De son vrai nom Charles Buchinski (parfois orthographié avec un « y » à la fin dans certains génériques) Bronson est né le 3 novembre 1920 (selon certaines sources) ou 1921 (selon d’autres) à Ehrenfeld (Pennsylvanie,USA). Il est d’abord mineur de fond puis fait la Seconde Guerre Mondiale sur un porte-avion. Une fois démobilisé, il suit des cours d’art dramatique à la Pasadena Playhouse School et joue dans une troupe de théâtre amateur.
Un Justicier dans la ville (1974)Il débute à la télévision dans de petits rôles (il tournera 52 téléfilms de 1951 à 1965 y compris dans des épisodes de séries célèbres comme «
Alfred Hitchcock Presents», «
Le Virginien», etc.) puis sous son vrai nom au cinéma en 1951. Il tourne immédiatement avec de bons cinéastes même s’il s’agit de touts petits rôles. D’une façon générale, il tournera dans peu de films mauvais ou nuls mais sa carrière est nettement plus inégale que celle d’un Gregory Peck par exemple. Il ne prendra le pseudonyme de Bronson qu’en 1954 ou 1955. Son premier rôle en vedette est
Machine Gun Kelly pour le film homonyme de Roger Corman tourné en 1958 et distribué par l’A.I.P. Sa popularité augmente certes grâce au
Sept Mercenaires, célèbre remake - sous forme de western - du film japonais de Kurosawa
Les Septs Samouraïs, réalisé par Sturges en 1960 mais il reste malgré tout cantonné aux seconds rôles. Bronson tourne en France quelques films et aussi dans
Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone qui a un très grand succès en France. Il devient logiquement très populaire chez nous. Sergio Sollima lui donne alors la vedette dans son film de 1970,
La Cité de la Violence.
Face à Henry Fonda, dans IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUESTLe personnage – un des grands symboles de la virilité, sûre d’elle-même et de sa force - semble alors fixé et la moustache s’installe (même s’il y renonce à l’occasion pour Terence Young ou John Mackenzie), la violence aussi et Jill Ireland, sa nouvelle femme, avec par-dessus le marché : les spectateurs sont ravis et les mauvais critiques de l’époque désespérés. Ce sont princpalement Michael Winner et Tom Gries qui le starifient en tournant de 1971 à 1975 une série de chefs-d’œuvre (Winner) ou de très bon films (Gries) dont il est la vedette mais c’est – ironie de l’histoire – le succès de
Death Wish (1974) qui infléchit sa carrière vers une série de remakes, certes très intéressants mais dont il aura du mal à s’échapper. Il y parvient cependant avec son talent habituel en acceptant de très beaux rôles pour Don Siegel (1977), John Mackenzie (1986), Jack Lee Thompson (1976 et 1983), Peter Hunt (1981). À partir de 1990, son activité est quasi exclusivement consacrée à la télévision. Bronson est douloureusement endeuillé par la mort de Jill Ireland qui meurt du cancer après une longue lutte, puis par celle de son fils qui meurt du Sida. Remarié par la suite avec Kim Weeks, il est à son tour frappé par la maladie d’Alzheimer vers 2000. Il perd pratiquement la mémoire - tout comme l'ex-acteur et ex-président Ronald Reagan.
Il s'est éteint samedi 30 Août d'une pneumonie.
Un Justicier dans la Ville 2 (1981)Inutile de dire que nous aimions tous beaucoup ce très grand acteur à DVDrama et que sa mort nous touche au plus profond de nous-même. Avec lui, comme pour tout ceux qui ont été bercés par ses films, c’est un peu de notre jeunesse qui disparaît. Le cinéma est souvent, pour une génération donnée, incarné par quelques figures emblématiques : il était l’une d’elles. Immense acteur, on ne se lassera jamais de voir et de revoir les chefs-d’œuvres auxquels il a apporté sa puissance, et c'est sans doute comme cela qu'il ne mourra pas vraiment et que sa mémoire sera préservée.
FILMOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE SELECTIVE
NB : les films pour lesquels aucune mention de nationalité n’est reportée sont américains.
Charles Bronson dans Mitraillette Kelly (1958) 1950-1960 You Are In the Navy Now [La marine est dans le lac] 1951 d’Henry Hathaway (pas un film impérissable mais c’est un Hathaway tout de même)
Red Skies of Montana [Duel dans la forêt] 1951 de Joseph H. Newman
The Mob [Dans la gueule du loup] 1951 de Robert Parrish (futur réalisateur du génial Marseille Contrat)
My Six Convicts [Les six forçats] 1952 d’Hugo Fregonese (bon réalisateur de la R.K.O. qui travailla pour Val Lewton)
Pat and Mike [Mademoiselle Gagne-Tout] 1952 de Georges Cukor The City Is Dark / Crime Wave [La chasse au gang] 1953 d’André de Toth
House of Wax [L’homme au masque de cire] 1953 d’André de Toth (excellent remake par de Toth du classique de l’âge d’or du cinéma fantastique (1931-1939) de Michael Curtiz - Bronson est l’inquiétant assistant de Vincent Price. Il existe deux versions du film : une en 3D-relief et une « à plat ».)
