Cette semaine, le clash oppose deux membres du jury du prochain festival de Cannes : le ténébreux Jude Law et la somptueuse Uma Thurman. Un clash méga glam et classe.

Par La REDACTION - publié le 10 mai 2011 à 00h45 ,
MAJ le 10 mai 2011 à 01h09 - 0 commentaire(s)
Jude Law Venise 2007

 

JUDE LAW

 

DATE ET LIEU DE NAISSANCE : le 29 décembre 1972 à Londres.

 

LES DEBUTS. Membre du National Youth Music Theatre dès l'âge de 12 ans, il abandonne l'école à 17 ans pour jouer dans un soap opera (Families) à la télévision. Il reviendra au théâtre dans Parents Terribles de Jean Cocteau, la pièce est jouée à Broadway et Jude Law est nominé aux Laurence Olivier Awards dans la catégorie meilleur espoir.

 

SON GENRE A LUI. Jude semble s'être fait une spécialité des films de science-fiction qui ont compté ces dernières années. On peut le voir en effet dans A.I. de Steven Spielberg, dans Existenz de David Cronenberg, dans Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol, dans lequel il s'était fait connaître auprès du grand public.

 

SON ATOUT. Capable aussi bien de tourner sous les ordres de Wong Kar-wai (My Blueberry Nights) que de Guy Ritchie (Sherlock Holmes) ou encore Terry Gilliam (L'Imaginarium du Docteur Parnassius), c'est un véritable caméléon capable d'interpréter tout type de personnage.

 

SON FILM CULTE. Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au systeme nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrenée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mysterieux du jeu. La controverse a du bon. Alors que tout le monde s'extasie sur Spider, probablement ce que le réalisateur de Videodrome a fait de pire dans sa carrière, les bobos eux conchient cette formidable réflexion sur les mondes virtuels. Jude Law est bien accompagné de Jennifer Jason Leigh et de Sarah Polley. Et pour citer un membre de la rédaction qui adule ce film jusque dans ses tripes : "un film avec l'immense Jennifer Jason Leigh ne peut pas être mauvais". Pas intérêt à ne pas être d'accord.

 

LE CONTRE-EMPLOI. Jude Law endosse un personnage de tueur vilain et détestable. Mais hélas le film n'est pas à sa hauteur: bien trop conventionnel de la part du réalisateur d'American Beauty. Heureusement que les géniaux Jarhead, Les Noces rebelles et Away We Go sont venus nous rassurer sur le cinéaste.

 

BILAN. La carrière de Jude Law est marquée par son activité intense, par l'intelligence de ses choix qui ne l'ont jamais cantonné à une seule dimension. De ses débuts au théâtre, il a gardé ce goût d'aborder des oeuvres très variées. Peu de comédiens ont l'ampleur du registre qu'il s'est taillé méthodiquement, usant de son physique avantageux quand c'était nécessaire, mais se laissant surtout sublimer par chacun des styles qu'il a pu aborder. La grande classe, en somme.

 

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UMA THURMAN

 

DATE ET LIEU DE NAISSANCE. Un beau jour d'avril 1970, Uma Thurman vient au monde. Sa mère, d'origine suédoise est une extraordinaire beauté. Son père est le premier moine bouddhiste américain, proche du Dalaï lama.

 

LES DEBUTS. A New York, parallèlement à ses études de comédienne, elle devient mannequin. Elle décroche bientôt ses premiers rôles dans Kiss daddy goodnight (où elle est une sorte de femme fatale dont un homme ordinaire s'entiche) et Johnny be good (un film très anecdotique où elle est la petite amie du joueur de foot populaire...). Son projet suivant est beaucoup plus intéressant, Les Aventures du Baron de Munchausen de Terry Gilliam en 1988. Dans l'un de ces projets fous et merveilleusement mégalos dont l'ex Monty-Python a le secret, elle est une beauté à la Botticelli (rappelant d'ailleurs explicitement la Vénus du peintre), dans un beau et déjanté voyage dans le temps et l'espace. Le film demeure un moment magnifique. Son rôle de jeune ingénue dévergondée par le diabolique Valmont dans l'adaptation réussie du roman épistolaire de Laclos, Les Liaisons dangereuses réalisé par Stephen Frears. Elle y est une beauté virginale, manipulée par madame de Merteuil (Glenn Close exemplaire dans ce rôle). Uma est jetée dans les griffes du libertin, encouragée dans sa liaison passionnée avec le jouvenceau Keanu Reeves.

