Du Péril Jeune à Sweet Valentine en passant par Les Randonneurs et La Vérité si je mens !, retour sur la carrière du génial Vincent Elbaz en classe / pas classe.

Par La Rédaction - publié le 01 juin 2010 à 01h31 ,
MAJ le 01 juin 2010 à 02h07 - 2 commentaire(s)

Du Péril Jeune à Sweet Valentine en passant par Les Randonneurs et La Vérité si je mens !, retour sur la carrière du génial Vincent Elbaz en classe / pas classe.

 

 

Sweet Valentine d'Emma Luchini

 

SWEET VALENTINE PAS SUPER CLASSE (SAUF POUR GILLES B.)

 

La révélation : Vanessa David, une jeune comédienne au physique maladroit tout droit sortie d'un film d'Almodovar, perruque blonde, formes généreuses et yeux exorbités. Elle éclipse totalement Vincent Elbaz par son étrangeté, sa beauté inhabituelle et sa sincérité déconcertante, constamment à la limite du too much. La magie de ce personnage purement cinématographique, capable de s'immiscer dans un deal de drogues et de parler roumain en clin d'œil, sert de fil conducteur à cette presque histoire d'amour qui aurait mérité d'assumer sa volonté de conte de fées tordu et déréglé.  

 

 

Comme les 5 doigts de la main d'Alexandre Arcady

 

 

COMME LES CINQ DOIGTS DE LA MAIN UN PEU CLASSE

 

 Cinq frères qui, malgré les rancœurs du passé s'unissent dans l'adversité afin de sauver l'un des leurs et de venger la mémoire de leur père assassiné : Il faut bien l'avouer, le synopsis du dernier film d'Alexandre Arcady ne brille pas par son originalité. Pourtant, dès les premières minutes le scénario fonctionne. Certes, l'intrigue se met en place très lentement mais ce laps de temps permet au réalisateur de dresser le portrait d'une famille unie autour d'une mère veuve que seules les traditions juives maintiennent encore en vie et d'exposer les principaux rouages d'une fratrie de cinq garçons aussi différents que solidaires. Dès lors l'attachement du spectateur aux protagonistes est immédiat. Si Pascal Elbé excelle dans son rôle de pharmacien prévoyant et anxieux, Vincent Elbaz est parfait en trafiquant traqué et Eric Caravaca et Mathieu Delarive servent à merveille leur rôle de frangins discrets voire un peu paumés. Mais cette fratrie ne tiendrait pas debout sans l'ainé interprété par un Patrick Bruel aussi attachant que charismatique à qui Alexandre Arcady offre sans doute ici l'un de ses plus beaux rôles. Soulignons également la performance de Françoise Fabian qui semble se glisser sans aucune difficulté dans la peau d'une mère désabusée par la vie et anéantie par un secret trop lourd à porter mais qui, malgré ses fardeaux, parvient à rester digne et combattive.

 

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BANCS PUBLICS CLASSE

 

Film d'auteur, au budget certainement restreint, Bancs Publics (Versailles rive droite) surprend tout d'abord par une affiche à faire rougir n'importe quel « blockbuster » français. Il nous est difficile de citer ici tous les acteurs participant, mais nommons simplement, parmi les plus « prestigieux », Chantal Lauby, Josiane Balasko, Benoît Poelvoorde, Michel Vuillermoz, Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Catherine Deneuve, Bruno Solo, Pierre Arditi, Julie Depardieu, Claude Rich, Michel Aumont, Elie Semoun, Nicole Garcia, Emmanuelle Devos, Vincent Elbaz, ou bien encore Mathieu Almaric ! Sachez donc qu'il ne s'agit là que d'une infime sélection et que vous n'êtes pas au bout de vos surprises tant la richesse du casting semble infinie...  

 

TELLEMENT PROCHES CLASSE

 
Les deux réalisateurs mènent de main de maître ce récit coloré, drôle et touchant en rythmant le tout sur une BO à tomber (le Beggin' de Frankie Valli va vous tirer de très grosses larmes...) et dans une sorte de béatitude totale où le manque de réalisme des situations ne fait que servir une euphorie constante où les conventions sont dépassées et les règles oubliées, Tellement proches emballe. Et le casting, habité par cette volonté partagée de nous faire partager ce bonheur personnel et collectif, fait des merveilles. Isabelle Carré se dévoile peu à peu, laissant la place suffisante à son mari, interprété par un Vincent Elbaz tout en finesse, pour déployer ses ailes. Le frère, beauf repenti, est parfaitement tenu par un Demaison absolument irréprochable et follement amoureux d'une Audrey Dana qui illumine l'écran... Puis il y a Omar Sy, parfait en saint-homme exaspéré par la bêtise ambiante et Joséphine de Meaux qui, aujourd'hui, dans le cinéma français, n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de jouer la crise de nerfs. 

