Par Florent Kretz - publié le 23 juillet 2008 à 09h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h37 - 2 commentaire(s)
Aux yeux de tous et pour encore bien longtemps, David Duchovny risque de rester assimilé au personnage de Fox Mulder dans la série culte des années 90, un rôle qui l’aura véritablement catapulté en l’espace de quelques mois au rang de star mondiale. Pourtant, l’acteur, par différents choix se soldant souvent par des échecs, tente comme il peut de faire oublier un peu ce fameux Mulder dans l’ombre duquel il vit. L’initiative de participer au grand revival X-Files de cet été ne risquant pas d’améliorer les choses, elle nous donne pourtant l’occasion de revenir brièvement sur ses débuts et les versants de sa carrière un peu moins connus.



Même si pour l’ensemble, la carrière de Duchovny semble ne commencer qu’à partir de 1993, année où il frappera fort sur deux tableaux (cinéma et télévision), ce serait pourtant occulter quelques années de galère pendant lesquelles l’acteur se contentait des miettes de casting. Il faut aussi reconnaître que celui-ci ne s’était pas vraiment destiné vers une profession dans l’art du spectacle. En effet, natif de New York, le futur interprète culte est né en 1960 dans une famille d’immigrés (un père juif d’origine russe et mère d’origine écossaise) et grandit dans les rues de Brooklyn avec ses deux frères et sa sœur, quartier où leur père est publiciste. D’une nature réservée et passant son temps à observer ce qui l’entoure, ses frères et sœur le font même passer pour demeuré, fait dont il prouvera le contraire quelques années plus tard puisque quittant New York pour se lancer dans de longues études censées faire de lui un enseignant. Ainsi, il part quelques années à Princeton où il obtient une maîtrise en littérature anglaise puis une à Yale qu’il quitte pourtant sans avoir totalement fini son cycle d’étude, découvrant alors l’art dramatique. Passionné par les planches où il fait ses premiers pas, il abandonne tout pour se consacrer uniquement à sa nouvelle vocation d’acteur. Courant 1987, enchaînant les pièces dans l’état de New York, il finit par accepter de se présenter à un casting que lui avait proposé un ami, une compagnie de bière recherchant un comédien capable de jeter un Bretzel dans les airs et de le rattraper avec la bouche. Duchovny étant définitivement polyvalent il obtient le rôle qui marquera sa première vraie prestation publique. Continuant ses tournées théâtrales dans lesquelles il s’améliore et se révèle -telle que « The Copulating Mermaid of Venice, California » dans laquelle il joue nu-, il arpente les castings à la recherche de n’importe quel rôle pouvant l’amener à être remarquer, ce que ne fera pas, l’année d’après, son apparition quasi invisible dans Working Girl aux cotés de Melanie Griffith.

