En direct de Cannes, Sophie Wittmer nous raconte son quotidien... Pour le premier édito de l'édition 2010, quelques galères et Robin des Bois...

Par - publié le 12 mai 2010 à 16h57 ,
MAJ le 12 mai 2010 à 18h38 - 1 commentaire(s)

Après quelques petits soucis, taxi bloqué dans les embouteillages, train en retard heureusement, ordinateur ne voulant plus se connecter, nous nous retrouvons enfin au cœur de Cannes, de ses rues ensoleillées, loin de la grisaille et de la pluie parisienne. C'est déjà la course, des premières projections, des premières interviews, des premières rencontres inattendues, scintillantes, Russell Crowe jovial, sourire aux lèvres débarquant sur la Croisette, nous y sommes, le soixante-troisième Festival de Cannes s'ouvre ce soir avec une prestigieuse montée des marches, peut-être celle qui sera  la plus people de cette quinzaine, autour du film de Ridley Scott, Robin des bois, avec en vedette Russell, donc, et Cate Blanchett.  

 

Robin des Bois de Ridley Scott


Une ouverture fougueuse et populaire, autour d'une légende, un film surprenant, le cinéaste dépassant le mythe pour rencontrer l'homme, revenant avec pertinence sur les origines du personnage, nous proposant une habile relecture de ce récit en ayant une approche beaucoup moins romancée, moins héroïque que celle des versions précédentes, plus crue, plus sombre. Son récit se termine là où la légende s'envole et Ridley Scott brise ainsi certains clichés, notamment ceux attenant au personnage de Richard Cœur de Lion qu'il replace dans sa vérité historique. Quant à Russell Crowe, il nous surprend, s'empare avec efficacité de la popularité de Robin des bois, qu'il campe de manière posée et terrienne.  
 
Au-delà de cette première soirée lumineuse, les stars ne seront pas au rendez-vous cette année.
Les bords de mer sont tristement vides pour cette première journée, les plages inondées par les eaux n'ont pas encore eu le temps de retrouver tout leur panache, beaucoup sont encore en cours de rénovation, les vedettes craignent de subir les affres du volcan islandais, certaines des égéries de l'Oréal ont déjà annulé leur venue, quelques badauds trainent néanmoins aux pieds des marches, près de leurs escabeaux, avides d'autographes, attendant avec impatience la valse des limousines prévues pour 19h30, la venue des seules grandes stars américaines qui fouleront probablement cette année le tapis rouge.


Guidée par l'aura d'une artiste internationale pointilleuse et radicale, engagée et passionnée,  Juliette Binoche qui règne sur cette édition 2010, sobre mais intense figure de proue de l'affiche de ce soixante-troisième Festival et comédienne, à l'affiche du dernier film de Abbas Kiarostami en compétition officielle, Copie Conforme, l'équipe cannoise semble avoir voulu privilégier l'intellectuel au glamour avec une sélection très centrée sur des films d'auteurs, qui devraient nous réserver de belles surprises.


Côté français, on attend avec impatience le film de Mathieu Amalric, Tournée, pour son sujet décalé autour d'une troupe de strip-teaseuses bien en chair, pour la personnalité de ce comédien, son enthousiasme, son talent prometteur. Le réalisateur du tranchant Petit lieutenant, Xavier Beauvois, semble également nous avoir concocté un film âpre et poignant autour de la religion, Des hommes et des Dieux.
Le film de Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, devrait nous offrir une éclatante parenthèse romantique, illuminée par l'évanescent regard de Mélanie Thierry.

 

Outrage de Takeshi Kitano


Très attendu également sur la Croisette, Takeshi Kitano pour Outrage. Après trois films au travers desquels le cinéaste japonais nous a donné l'impression de se replier sur lui-même, de se chercher, il revient avec une œuvre s'ouvrant sur cette même puissance à laquelle il doit sa renommée, un thriller autour des clans yakuza.

 

Nous n'allons pas évoquer dès ce premier jour chacun des cinéastes qui sera présent cette année sur la Croisette,  mais pour clôturer ce premier édito, pour lancer ce Festival, le nôtre, celui qui nous fait saliver, c'est le nom d'Alejandro Gonzalez Inarritu que j'avais envie d'évoquer. Inarritu, dont j'espérais le retour depuis 2006, depuis Babel. Cinéaste passionné et passionnant, d'une rare humanité, sachant provoquer en chacun de profondes émotions. Des émotions qui devraient venir bousculer ce Festival.


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