 

Les Randonneurs à Saint-Tropez

 

LES RANDONNEURS A SAINT-TROPEZ PAS CLASSE

 

L'erreur rédhibitoire du film réside dans le manque de confiance qu'il accorde à ses interprètes qu'on sent bridés par un scénario paresseux et conformiste. C'est un peu le programme minimum. Non pas que ce soit une mauvaise idée de donner une suite à un film populaire dix ans après, Patrice Leconte en sait quelque chose qui a compris que le public avait envie de voir vieillir les Bronzés en même temps que lui, même si la charge était parfois un peu forcée. L'intérêt de retrouver des personnages réside en effet essentiellement dans l'évolution que leur a fait subir la vie. Or, ici, même si Karin Viard est mariée avec un ectoplasme qui lui donne envie de se prendre pour madame Bovary, que Géraldine Pailhas semble miraculeusement préservée des atteintes de l'âge. Quant à Philippe Harel et Vincent Elbaz s'entendent toujours aussi mal mais continuent inexplicablement à vivre et à travailler ensemble, en perpétuant leur duo éculé du ronchon et du branleur. 

 

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LE DERNIER GANG UN PEU CLASSE

 

L'histoire qu'a choisi de raconter Ariel Zeïtoun est avant tout celle d'une « bande de potes », même s'il s'agit d'une des bandes de gangsters les plus audacieuses et les plus inventives que la France ait connu, responsable, entre autres, de la première prise d'otages de l'histoire du pays. Si la réalisation privilégie l'action avec des scènes rapides et enlevées, les relations humaines n'en demeurent pas moins au centre du propos. Elles sont particulièrement déterminantes pour Simon, le meneur du groupe, campé par un Vincent Elbaz aussi convaincu que convainquant et présent dans presque toutes les scènes. L'amitié indéfectible qui le lie à son « frère » de prison Casa (Sami Bouajila, très juste) lui sert à la fois de garde-fou et de moteur, déterminant dans la ligne de conduite des Postiches. L'histoire d'amour qu'il vit avec Julie (Clémence Poesy), qui lui donne une fille, sert également de point d'ancrage à ce personnage par ailleurs complètement instable. Enfin, le réalisateur a choisi d'insérer dans l'histoire originale un personnage complètement fictionnel : Milan, un flic aux méthodes sans limites, qui fait de la traque de Simon et sa bande une affaire personnelle, une quête obsessionnelle et une raison de vivre. C'est ce personnage qui donne une force inattendue, quoique antipathique, à "l'autre camp", celui de la police, dont les Postiches semblent par ailleurs pouvoir se jouer sans fin.  

 

TEL PERE, TELLE FILLE UN PEU CLASSE

 

Tel père, telle fille, présente toute la fougue et la maladresse des premières réalisations avec ses qualités et ses défauts. Ce qui ressort de prime abord après la vision du métrage est la galerie d'acteurs qui compte Vincent Elbaz, alias Bruno, un rocker "has-been" immature et un brin parasitaire envers son entourage. Sa meilleure amie est campée par Elodie Bouchez devenue attachée de presse pour un magazine de rock. Sans véritable perspective d'avenir Bruno enchaîne les aventures sans lendemains depuis plus de 20 ans. Cela l'amène à rencontrer La Blonde de canal + alias Frédérique Bel, mais l'histoire ne dure que peu de temps. Il erre ici et là jusqu'au jour où une ex-amante, Léa Drucker, le contacte quelques 14 ans après avoir rompu. Elle lui annonce qu'il est père de la jeune Nancy, Daisy Broom tout juste âgée de 13 ans. La confrontation de cet homme immature et égoïste avec sa "nouvelle" fille va l'amener à prendre conscience des autres et des responsabilités qui sont celles d'un homme de son âge. Gravitant dans un milieu bobo parisien qui lui est totalement étranger il va revêtir le costume du père non sans se mesurer à sa fille en peine crise d'adolescence.