Miss Sadie Thompson [La Belle du Pacifique] 1953 de Curtis Bernhardt
Apache [Bronco Apache] 1954 de Robert Aldrich (western anti-raciste d’Aldrich et son premier film important)
Riding Shotgun [Le cavalier traqué] 1954 d’André de Toth
Drum Beat [L’aigle solitaire] 1954 de Delmer Daves (western inférieur à La flèche brisée du même réalisateur à la même époque)
Vera Cruz [Vera Cruz] 1954 de Robert Aldrich (film d’Aldrich apprécié par la télévision française mais très inférieur en dépit de son casting à certains autres Aldrich)
Big House [le pacte des tueurs] 1955 d’Howard W. Koch (ne pas confondre avec Howard W. Koch Jr.)
Jubal [L’homme de nulle part] 1956 de Delmer Daves
Run of the Arrow [le jugement des flèches] 1957 de Samuel Fuller (un des chef-d’œuvre de Fuller – ce western lyrique et cruel offre son plus beau rôle à Rod Steiger et Sarita Montiel)
Gang War [Le syndicat du crime] 1958 de Gene Fowley Jr. (qui venait de réaliser I Was A Teenage Werewolf (1957) distribué par l’A.I.P. d’Arkoff et Nicholson)
Machine Gun Kelly [Mitraillette Kelly] 1958 de Roger Corman (premier grand rôle en vedette aussi distribué par l’A.I.P.)
Never So Few [la proie des vautours] 1959 de John Sturges (bon et beau film de guerre avec Frank Sinatra, Gina Lollobrigida, Richard Johnson se passant souvent dans une belle jungle)
Les Sept Mercenaires
1960-1970 The Magnificent Seven [Les sept mercernaires] 1960 de John Sturges (second rôle de ce western très populaire)
The Master of the World [Le maître du monde] 1961 de William Witney (Savoureux film fantastique, un des derniers réalisés par ce maître du sérial - précisons pour les générations actuelle : le vrai serial et non pas ses remakes aseptisés réalisés par Spielberg ! - ou Bronson sert de faire valoir à Vincent Price tout comme dans le film d’André de Toth de 1953)
Thunder of Drums [Tonnerre apache] 1961 de Joseph N. Newman (excellent western qui prefigure un peu Ulzana’s Raid [Fureur apache] 1972 de Robert Aldrich)
X-15 1961 de Richard Donner
Kid Galahad [Un direct au coeur] 1962 de Phil Karlson (par le vétéran qui réalisera un des grands films noirs américains du Xxe siècle : le génial et ultra-violent Walking Tall [Justice sauvage] (USA 1973) avec Joe Don Baker – d’après un fait-divers réel)
The Great Escape [la grande évasion] 1963 de John Sturges (second rôle dans ce film de guerre très populaire)
Four of Texas [Quatre du Texas] 1963 de Robert Aldrich (western un peu sadique sur les bords, bien enlevé et sans prétention)
The Sandpiper [Le chevalier des sables] 1964 de Vincente Minnelli (chef-d’œuvre d’une beauté plastique rare mais Bronson est bien sûr très en retrait derrière le brûlant couple Richard Burton et Elisabeth Taylor)
Guns of Diablo [Le Californien] 1964 de Boris Sagal (futur réalisateur des bons Mosquitoe Squadron [Opération V2] et Omega Man [Le survivant])
Battle of the Bulge [La bataille des Ardennes] 1965 de Ken Annakin (honnête et spectaculaire reconstitution dont on parlait toutjours avec plaisir dans la cour de l’école lorsqu’on avait 10 ans et que la télévision l’avait passé en scope respecté mais noir et blanc puisque la « télé couleur » n’existait pas encore !)