Participant à divers productions plus ou moins fauchées comme New Year’s Day de Henry Jaglom ou Denial en 1990, figurant sur Bad Influence de Curtis Hanson, il parviendra tout de même à trouver un rôle dans la seconde saison de la série culte Twin Peaks dans laquelle il interprètera un agent du FBI transsexuel côtoyant Dale Cooper. Lui faisant rencontrer du monde et serrer quelques mains, son rôle lui permet d’obtenir un peu plus de crédibilité lors des castings et ainsi durant deux années, il enchaînera les seconds rôles à la limite de l’invisibilité à l’exception peut être de son rôle de caméraman sur Chaplin au côté de Robert Downey Jr. Officiant en tant que narrateur sur une série érotique nommée Red Shoe Diary, ce qui lui permet d’avoir un revenu fixe, il commence à se faire remarquer dans des productions moyennes comme le film canin Beethoven ou une énième adaptation des profanateurs de sépultures pour la télévision. 1993 marquera donc sa carrière d’un grand tournant puisqu’il commence par rencontrer Dominic Sena qui lui offrira la tête d’affiche de son thriller brutal Kalifornia aux côtés d’un Brad Pitt en pleine ascension. Excellant dans ce rôle de journaliste/écrivain névrosé et passionné par les serial-killers, Duchovny sera pour la première fois véritablement à l’écran et se montrera tout à fait crédible aux yeux de la profession. Continuant à écumer les castings pour les séries télévisées, il accepte de participer au pilote d’une série fantastique dans laquelle il interprète à nouveau un agent du FBI. Commence ainsi l’aventure X-Files sur laquelle nous ne nous pencherons pas plus que ça, chacun sachant que l’avenir de cette série était d’être amenée à devenir l’un des plus beaux moments de la télévision des 90’s. Aussi, continuant à doubler la série érotique qui l’a fait vivre un petit moment, il plonge totalement dans la folie que génèrera la série mythique de Chris Carter, Duchovny devant déménager à Vancouver et devenant une véritable icône.
Pendant plusieurs année, il officiera en tant que Mulder, l’agent parano, l’acteur commençant à se lasser de n’être le comédien que d’un seul rôle et tentant malgré tout de se lancer dans des projets radicalement différents. En 1997, ayant pour partenaire Angelina Jolie, il fait l’expérience Playing God dans lequel il est un chirurgien alcoolique s’acoquinant avec la pègre. Mais le film sera un bide suffisamment conséquent pour que le film suivant de l’acteur soit l’adaptation ciné de la série qui lui a offert la gloire et qui, bien entendu, cartonnera. Le premier rôle qu’il obtient dans la comédie romantique Droit au cœur en 2000 ne fera que confirmer ce qu’il sait déjà: le public le veut en tant que Mulder et pas dans un autre rôle. Commençant sérieusement à vouloir s’éloigner de la série, conscient qu’il risque de se fermer certaines portes s’il reste cloîtré dans son rôle, il accepte de faire une apparition grimée dans la comédie géniale de Ben Stiller, Zoolander, et la même année, il tente le coup avec une comédie fantastique pleine d’extra-terrestres -Evolution de Ivan Reitman- qui fera un bon chiffre au box-office. En 2002 la série se termine tout de même avec un Duchovny de plus en plus absent et qui préfère préparer l’après X-Files. Après un petit tour chez Soderbergh dans son Full Frontal la même année, il se prend quelques mois sabbatiques pour se faire un peu oublier, s’occuper de sa fille qu’il a eu avec sa femme Tea Leoni -elle aussi comédienne- et écrire son premier long-métrage.



L’année 2004 marquera son retour dans les affaires mais d’une manière plus discrètes: il réalise son film Le prince de Greenwich Village pour lequel il revient habiter à New York et dans lequel il fait jouer sa femme et Robin Williams; la même année, il participe au tournage de deux budgets modestes et toujours dans le registre dramatique où il tente de faire ses preuves: Connie & Carla de Michael Lembeck et Chassé-croisé à Manhattan de Bart Freundlich, mais la sympathie que lui accorde le public ne suffit pas et personne ne se déplace en salle. En 2006, il participe au téléfilm The TV Set, Duchovny semblant admettre qu’il n’est, malheureusement, qu’un acteur destiné au petit écran. L’année d’après, il joue dans le film du français Vincent Perez (Si j’étais toi) et accepte le rôle principal de Californication, celui d’un écrivain à succès désabusé et plongé dans une perspective autodestructrice et décalée, bouclant ainsi la boucle qu’il avait ouverte avec Kalifornia. Le succès est à nouveau présent et on entend parler de Duchovny comme s’il n’avait jamais disparu, sa participation au second long métrage tiré des X-Files ne faisant qu’appuyer un peu plus le fait qu’il risque d’être condamné à une carrière tube cathodique. Cependant, la relance soudaine de sa notoriété semble lui sourire puisque l’on entend de plus en plus son nom, non plus pour la télévision mais pour le cinéma, et ce dans pas moins de cinq projets pour les deux années à venir… Souhaitons que cette fois-ci soit la bonne.
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