 

MA VIE EN L'AIR CLASSE

 

De la collection de Stranges au meilleur pote qui est aussi un gros boulet de première qui squatte l'appart et ruine les tentatives séductrices, en passant par la volonté d'épater sa petite amie en se frottant aux autres et la totale osmose avec une demoiselle pour laquelle on éprouve le coup de foudre immédiat, la description du personnage principal qui revendique le droit d'être égoïste, con et touchant, est faite de petits riens qui font les grands tous de nos vies d'adulescents, pas encore aptes à se frotter aux contingences de la vie. L'identification du spectateur est authentique. Yann (Vincent Elbaz, pour le coup très adéquat) est aussi et surtout un paradoxe ambulant qui va servir la fibre gaguesque du film. Il est instructeur dans une compagnie aérienne mais ne peut s'empêcher d'avoir peur en avion. Façade pour masquer les vraies inquiétudes du jeune homme qui sont contemporaines : la difficulté des hommes à trouver la femme idéale qui ici pourrait peut-être bien s'incarner sous les traits d'une voisine charmante (Marion Cotillard, excellente comme toujours). Le récit à la première personne du singulier évoque un Bridget Jones au masculin ; ce qui peut donner un aspect mode et superficiel. Bezançon n'élude pas tous les pièges de son sujet, notamment dans un épilogue convenu, des passages consensuels et des personnages secondaires pesants (Didier Bezace, Cécile Cassel...). Mais, en l'état, l'énergie de l'ensemble, la causticité du regard et l'abatage des comédiens parviennent à pallier les vignettes sitcoms et la mise en image très télévisuelle. Inoffensif, assurément, mais aussi agréable qu'un bonbon acidulé.
 

LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR UN PEU CLASSE

 

Sur le papier, le récit est abracadabrant, délirant, fou... A l'écran, les Podalydès retranscrivent la sève burlesque d'une enquête policière hautement farfelue. Soyons clairs dès le départ, il est préférable d'avoir vu le premier opus avant de succomber aux nouvelles aventures de Rouletabille, histoire d'avoir déjà goûté à la douce euphorie qui émane de l'adaptation. C'est quasiment le même type de canevas, le même ton, les mêmes personnages, les mêmes acteurs. Mais ceux qui ne l'ont pas vu ne seront pas perdus pour autant. L'introduction du Parfum de la dame en noir, trop explicatif là où il aurait été bon de laisser le voile de mystère planer, reprend à partir de la fin du premier volet et explique l'histoire à son commencement. 

Parfois, l'interaction qui naît entre les différents acteurs présents provoque un simple plaisir de spectateur comme on pouvait en avoir en regardant les Mocky des années 80 (Les saisons du plaisir ou Agent Trouble, pour ne citer qu'eux). Une époque où le mélange des acteurs venus de différents horizons généraient des joies de cinéphile (Jacqueline Maillan et Jean-François Stévenin dans Y a-t-il un français dans la salle ? ; ici, Zabou, Sabine Azéma, Vincent Elbaz et Michael Lonsdale). Pas la peine d'ergoter davantage : Le parfum de la dame en noir est un film d'acteurs qui leur doit beaucoup. D'un bout à l'autre, ils adoptent une mécanique aussi infaillible qu'irréprochable qui consiste à ne pas se détacher du beau lot et de contribuer à une réussite qui ne pouvait être que collective.  

 

 

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NI POUR, NI CONTRE (BIEN AU CONTRAIRE) UN PEU CLASSE

 

Après un générique réussi, Cédric Klapisch décide de nous glisser rapidement dans une comédie noire, où le rire tourne parfois au jaune. Rythmée, vivante et avec ce parfum de naturel qui fait la force du réalisateur, la première heure enchante. Marie Gillain excelle dans son rôle le plus fort depuis L'appât. Sa présence et son fascinant mélange de force et de fragilité gagnent très rapidement l'intérêt du spectateur qui peut immédiatement rentrer dans le film. Le casting masculin devait faire preuve de caractère pour ne pas s'effacer devant tant de talent. C'est donc avec plaisir que l'on retrouve deux membres de la "famille" Klapisch, Vincent Elbaz et Zinedine Soualem, parfaits. Gillain et Elbaz, réunis pour la deuxième fois (après Absolument fabuleux) forment un beau couple de cinéma comme ils l'avaient déjà été au théâtre dans la pièce Hystéria. Quant aux deux autres braqueurs, on peut aisement parler de très bons couteaux. 