This Property Is Condamned [Propriété interdite] 1966 de Sidney Pollack (film qui veut un peu rivaliser avec Elia Kazan et fait reconnaître Pollack en France)
The Dirty Dozen [Les douze salopards] 1967 de Robert Aldrich (second rôle populaire dans un film très virulent et célèbre d’Aldrich. Le film souffre d’un déséquilibre: une première partie très sèche et nerveuse qui s’ouvre par une exécution capitale critique / fait l’apologie de l’institution militaire avec une virulence étonnante, une seconde partie est un peu ennuyeuse et ludique, merveilleusement rachetée par une troisième partie splendide à la violence baroque)
Villa Rides [Pancho Villa] 1967 de Buzz Kulik (western classique par le réalisateur de Riot [La mutinerie] 1968)
La bataille de San Sebastian (Fr. 1967) d’Henri Verneuil (gros budget et belle mise en scène)
Adieu l’ami (Fr. 1967) de Jean Herman (vedette aux côtés d’Alain Delon : le public français apprécie beaucoup cette idée qui est en effet appréciable)
C’era una volta il west [Il était une fois dans l’Ouest] (Ital., 1969) de Sergio Leone (second rôle populaire qui achève de le rendre célèbre en France)
Le passager de la pluie (Fr., 1969) de René Clément (un des films français qui rend l’acteur très sympathique à nos compatriotes)
Twinky [L’ange et le démon] 1969 de Richard Donner (par le futur réalisateur de The Omen)
You Can’t Win’Em All [Les baroudeurs] (U.S.A. 1969 de Peter Collinson (« réalisé par un intellectuel fatigué » dixit un critique gauchiste français arriéré de l’époque ! Bon passons… Collinsons est souvent passionnant. Se passe en Turquie en 1922 pendant la guerre civile. Bonne violence. En plus avec Michèle Mercier et un casting international savoureux)
La Cité de La Violence (1970)
1970-1980 Citta violenta [La cite de la violence] (Ital., 1970) de Sergio Sollima (film moyen mais important qui pose les bases de son personnage et de sa dramaturgie pour toute la période : aux côtés de Jill Ireland)
De la part des copains (Fr. /Ital., 1970) de Terence Young
The Bull of the West [Le solitaire de l’ouest] 1971 de P. Stanley et Jerry Hopper (un épisode de la série télé « Le Virginien » balancé par C.I.C. comme « film de cinéma » ?)
Quelqu’un derrière la porte (Fr. / Ital., 1971) de Nicolas Gessner (avec Jill Ireland)
Red Sun [Soleil rouge] (Fr./.Ital.1971) de Terence Young (avec Alain Delon et un casting délirant : Toshiro Mifune, etc. mais le film est moyen)
Chato’s Land [Les collines de la terreur] 1971 de Michael Winner (rôle vedette d’un apache qui abat avec sadisme les membres d’une milice de racistes tortionnaires : il prononce moins de dix lignes de dialogues pendant le film. Un de ses rôles les plus étonnants et les plus puissants.)
The Mechanic [Le flingueur] 1972 de Michael Winner (étonnante interprétation d’un tueur maffieux dépressif et taciturne : aux côtés de Jill Ireland - qui interprête ce qu’on croit être sa maîtresse mais qui s’avère être une prostituée qu’il paye - et de Jay Michael Vincent en étoile montante)
CosaNostra / I segreti di Cosa Nostra [Cosa Nostra : l’affaire Joe Valachi] (Fr. / Ital.) 1972 de Terence Young (admirable interprétation, très surprenante, sans moustache et souvent vieilli : vedette aux côtés de Lino Ventura de ce qui est autre chose que The Godfather mais qui le préfigure un peu quand même tout en étant très différent plastiquement et dramatiquement puisque le film repose sur une base absolument documentaire)
The Stone Killer [Le cercle noir] 1972 de Michael Winner (inspecteur de police divorcé et misanthrope, à la gachette facile remontant le fil d’une vendetta maffieuse démente : le film est ultra-violent)
Valdez il mezzosangue / Chino Valdez / Valdez Horses [Chino] (Fr./Ital./Esp., 1973) de John Sturges (un peu une reprise du personnage de Chato ici opposé à un Marcel Bozzuffi hallucinant de sadisme : film pur, dépouillé, violent, lyrique avec Jill Ireland : scandaleusement inédit en zone 2 !)