 

LA REVELATION.  Un jeune homme, ancien vendeur dans un video club et cinéphage passionné a fait un premier film Reservoir dogs, très remarqué. Son deuxième opus verra sa consécration et une Palme d'Or décernée par Clint Eastwood himself en 1994. Thurman apparaît déjà en osmose parfaite avec son réalisateur. Dans la peau de Mia Wallace et sous la protection d'un John Travolta des grands jours, elle se déhanchera sur « Girl, you'll be a woman soon », dansera un twist endiablé avec son partenaire très classe, se poudrera le nez avec tant de régularité qu'il faudra la sauver d'une overdose en lui plantant une aiguille géante dans le sternum. Elle est grandiose et impose un jeu carré (je me comprends). Même si le film regorge de performances exceptionnelles, elle est une véritable révélation en muse destroy et branchée.

 

SON ATOUT. Contre toute attente, l'actrice tendant à varier les expériences plutôt qu'à capitaliser sur son succès. Romance sur le lac en 1995 en est la première preuve. Elle partage l'affiche avec Vanessa Redgrave, au bord du Lac de Côme, dans une atmosphère proustienne rappelant fort les romans de Fitzgerald. On est dans le milieu de la grande bourgeoisie des années 30, où Uma éveille le désir d'un homme plus âgé (Edward Fox). Dans Beautiful Girls de Ted Demme, elle est encore objet de tentation pour un jeune homme qui revient dans la petite ville où il a vécu du temps où il était lycéen. Il se trouve pris entre Uma Thurman et Natalie Portman -le pauvre!-. Dans Entre chiens et chats en 1996, elle est la blonde amie de Janeane Garfolo, fille désespérant de séduire un jour Ben Chaplin. On passera vite sur cette comédie plus que convenue. Elle continue en faisant le choix -qui s'avéra assez catastrophique- d'incarner Poison Ivy, dans l'épisode le plus calamiteux de la série des Batman au cinéma (quoique vu au second degré, il soit assez drôle), Batman et Robin par Joel Schumacher. La performance de Thurman est sans doute à sauver de ce naufrage qui a bien failli tuer la belle franchise.

 

SON FILM CULTE. Uma Thurman retrouve son cinéaste fétiche, Tarantino, dont elle est l'amie proche, pour un projet dont ils eurent tous deux l'idée des années auparavant (les émouvantes initiales Q et U accolés au générique de fin en attestent). Il s'agit bien sûr de Kill Bill, et ses deux volumes monumentaux (sortis en 2003 et 2004) qui sont de purs moments de plaisir sous la caméra en liberté d'un fou de cinéma. Ce dernier se permet toutes les audaces, et use de la citation à l'extrême (au point que certains se sont consacrés à toutes les relever). La vengeance de la mariée contre Bill, son grand amour qui lui a mis une balle dans la tête (« bang bang, my baby shot me down ») est un grand moment de jouissance cinéphilique, du fun à l'état pur. Tarantino fait preuve d'une maîtrise assez étourdissante dans sa mise en scène. Thurman épouse de nouveau parfaitement l'univers de son cinéaste, en symbiose totale avec lui, rappelant souvent dans sa diction vengeresse et minimaliste le jeu de Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone. D'une grande dextérité dans les combats du volume 1, impressionnante d'émotion dans le volume 2, Uma Thurman nous met tout simplement K.O et nous fend le coeur à coup sûr avec un sabre « Hattori Honzo ».

 

BILAN. C'est dans des oeuvres audacieuses qu'Uma Thurman a imprimé la pellicule et rayonne véritablement. Elle est trop originale dans son jeu pour emprunter trop longtemps les chemins tous tracés où on a le sentiment qu'elle est sous exploitée. C'est dans le monde étrange et glaçant de Bienvenue à Gattaca, dans le voyage déjanté et onirique de Les Aventures de baron de Munchausen, dans la luxure de les Liaisons dangereuses et bien sûr sous l'oeil génial de son ami Tarantino qu'elle donne tout son potentiel. On espère la revoir dans ces endroits étranges assez vite, les seuls à rendre dignement hommage à sa singulière beauté.


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