Cette semaine sort sur les écrans le très recommandable
Push de Paul McGuigan, variation pas inintéressante et plutôt bien amenée autour des préoccupations du genre super héroïque. Porté par la grâce des jolies Dakota Fanning et Camilla Belle, le métrage doit aussi beaucoup au charisme et au talent incontestable de Chris Evans, beau gosse à l’allure stéréotypée mais qui commence sérieusement à se faire remarquer par ses choix et ses prestations. L’occasion pour nous de nous pencher quelques instants sur cet acteur qui, s’il n’a pas encore été mis en lumière comme il se doit, pourrait bien en surprendre plus d’un, un de ces jours.
Dans la promo récente des comédiens aux gueules d’anges, Chris Evans s’impose comme l’une des excellentes surprises : non pas qu’il ait commis un sans faute dans ses choix de carrière, non pas qu’il soit l’interprète le plus remarquable qui soit, mais tout simplement il semblerait qu’il mène plutôt bien sa barque. Car à l’instar d’un
Paul Walker dans ses bons jours (au choix :
Une virée en enfer,
La peur au ventre ou
Mémoires de nos pères), Chris Evans parvient à décrocher quelques rôles plutôt surprenants. Improbable surtout venant d’une de ces figures plastiques comme il en existe tant et dont les jeunes filles s’encanaillent. Gageons par exemple que le pseudo vampire maladif qu’est Robert Pattinson de
Twilight et qui fait actuellement pâlir les donzelles, ne parviendra jamais à atteindre les modestes cimes que connaissent les deux acteurs cités précédemment. Mais revenons plutôt à Evans qui se retrouve à faire l’acteur plus ou moins sur un coup de tête ! En effet, ce dernier, né à Boston en 1981, se retrouve inscrit à l’atelier théâtre de son collège plus ou moins de force. En effet, sa grande sœur Carly, d’après les dires familiaux, brûle littéralement les planches et le jeune Christopher se retrouve contraint de pratiquer lui aussi. Subissant d’abord les pièces mises en scène par l’école et prenant goût à la chose, il propose ses services auprès de la troupe du quartier et s’essaie donc, de manière somme toute traditionnelle, aux joies des planches durant son adolescence. Passionné par la liberté que lui offre l’incarnation des personnages, il passe tout son temps à répéter et s’inscrit même à des séminaires de jeu !

Malgré les déménagements de ses parents vers leur ville d’origine (Framingham dans le Massachussetts) ou à Sudbury, il continue d’entretenir de bonnes relations avec ses professeurs d’art dramatique qui lui conseillent bientôt d’intégrer une école professionnelle. Une fois l’âge atteint, il part pour New York et se fait accepter à la Lee Strasberg Theater Institute où il apprend les rudiments du métier. Commençant à fréquenter les castings, il se fait quelques connaissances dans le milieu des agents artistiques qu’il relance très souvent. Convaincant et amical, il parvient à se faire accepter dans le répertoire de l’un d’entre eux qui lui conseille d’abandonner la scène pour l’écran. En effet, Evans a une plutôt belle trogne et celle-ci risque de lui ouvrir quelques portes. Poussé par son ami agent, il participe aux auditions pour des seconds couteaux dans les séries télévisées. Inexistant dans le direct-to-video
The newcomers en 2000 et aux côtés de Paul Dano, il se rattrape la même année en se faisant accepter sur la série
Opposite Sex où il apparaît dans huit épisodes. Remarqué, on lui propose aussitôt un petit rôle dans un épisode de la nouvelle série de
Le Fugitif. Ne s’arrêtant quasiment pas de tourner, il enchaîne avec une apparition dans
Boston Public avant qu’on lui offre son premier vrai rôle : celui de Jake Wyler dans l’hystérique
Sex Academy ! Le rôle n’est pas passionnant, il s’agit d’une comédie graveleuse sous forme de remake de
Elle est trop bien et il devra jouer l’étalon stupide du lycée. Sur le tournage, il fréquente la future héroïne de The L Word Mia Kirshner et se révèle particulièrement mauvais. Si son rôle est d’un pathétique rare, sa prestation est tout aussi oubliable !
Le métrage fait cependant un score honorable auprès du public pré pubère et permet à Evans de continuer. Entre quelques apparitions dans des téléfilms, il accepte un petit rôle dans le court-métrage
The paper boy et affine sa notoriété naissante. En 2004, on lui offre de participer à The perfect score au côté de la toute craquante étoile montante
Scarlett Johansson. Remarqué à sa juste valeur, les studios décident alors de lui confier la tête d’affiche de
Cellular, un polar intense et plutôt bien fichu. Si l’expérimentée Kim Basinger sert de caution auprès du public, le film le sert remarquablement bien. Héros à part entière, Evans établit son capital sympathie.
Comprenant qu’il risque de devenir la nouvelle coqueluche d’un studio, il prend pourtant ses distances et accepte coup sur coup deux rôles dans des métrages aux ambitions plus intimistes :
The orphan King et
London sur lequel il retrouve sa petite amie Jessica Biel rencontrée sur
Cellular. Mais conscient qu’il doit malgré tout entretenir sa relation toute jeune avec le public, il accepte d’interpréter Johnny Storm, la fameuse Torche de Les Quatre Fantastiques. Ravi de pouvoir donner corps à un personnage mythique de la Marvel, il se donne à fond dans le film de
Tim Story et signe d’emblée pour trois épisodes ! Le film reste ce qu’il est et Chris Evans n’est pas dupe mais il lui offre le tremplin tant souhaité : s’il avait raté l’audition de
Rencontres à Elizabethtown de
Cameron Crowe au profit de Orlando Bloom, son rôle de la Torche et le résultat au box-office lui permettent de rencontrer des personnes influentes. Rencontrant
Danny Boyle qui prépare
Sunshine, il le convainc de lui offrir le rôle de Mace au coté du fidèle Cilian Murphy et profite de son temps libre pour doubler Casey, le vieil ado copain d’April O’Neil dans la nouvelle version des
Tortues Ninja.
Pris sous contrat, il embraye avec la suite des
Quatre Fantastiques où il retrouve ses amis. Resté en bons termes avec
Scarlett Johansson, elle lui propose de faire une apparition dans le Journal d’une Baby sitter et reprend le doublage d’un film d’animation encore inédit et nommé
Terra. Il y côtoie
Dennis Quaid,
Amanda Peet,
Justin Long ou encore
Luke Wilson. Ne trouvant pas bien sa place entre les têtes d’affiches et les seconds rôles inexistants, il accepte de jouer aux côtés de
Keanu Reeves et
Forest Whitaker dans
Au bout de la nuit de
David Ayer avant de participer à une adaptation d’une pièce de Tennessee Williams avec Bryce Dallas Howard (
The Loss of Teardrop Diamond). On lui propose enfin
Push qui s’avère être totalement dans ses cordes. N’étant pas un acteur de prestige et refusant de se contenter de la figure de jeune beau gosse dans laquelle les tabloïds le cantonnent, il fait son possible pour joindre ses deux envies. Il y est à la fois séduisant et convaincant. Repéré par quelques réalisateurs, il a enfin le choix des armes pour montrer ce qu’il veut, et il vient de choisir : la prochaine fois que nous verrons Chris Evans, ce sera dans le nouveau film d’Edgar Wright, réalisateur de
Shaun of the dead et de
Hot Fuzz.