Retombera-t-il sur ses pieds comme Ethan Hunt, l'espion interprété par Tom Cruise, dont ce film raconte les nouvelles aventures ? Espérons-le, car après la surprise Face/Off, il est dur d'accepter cette série Z comme étant le ''nouveau John Woo'' qui fait ici plutôt figure de gag cinématographique involontaire.
Le ratage qu'est MI-2 fera sûrement réviser le jugement des détracteurs du film de De Palma. car, même s'il n'était pas parfait, celui-ci possédait pas mal de qualités.
Dépourvu de scénario, ce MI2 est pour la plupart du temps un déluge de frime visuelle. On s'aperçoit rapidement que l'univers de John Woo n'est pas du tout compatible avec le film d'espionnage. S'il avait réalisé cette oeuvre de commande sans y ajouter sa touche personnelle (l'aspect romantique principalement. Pour l'action ça peut aller), cela aurait probablement été bénéfique pour le film.
La première partie est d'un ennui absolu. Le jeu de séduction entre Tom Cruise et Thandie Newton est insupportable et pas crédible du tout. De plus, l'interprétation de cette dernière laisse vraiment à désirer (on dirait qu'elle joue dans un mauvais clip de r'n'b). Le sort de Dougray Scott n'est pas enviable non plus. Comme Robert Carlyle pour Le Monde Ne Suffit Pas qui fut débauché d'Angleterre, cet acteur talentueux (excellent en flic ripoux dans Twin Town) est ici sous-employé et se retrouve avec des dialogues caricaturaux et affligeants (en plus il en rajoute avec son accent british en sortant ses répliques à 2F80...). Quand à Tom Cruise, il nous la rejoue machoire serrée ou sourire en coin. Le contrepoint de ses performances honorables de Magnolia et Eyes Wide Shut. D'accord il a éxécuté la plupart de ses cascades, mais il ne mérite pas pour autant une médaille...
Reste l'action, le fort de John Woo d'habitude qui nous soummet quelques nouvelles cascades mais pas révolutionnaires, des explosions impressionantes et des gunfights virevoltants moins inspirés que d'habitude (passons sur les impacts de balles censurés). Mais tous ces efforts (pyro)techniques sont au service du néant, ce qui rend la chose encore plus triste. De plus, comme pour Hard Target/Chasse à l'Homme, il filme les combats à mains nues en abusant d'un montage surdécoupé et de ralentis, ce qui casse un peu le rythme de la scène (pas de combats en plan séquence comme dans Matrix). Quant au coté naïf de John qui faisait la magie de The Killer, il est dans ce contexte assez ridicule, sans parler de cette musique techno omniprésente dans les scènes d'action (encore le syndrome Matrix).
Il faut attendre la dernière partie du film pour qu'un semblant d'intérêt se fasse ressentir. D'ailleurs Ving Rhames le dit clairement dans une réplique, mais malheureusement quinze minutes avant la fin du film. Navrant.