Christopher Smith, en plus d'être un excellent réalisateur, a mis en images des mises a morts aussi incongrues que savoureuses

Par Antonin CLATZ - publié le 15 juin 2011 à 00h00 ,
MAJ le 16 juin 2011 à 15h12 - 0 commentaire(s)

Vous avez remarqué qu'en France, pour le cinéma de genre, nous faisons pâle figure ? Certes, ce n'est pas nouveau du tout. Alors que nos rares bons artistes, tel Alexandre Aja, s'exilent rapidos aux Etats-Unis, on voit l'Espagne nous mettre la honte avec des films de genre aussi réguliers, qu'originaux et réussis. Autre nation devenue experte : l'Angleterre. Une nouvelle vague de réalisateurs a permis à ce pays d'accoucher depuis une décennie de petits joyaux, qui ne sont pas passés inaperçus. Ainsi, Neil Marshall a livré The Descent et Doomsday, tandis Edgar Wright enterre tout le monde avec Shaun of the dead, Hot Fuzz et Scott Pilgrim. Nous nous intéresserons aujourd'hui au cas de Christopher Smith. Extrêmement doué, le réalisateur a la particularité de rester humble dans ses budgets et ses ambitions.


Le film Creep, survival situé dans les dédales du métro, a surpris son monde par sa noirceur. Severance lui emboîte le pas, et ne déçoit absolument pas, en dénonçant le trafic d'armes au sein d'un film bourré d'humour et efficace dans son sujet. C'est d'autant plus incroyable, que le mélange survival/humour est toujours délicat a réaliser sans sombrer dans la parodie grotesque ou la caricature malsaine. severance_7
Ses deux derniers films nous arrivent récemment : Black Death et Triangle. Le premier nous narre l'histoire d'Osmund, très jeune moine partagé entre sa foi pour Dieu et l'amour qu'il porte à une jeune femme du village. Parallèlement à ses dilemmes intérieurs, l'Angleterre est ravagée par la peste, et Osmund est choisi pour guider un groupe de soldats envoyés par l'évêque jusqu'à un village épargné par la peste, abritant un nécromancien selon les rumeurs. Nous n'en dévoilerons pas trop afin de préserver la surprise ; néanmoins, on assiste plus ou moins à un choc entre le fanatisme biblique (tel un croisé) et un agnosticisme extrémiste. Ce qui est brillant, c'est que c'est très loin d'être manichéen. Nous pouvions nous attendre à une "banale" histoire de chrétiens traquant les hérétiques furieux, mais Smith se refuse à porter un jugement, et nous fait voir l'histoire des yeux du personnage le plus indécis. Le bien et le mal seront difficiles à démêler, et ce, jusqu'au dernier plan.

Photo Black Death de Christopher Smith
Quant à Triangle, il s'agit de l'histoire de Jess, une mère ayant des difficultés à élever son fils, qui part en week-end sur le yacht avec un groupe d'amis. Pris dans une tempête, ils trouvent refuge sur un navire abandonné. Il est dur d'en parler sans révéler la teneur du scénario, mais le film, s'il souffre d'un concept bancal, est très noir, étonnant, et Melissa George tient bien la baraque. Une belle réussite artistique.


Afin de rendre un petit hommage à ce surdoué du cinéma de genre, voici un top 5 de ses morts les plus savoureuses, chacune dans leur genres :

 

CLIQUEZ SUR CE DIAPORAMA


Vos réactions


logAudience