Breakout [L’évadé] 1974 de Tom Gries (aventurier : aux côtés de Jill Ireland qui veut faire libérer son époux Robert Duvall incarcéré au Mexique – un de ses rôles les plus populaires – souvent diffusé dans les années 1975 – 1995 à la télévision et ignoblement recadré alors que c’est un magnifique cinémascope 2.35)
Death Wish [Un justicier dans la ville] 1974 de Michael Winner (rôle majeur)
Mister Majestik 1974 de Richard Fleischer (sympathique : un agriculteur indépendant doit lutter contre la maffia qui veut le racketter. Mais enfin le film est un Fleischer mineur)
Breakheart Pass [Le solitaire de Fort Humbolt] 1975 de Tom Gries (western classique mais réussi avec Jill Ireland)
Hard Times /The Streetfighter [Le bagarreur] 1975 de Walter Hill (rôle majeur très étonnant qui a pour fond la crise économique et sociale de 1929 et ses conséquences)
Monsieur St-Ives [Monsieur St-Ives] 1976 de Jack Lee Thompson (film noir anémique au scénario embrouillé)
From Noon Till Three [C’est arrivé…entre midi et trois heures] 1976 de Frank D. Gilroy (western avec Jill Ireland)
Raid On Entebbe [Raid sur Entebbe] 1976 d’Irvin Kershner (poussif téléfilm exploité au cinema d’après un fait réel qui inspira le violent et bien meilleur Operation Thunderbolt [Entebbé, opération Thunderbolt] (Isr. 1977) de Menahem Golan avec Klaus Kinski et Sybil Danning et même un troisième, inférieur à ces deux-là et dont nous ne nous souvenons même pas du titre pour cette raison bien que nous l’ayons vu)
The White Buffalo [Le bison blanc] 1976 de Jack Lee Thompson (première collaboration importante avec Thompson dans un curieux mélange de western et de film fantastique que le bugdet et les effets spéciaux tirent vers le film-catastrophe. Une des dernières apparitions de Kim Novak en patronne de bordel)
Telefon [Un espion de trop] 1977 de Don Siegel (admirable rôle d’un espion russe chargé par ses supérieurs d’abattre un stalinien fou voulant entraîner les USA et l’U.R.S.S dans une guerre atomique. Un des sommets du genre de la « politique-fiction » réalisé par un maître lui-même au sommet de son art – avec en prime l’adorable Sheree North dans une séquence hélas trop courte, bien plus humaine et bandante que l’antipathique Lee Remick).
Love and Bullets / Love and Bullets, Charlie [Avec les compliments de Charlie] 1978 de Stuart Rosenberg (n’est pas un bon Rosenberg : dommage)
Caboblanco 1980 de Jack Lee Thompson
Borderline [Chicanos, chasseurs de têtes] 1980 de Jerrold Freeman (rôle d’un shériff confronté au même problème que le shériff joué par Jack Nicholson dans The Border [Police frontière] 1981 de Tony Richardson : l’émigration mexicaine illégale aux U.S.A. et la corruption qui l’exploite. Le film de Freeman est inférieur au Richardson qui est lui-même inférieur au génial et ultra-violent Jackals [American Justice] (USA 1985) de Gary Grillo qui avait reçu à juste titre le Prix spécial du jury au Festival de Cognac 1986. Une des très nombreuses variations sur ce thème depuis 50 ans…)
Un Justicier dans la ville (1974)
1980-1990 Death Hunt [Chasse à mort] 1981 de Peter Hunt (belle confrontation avec Lee Marvin pour un western d’une sauvage violence)
Death Wish II [Un justicier dans la ville n°2] 1981 de Michael Winner (remarquable remake qui prolonge intelligemment le personnage et renforce sa brutalité et celle de son environnement)
10 To Midnight [Le justicier de minuit] 1982 de Jack Lee Thompson (inspecteur de police confronté à un psychopathe éventreur : un des rares rôles de Bronson dans ce qui, plus qu’un film policier, est un authentique film fantastique « d’horreur »)
The Evil That Men Do [L’enfer de la violence] 1983 de Jack Lee Thompson (admirable rôle d’un tueur qui accepte d’exécuter gratuitement un tortionnaire politique au Guatemala. Le film est ultra-violent)
Death Wish 3 [Le justicier de New York] 1985 de Michael Winner (hésitant entre parodie et film noir cauchemardesque, Bronson sert le personage avec la même classe)
Murphy’s Law [La loi de Murphy] 1986 de Jack Lee Thompson (intéressant : nouveau rôle pour Lee Thompson qui hésite entre film fantastique et film policier. Bronson y est opposé à une psychopathe féminine terrifiante. Il est malheureusement flanqué d’une gamine moche et insupportable, ne s’esprimant qu’en argot ordurier. C’est le point faible du film)
Act of Vengeance [idem] 1986 de John Mackenzie (étonnant rôle d’un syndicaliste assassiné pour raison politique. Sans moustache. Méconnue mais tout à fait remarquable prestation. À l’origine un téléfilm puis exploité en salles.)
Assassination [Protection rapprochée] 1987 de Peter Hunt (un quasi-téléfilm : nul)
Death Wish 4: The Crackdown [Le justicier braque les dealers] 1987 de Jack Lee Thompson (intéressante mouture en raison de son ouverture onirique et de son appel récurrent au thème du double)
Messenger of Death [Le messager de la mort] 1988 de Jack Lee Thompson (belle ouverture mais la suite déçoit)
Kinjite : Forbidden Subjects [Kinjite : sujet tabou] 1988 de Jack Lee Thompson (réalisateur et vedette très fatigués mais résultat correct : Bronson sert un scénario intéressant mais sans suffisament de moyens pour être plus qu’un honnête téléfilm)