, l’héroïne du film semble affligée par les événèments. Le profil délicat, réhaussé par un petit nez en trompette, crée une opposition avec la terrifiante impression globale qui se dégage de l’affiche. A mi-chemin entre la Sissy Spacek de Carrie au bal du diable pour la maculation sanglante et la Sandra Cassel de La dernière maison sur la gauche (1972) pour le visage tourmenté et le corps molesté, la comédienne regarde la maison comme elle jaugerait son tombeau. Forcément, pas de quoi sourire. Le superbe dessin met en valeur les courbes de la jeune fille (ondulation des cheveux, poitrine, front...) et marque ainsi le conflit direct avec cette maison en angles droits et aux pics blessants.

Le titre vous évoque quelque chose ? C’est normal. Entre le fameux « House » (certainement l’un des mots les plus populaires en matière de film d’horreur) faisant directement référence aux trois oeuvres éponymes et l’appelation « of The Devil »... difficile de ne pas comprendre à la première lecture qu’on n’est pas là pour se marrer. House Of Wax, House of the Dead, House of Usher, Christina’s House, The Last House on the left ou encore Monster House ont bien compris une chose : les maisons font flipper. Etonnant de constater qu’aucun film n’avait encore eu l’audace d’appeler son film « La Maison du Diable » en VO lorsqu’en France, déjà deux films sont sortis sous ce titre. On imagine le casse-tête pour le distributeur. La police de caractère, rappelant énormément celle utilisée pour The Haunting Of Julia de Richard Loncraine, se forme à l’aide de la fumée de l’incendie et s’inscrit parfaitement dans l’aspect délavé de l’affiche... Comme si l’affiche avait traîné, roulé, dans un grenier depuis 30 ans.




La chemise de nuit maculée de sang. La référence est évidente... Il s’agit bien évidemment de Sissy Spacek entièrement recouverte de liquide rouge dans Carrie au bal du diable de Brian De Palma. Si les vêtements sont les mêmes, le regard terrifiant que portait la comédienne sur l’affiche du film de 1976 n’est ici pas présent. Jocelin Donahue, l’actrice de The House of The Devil est cependant présentée comme une victime ayant le fort potentiel de se transformer en bourreau... A l’instar de toutes les reines de l’horreur des années 1980 qui parviennent toujours en fin de course à donner l’ultime coup de sabre avec ce désir de vengeance terrifiant. Le sang n’a pas l’air d’être le sien. Il va y avoir du grabuge.

La maison en feu. Lieu de tous les fantasmes les plus atroces, la petite maison de banlieue américaine nous réserve bien des surprises depuis maintenant plus de 30 ans. Entre Poltergeist, Amytiville ou House, l’imaginaire collectif regorge de ces maisons hantées par d’étranges esprits. N’oublions pas non plus la plus célèbre d’entre elles : la maison de Norman Bates dans Psychose, qui lui ressemble ici étrangement avec son petit donjon. Le feu, sensé laver des péchés, a pris possession du bâtiment... On y voit surtout et simplement les flammes de l’enfer, là où le diable se cache, qui viennent lécher littéralement le corps de la jeune comédienne dessiné plus haut.

L’entrée principale. L’affiche est une invitation. La porte de la maison est grand ouverte et pousse à aller voir de plus près ce qui se passe à l’intérieur. Constatons également que cette entrée se fait à la hauteur du bas-ventre de la jeune fille qui, si vous avez vu la bande-annonce, semble bonne pour connaître les joies d’un sacrifice humain... Nous voyons ici un double sens machiavélique, appuyé par le regard de la demoiselle, porté sur son anatomie. Etant une proie idéale et innocente, il va falloir qu’elle défende son territoire...

La phrase d’accroche. Les légendes urbaines ont permis à une génération entière de cinéastes d’imaginer les pires scénarios... Ici, on se rappelle de Terreur sur la ligne ou d’Halloween où les baby-sitters ont le chic pour se faire avoir par d’habiles psychopates passés maîtres dans l’art de jouer à cache-cache. L’innocence de la situation de départ (parle au téléphone, finis tes devoirs, regarde la télé.) se solde par un constat bien plus trash (meurs) et excite la curiosité du spectateur. Les baby-sitters ont toujours été les proies les plus appréciées du public. On ne change pas une équipe qui gagne...
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