Par Arnaud Mangin - publié le 23 mars 2006 à 11h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h50 - 21 commentaire(s)
La mode est au revival, et certains, au lieu de pleinement profiter de leurs sixièmes décennies, se remettent de plus en plus mal du regard éclairé de John McTiernan sur le cinéma d'action. Si justement le mois prochain John McClane laisse place à un flic plus rabougri pour un Bruce Willis toujours impeccable dans 16 Blocs, en même temps qu'un Harrison Ford assumant également son âge dans Firewall, d'autres n'arrivent guère à se dépêtrer des années 80, leurs seules heures de gloire. Il ne s'agit bien évidemment pas de Stallone ou Schwarzenegger, qui n'ont d'ailleurs plus rien à prouver, ni même les rigolos Van Damme et Steven Seagal, mais bel et bien de la classe largement en dessous, les attendrissants fonds de malle Chuck Norris et Dolph Lundgren qui reviennent temporairement sur le devant de la scène. En vidéo uniquement... il ne faut pas déconner non plus !


Hasard du calendrier, Sony Pictures édite les deux (télé)films The Cutter pour Chuck Norris et The Russian Specialist pour Dolph Lundgren ce mois-ci en zone 1 histoire d'offrir une dernière chance à tout ce monde. Une occasion pour nous spectateurs de tenter une reconsidération de deux personnages finalement très transparents dans deux histoires de kidnapping et de rançons, et une chance pour les principaux concernés de montrer qu'ils sont fidèles à l'image qu'ils ont toujours offert. Pari gagné pour les petites stars, et ce n'était pas difficile, mais alors échec cuisant pour le spectateur qui, non content de perdre son temps n'est même pas parvenu à décrocher un sourire. Ou si peu…


D'un côté The Cutter, ou le tailleur de diamants, au cœur duquel Norris tente en vain de casser sensiblement son image lisse de Walker Texas Ranger (qui aime les amis, la famille, les enfants, les animaux et la justice) pour camper une sorte de privé au rabais, dernier recours des causes perdues. Faire tomber le chapeau, c'est une bonne chose. Foirer l'une de ses missions en ne parvenant pas à sauver une otage c'est bien aussi pour le côté personnage sombre… mais c'est tout. Face à Daniel Bernhardt - que les spécialistes marketings chez Video Futur connaissent bien - papy Norris n'arrive plus à lever la jambe, il vise n'importe comment (mais il touche ses cibles, c'est bien là l'important) et se laisse traîner nonchalamment dans des ruelles autrichiennes (petit budget oblige) en balançant quelques vannes foireuses avant de tuer le méchant à la fin. Le minimum syndical dans cette histoire de momie Israélienne à qui on a volé ses bijoux pour les faire travailler de force par un joaillier, ancienne victime d'Auschwitz. Tordu, moralisateur et chiant. The Cutter répond effectivement à nos attentes.


Un peu plus fendard (un peu seulement) The Russian Specialist interprété mais surtout écrit (ou griffonné, au choix) et réalisé par Dolph Lundgren situe également son intrigue dans une Europe de l'est délabrée pour cause de budget inexistant et tente maladroitement de dénoncer la pauvreté ambiante à grands coups de clichés hors propos et de poules qui rentrent dans le champ durant les fusillades. Dolph nous refait par la même occasion son remake de Jamais sans ma fille en s'octroyant le rôle d'une Betty Mahmoody armée d'un fusil à canon scié, bien décidé à rectifier un méchant sosie de Demis Roussos pour ramener une jeune otage jusqu'à la frontière hollandaise. Là encore, ce n'est jamais finaud, jamais excitant et seul le dernier chapitre et son ambiance Total Western relève le divertissement accru d'une certaine violence, et plus particulièrement les impacts de coups de feu qui ne nous privent d'aucun détail.


Comment ça "il est pas bon mon gaspacho" ?


Prend ça sale stalinien !

Retrouvez les tests des deux films en cliquant sur les liens ci-dessous.
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