 

EMBRASSEZ QUI VOUS VOUDREZ CLASSE

 

De la bourgeoise pincée et faussement gentille, fermant les yeux sur les infidélités de son époux, se perdant dans les bras d'un transsexuel, de la femme fauchée, aigrie, brisée ne supportant plus la médiocrité de sa vie au mari paumé, de la farouche et égoïste adolescente à l'amoureux transi, du détestable matcho à la virevoltante célibataire cherchant désespérément un amant, de l'éternel jaloux à la patiente épouse, Michel Blanc se lance avec humour dans d'insolites mais finalement très réalistes caricatures, dresse un portrait acide des relations humaines. S'il filme tendrement et cyniquement ses comédiens, les poussant à l'extrême dans l'aigreur de leur personnage et orchestrant une véritable chorale dans laquelle chacun a pu s'épanouir, à commencer par la divine Charlotte Rampling, si douce et pourtant certainement la plus perverse, l'impénétrable et déroutant Jacques Dutronc au sourire sombre, l'épatante Karin Viard, irrésistible et ou encore, le couple plutôt inattendu, Bouquet, Blanc absolument décapant, Michel Blanc a su surtout donner un véritable rythme à cette histoire en s'appuyant sur un montage dynamique et percutant, digne des meilleures pièces de Feydeau. 

 

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ABSOLUMENT FABULEUX PAS SUPER CLASSE

 

Cette adaptation de la série culte anglaise avec Josiane Balasko et Nathalie Baye a su conserver l'aspect trash originel, tout en l'inscrivant dans le cadre étroit de la comédie bien franchouillarde. Manque l'essentiel, à savoir qu' Ab Fab, c'était drôle, non ?


LA PARENTHESE ENCHANTEE UN PEU CLASSE

 

La parenthèse enchantée est un film de pur plaisir. Plaisir de voir ou revoir une époque bien particulière où l'amour, le désir et le sexe s'exprimaient en toute liberté, plaisir de suivre un film sans message apparent ou jugement de circonstances et surtout plaisir de voir évoluer des comédiens épatants. Car il faut bien le dire, la réussite du film de Michel Spinosa est dû en grande partie à l'interprétation de ses acteurs. On y retrouve avec bonheur trois des comédiens de l'hilarant Randonneurs : Vincent Elbaz parfait dans son rôle de séducteur macho, Géraldine Pailhas droite et décidée et l'inénarrable Karin Viard. Vous ajoutez à ce trio la belle et touchante Clotilde Courau et l'attendrissant Roschdy Zem (Dieu que son rôle est peu enviable notamment lors des scènes à la clinique du sexe). L'histoire a par moments la désagréable tentation de tourner en rond même si Michel Spinosa a eu la bonne idée de construire son récit en flash-back offrant ainsi une variation salutaire. Tout en cherchant avant tout à nous distraire et nous faire rire, le réalisateur-scénariste fait preuve d'une justesse dans le propos (voir la formidable et jubilatoire scène de socio politique sur le rôle de la femme dans la société) et d'un soucis du détail (on est réellement plongé dans les années 70: le décor plus vrai que nature de la clinique du sexe) qui forcent la sympathie. 

 

QUASIMODO DEL PARIS CLASSE

 

Pour sa première incursion derrière la caméra, Patrick Timsit atteint haut la main son objectif : nous faire rire. Pour autant, son film est bien loin d'être parfait. L'exposition est trop rapide, certains personnages sont sacrifiés et ont peu de choses à défendre (Patrick Braoudé par exemple) et le récit a fortement tendance à tourner à rond par moments. La faute à un manque de rebondissements significatifs (notamment à partir du siège de la cathédrale). Mais le culot de Timsit est de s'être risqué et d'avoir réussi à transposer l'univers de Victor Hugo dans une comédie contemporaine. Pour cela, il fait preuve d'un réel talent de cinéaste (sa mise en scène très visuelle, n'hésite pas recourir à des effets spéciaux soignés et plaisants), d'un choix pertinent dans le casting (Richard Berry dans le rôle de Frello est tout bonnement génial) et surtout, il s'appuie sur des dialogues formidables qui font sans cesse mouche (merci au passage à la verve de Jean-François Halin, un des auteurs des Guignols de l'info) . Au passage, ils permettent d'égratigner gentiment mais avec une belle lucidité la société d'aujourd'hui. Avec Quasimodo D'el Paris, on est loin de la comédie française pépère qui n'ose rien et qui utilise le même moule préfabriqué sans saveur. Le film de Timsit est un vrai film de cinéaste avec de véritables idées de scénario. 

