BANKSY
AGE : On ne sait pas...
POURQUOI IL SE MASQUE : Parce qu'en plus de se croire rebelle, il l'est vraiment. Punk et anar, il sort un film qui n'en est pas un.
POURQUOI IL INNOVE : Il combine les techniques du graffiti, du pochoir et de l'installation pour faire passer ses messages, qui mêlent souvent politique, humour et poésie comme Ernest Pignon-Ernest ou Blek le rat.
LE MOMENT DE SOLITUDE : Banksy a fondé le projet « Santa's Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Gaza afin de redonner espoir aux habitants palestiniens et israéliens. Aidé par d'autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation prend petit à petit les couleurs d'une toile artistique géante, comme avec l'image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald. Concernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu'un jour, alors qu'il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « vous embellissez le mur ». Banksy, flatté : « Merci, c'est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».
LA CLASSE : En septembre 2006, Banksy "piratait" la sortie du disque de Paris Hilton avec environ 500 disques achetés en magasin, réenregistrés, pochette et photos modifiées, puis remis discrètement, avec code barres d'origine, en vente dans différents magasins britanniques. Les titres de chansons modifiées étaient, par exemple, « Why am I famous ? » (« Pourquoi suis-je célèbre ? ») ou « What have I done ? » (« Qu'ai-je fait ? »). La pochette avec les photos de la star retouchées est estampillée de slogans comme : « 90 % of success is just showing up » (« 90% du succès ce n'est que se montrer »).
IL AIME : Blur (il a réalisé en 2003 la pochette du disque Think Tank) et Alfonso Cuaron (il a participé au film Les fils de l'homme).
TOTAL : 1 - Banksy is in da house !
DAFT PUNK
AGE : Thomas et Guy-Manuel ont la trentaine passée.
POURQUOI ILS SE MASQUENT : La particularité de deux génies de la french touch ? Fuir la célébrité en se cachant sous de suprêmes apparats enfantins: des casques de robots ou des masques. Au fil du temps, l'opinion au sujet du duo français a été moins unanime. Certaines bouches malintentionnées se lassent notamment de leurs opérations marketing égotiques (les dérivations promotionnelles de Human after all). Début de la fin ? Non.
POURQUOI ILS INNOVENT : Depuis leur premier album Homework (incluant Da Funk), les Daft Punk aiment à retranscrire musicalement toutes les choses tordues qui tournent obsessionnellement dans le cerveau et, surtout, prendre des risques quitte à surprendre voire décevoir ceux qui se croyaient confortablement installés sur des rails. Thomas Bangalter et Guy-Manuel De Homem-Christo sont deux têtes chercheuses qui collaborent depuis le début des années 90 : après une première tentative rock sous Darlin' qui n'a pas été fructueuse, ils prennent comme nom de groupe l'insulte d'un journaliste à leur égard (daft punk signifie «punk idiot») et dynamitent la scène électro avec des morceaux mémorables aux influences disco, rock, funk et groove qui ne ressemblent qu'à eux-mêmes, en allant même jusqu'à créer des déclinaisons successful (Mothership Reconnection de Scott Groove, Music sounds better with you, de Stardust).
LE MOMENT DE SOLITUDE : L'aventure cinématographique d'Electroma arrive au moment où les Daft Punk ont sorti un album extrêmement décevant (Human after all) ayant poussé leurs fans les plus irréductibles à découvrir une partie moins connue de la scène électro (les excellents The Hacker et Vitalic, aujourd'hui au sommet). Comme confronté à ses propres limites, le groupe semblait se contenter dans cet album de redîtes approximatives et de morceaux imparfaits avec un arrière-goût de bâclage incompréhensible. En réalité, les Daft Punk semblent fascinés par cette imperfection humaine (d'où le titre de l'album Human after all, pas trompeur sur la marchandise). Depuis cette débâcle, le cinéma est devenu leur support idoine pour raconter cette même quête d'imperfection.
LA CLASSE : Depuis longtemps, Daft Punk et le septième art font des rimes amoureuses mais l'affection est plus viscérale qu'opportuniste. Beaucoup de leurs influences cinématographiques étaient déjà visibles à l'oeil nu dans certains de leurs clips (ambiance d'absurde à la Scorsese dans Da Funk, remake de La tour Infernale dans Burning) ou alors les réalisateurs usaient de formes cinématographiques stupéfiantes (la construction proche de L'île aux fleurs, de Jorge Furtado dans le clip Revolution 909). Après avoir participé à la divine odyssée musicale Interstella 5555 qui pouvait être vue comme une déclinaison du Phantom of the paradise, de Brian de Palma, sublimée par les traits de leur héros Leiji Matsumoto (Albator), les Daft Punk, en pleine space odyssey, ne cessent de surprendre.
ILS AIMENT : Elodie Bouchez (la femme de Thomas Bangalter) et les robots...
SCORE - 1. Au concours de la discrétion, une réussite !

L'histoire : Thierry Guetta est un Français qui a réussi dans le commerce à Los Angeles. Cet excentrique décide de tout abandonner pour filmer les maîtres du Stree[…]
