Par - publié le 19 décembre 2007 à 18h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h05 - 0 commentaire(s)
Le destin hors norme d'un membre du Congrès texan qui se faisait appeler Good Time Charlie en raison de son penchant pour l'alcool et les femmes. Découvert à Las Vegas en compagnie de deux strip-teaseuses cocaïnomanes, ce dernier vit sa carrière politique malmenée au début des années 80 et se racheta une conduite en contribuant de manière indirecte à la débâcle de l'Armée rouge en Afghanistan.


LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON
Un film de Mike Nichols
Avec Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman
Durée : 1h45
Sortie le 16 janvier 2008

La Guerre Selon Charlie Wilson, c'est tout d'abord un concentré de talent: Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman au casting, Mike Nichols à la réalisation et Aaron Sorkin au scénario. Un film avec autant de forces vives de ne peut pas être foncièrement mauvais. Par contre, rien ne l'empêche d'être foncièrement bancal...


Le plus flamboyant, ce sont les dialogues du scénariste de A La Maison Blanche (pour les 4 premières saisons) et Studio 60 On The Sunset Strip, deux séries télévisées extraordinaires. Les répliques fusent et font mouche dans un rythme haletant, alternant humour et tension politique avec une cohérence de ton propre à l'auteur. Le gros problème de ce film réside dans la faculté malheureuse de Mike Nichols à documentariser ce qu'Aaron Sorkin a tenté de fictionnaliser. A grands renforts d'images d'archives, le réalisateur plombe son intrigue avec un catalogue d'hélicoptère russes descendus et de chars d'assaut de l'Armée Rouge en feu. Inutile et racoleur. La puissance américaine véhiculée par les armes et l'argent est trop manichéenne pour séduire. Les russes sont quant à eux dévoilés telles des bêtes violeuses de femmes enceintes. Les archétypes s'enchaînent et le rythme de film en pâtit forcément.



Heureusement, la galerie de personnages est tellement bien sentie que La Guerre Selon Charlie Wilson parvient à émouvoir. Les trois stars portent le film à bout d'interprétation. Ils libèrent tous une énergie salvatrice qui emporte des situations dramaturgiques pleine d'excès, de candeur et de comédie. Quelques séquences très abouties provoqueront même quelques fous rires. Dans un style vaudevillien (la rencontre entre Tom Hanks et Philip Seymour Hoffman) ou de condescendance mondaine (magnifique Julia Roberts), Mike Nichols parvient tout de même à créer un véritable enchevêtrement de situations explosives.


Dès que le film s'éloigne de Charlie Wilson, dès que Tom Hanks est englouti par la forme documentaire donnée au récit, le long métrage s'embourbe dans un discours chancelant sur les rênes du pouvoir américain et les actions positives de ce grand pays en Afghanistan. Heureusement la phrase finale et les cinq dernières minutes viennent enrichir le propos politique et la réalité de cette Amérique bien pensante. La CIA et le gourvernement subissent des égratignures trop légères pour pallier au propos unilatéral du film. N'oublions pas que les armes distribués aux Talibans se sont depuis retournés contre la toute puissance de l'Oncle Sam.

Note: 6/10
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