 

La vérité si je mens

 

LA VERITE SI JE MENS CLASSE

 

Réalisé par Thomas Gilou en 1997, La Vérité Si Je Mens fut l'un des plus grands succès français de l'année avec près de cinq millions de spectateurs !! Largement mérité. L'histoire raconte celle d'Eddy (jeune provincial monté à Paris) qui, à la suite d'un quiproquo, est embauché en tant que manutentionnaire dans un entrepôt de tissu tenu par Victor Benzakhem. Ce dernier croit en effet qu'il est juif. Entouré de brillants comédiens, Richard Anconina, Bruno Solo, Richard Bohringer, Elie Kakou, ou bien encore Vincent Elbaz, Garcia tire véritablement son épingle du jeu, en interprétant le personnage de Serge Bénamou, cousin de Patrick Abitbol alias Gilbert Melki. Ces deux derniers forment un duo impeccable, à tel point qu'ils deviendront les vedettes du second volet. Précisons qu'à l'origine, le comédien avait postulé pour jouer Eddy. Pour notre plus grand bonheur, Gilou eut une bien meilleure idée... L'un des rôles majeurs dans la carrière de Garcia ! Culte, culte, culte !! 

 

LES RANDONNEURS CLASSE TOURISTE

 

Cinq ans plus tard, Poelvoorde a été adopté en France via Canal + qui en a fait un remplaçant des Nuls. Le masque du clown commence néanmoins à se fissurer avec le film de Philippe Harel, où il fait crapahuter deux couples parisiens dans les montagnes corses. Et s'en tire plutôt mieux que ses partenaires en apportant au film, en pilote automatique, une forme de roue libre. Joli succès à l'époque, Les randonneurs a manqué d'endurance, vu d'aujourd'hui, à l'époque ça passait pour du joli clonage des comédies de Pascal Thomas, aujourd'hui c'est pire que les derniers Patrice Leconte. Quoique le rôle de Poelvoorde atteigne par instants la même mélancolie que celle, sous-estimée, d'un Jugnot quand il est à son meilleur.

 

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LE PERIL JEUNE CLASSE INTEMPOREL

 

Bruno, Alain, Léon et Maurice ne se sont pas revus de puis le lycée. C'est à l'occasion de l'accouchement de Sophie qu'ils se retrouvent à la maternité. Ne manque à l'appel que Tomasi, décédé un mois plus tôt et père du nouveau-né. C'est en attendant la naissance de ce dernier que le groupe d'amis se remémore avec nostalgie leurs souvenirs de lycée et se replonge au cœur des années 70. Le péril jeune constitue le film de toute une génération. Celle qui a assisté ou participé aux évènements de Mai 68 pour quelques années plus tard voir peu à peu leur revendication s'étioler au fil du temps qui passe au profit d'un individualisme propre aux années 80. C'est certainement avec une pointe de nostalgie qu'il dresse le portrait d'une bande de "potes" plus soudés que jamais par une époque particulière en dépit de personnalité différentes. L'alchimie entre les jeunes comédiens fonctionnent si bien que l'on ressent littéralement leur émotions. Romain Duris, dont c'est le premier film crève particulièrement l'écran en écorché vif/fumiste de premier ordre. On ne peut que se reconnaître dans la réflexion de l'un ou de l'attitude d'un autre tant le discours est sincère et empreinte dans les souvenirs du réalisateur et ses scénaristes.

 

Cédric Klapisch réussit ce tour de force de passer de l'éclat de rire sincère à l'émotion la plus touchante sans que ces transitions ne soient jamais visibles a l'écran. Sa mise en scène est simple et efficace, évitant soigneusement la moindre redondance ou l'effet de style pour toujours aller à l'essentiel. Fluide, elle bénéficie en outre d'une bande son à toute épreuve (un élément récurrent dans le cinéma de l'auteur). Le metteur en scène de L'Auberge Espagnole réalisait en 1993 son premier long métrage, Riens du tout , pour ensuite répondre à une commande de la chaîne de télévision Arte dans le cadre d'une série sur les années lycée. C'est ainsi que Klapisch pensa à cette histoire originale et émouvante du Péril Jeune. C'est avec sa réalisation qu'il souligne un peu plus de sa patte de réalisateur hétéroclite qui n'hésite pas à marier l'humour et la gravité avec une aisance indiscutable. Le Péril Jeune marque aussi sa rencontre avec Romain Duris (et dans une moindre mesure Vincent Elbaz) qui depuis l'accompagne tout au long de son parcours cinématographique. (A l'exception de Ni pour ni contre).

 


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