En une dizaine d’années, il est devenu l’un des acteurs comiques américains incontournables du grand et du petit écran. On se demande pourtant comment on a pu se passer de lui aussi longtemps, puisque ce n’est que vers 40 ans que Steve Carell a vraiment explosé, dans des rôles à chaque fois originaux et qui pourtant reprennent souvent les mêmes caractéristiques : le gentil loser, qui est finalement beaucoup moins niais que ce que l’on aurait pu croire.
Preuve de sa réussite et de la reconnaissance de son talent de comique, Steve Carell est souvent cité parmi les membres du Frat Pack, cette poignée d’acteurs apparus depuis les années 90 et qui se partagent les meilleurs rôles comiques, tels que Ben Stiller, Owen Wilson ou encore Jack Black.
Né en 1962, Steve Carrell commence sa vie active en tant que facteur, avant de tenter des études de droit. La légende veut qu’il y ait renoncé par manque d’inspiration pour écrire la lettre de motivation nécessaire à la constitution de son dossier. Difficile à croire aujourd’hui, tant l’acteur a de la répartie lors d’interviews... Plus troublant peut-être, cette anecdote ressemble à ce qui pourrait être le début d’un de ces films où il joue le gentil loser !
Les Américains commencent à le voir régulièrement à la télé à la fin des années 90, d’abord dans Saturday Night Live puis lorsqu’il forme avec Stephen Colbert un duo hilarant dans le Daily Show de Jon Stewart, et devient alors le compère des comiques de télé les plus incisifs du moment. S’il fait sa première apparition au cinéma en 1991 dans La p’tite arnaqueuse, c’est avec ses rôles au début des années 2000 dans des films tels que Bruce tout-puissant (et la suite dont il prendra le premier rôle, Evan tout-puissant), Melinda et Melinda de Woody Allen ou encore Ma sorcière bien-aimée qu’on commence réellement à le découvrir de ce côté de l’Atlantique. L’année suivante, on lit son nom en haut de l’affiche dans 40 ans, toujours puceau, et c’est véritablement ce rôle qui lance sa carrière cinématographique en même temps que celle du réalisateur Judd Apatow, dont c’est le premier long-métrage. Derrière un titre qui pourrait laisser présager du pire, le film (que Steve Carell a co-écrit) est aussi drôle que touchant.
Parallèlement, à partir de 2005 Steve Carell devient indissociable de son personnage de Michael Scott dans The Office, adaptation américaine de la série britannique du même nom. Dans cette série tournée comme un documentaire, il interprète le gérant pas vraiment charismatique de la société Dundler Mifflin, qui pense être le meilleur ami de ses employés alors que ces derniers ont une tout autre opinion. Excellent dans ce rôle qui semble avoir été écrit pour lui, Steve Carell remporte en 2006 le Golden Globe du meilleur acteur dans une série comique : alors que The Office se revendique comme une série d’ensemble qui ne met pas en avant quelques personnages mais tout un groupe, c’est bien le talent et la personnalité de Steve Carell qui sont reconnus à travers cette récompense.
Lorsqu’il s’éloigne un peu des rôles comiques pour s’essayer en 2006 à la comédie dramatique avec un film indépendant, Little Miss Sunshine, Steve Carell reste néanmoins dans le rôle du loser. Cette fois, il s’agit d’un personnage secondaire (l’oncle Franck) mais particulièrement touchant, interprété tout en finesse. Son jeu très juste dans ce rôle d’intello mal dans sa peau, face à une Toni Collette toujours impeccable et à Abigail Breslin qui a explosé avec ce film, montre une fois de plus l’étendue du talent de Steve Carell.
Dans Coup de foudre à Rhode Island, il s’essaie à la comédie romantique en donnant la réplique à Juliette Binoche. De prime abord, on n’aurait pas forcément parié sur un couple aussi… dépareillé. Pourtant, et malgré un scénario couru d’avance, Steve Carell s’en sort très bien et est même beaucoup plus à l’aise que Juliette Binoche dans ce triangle amoureux où il interprète un père de famille veuf qui se croit incapable de retrouver l’amour, jusqu’à ce qu’il tombe fou amoureux de… la fiancé de son frère. Parce que c’est ça, que l’on aime chez Steve Carell : un type dans la moyenne qui se retrouve ou se met lui-même dans des situations compliquées. Il devient alors un loser héros malgré lui, rôle qu’il reprendra notamment dans Max la Menace et Crazy night et maintenant Crazy, Stupid, Love.
Sa simplicité, son aisance pour passer du drôle au dramatique avant de revenir au ridicule, font de Steve Carell un acteur attachant, capable de porter un film sur ses épaules et de savoir nous faire rire même quand le scénario n’est pas à la hauteur.
Bande-annonce de Crazy, Stupid, Love :

L'histoire : A tout juste quarante ans, Cal Weaver mène une vie de rêve - bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite am[…]
