Par malick - publié le 31 mars 2008 à 15h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 16h37 - 0 commentaire(s)
le 26ème festival du cinéma américain de Deauville a débuté samedi soir. Pendant 10 jours, il offrira un large panorama du cinéma américain (une quarantaine de films) avec ses blockbusters de l'année en avant première, une compétition réservée aux films indépendants et aux courts métrages et des hommages rendus à des célébrités du 7ème art. Cette année, c'est au tour de Clint Eastwood, Samuel L. Jackson, Susan Sarandon, Chow Yun-Fat et Dino De Laurentis d'être à l'honneur.

Pour le programme complet, la compétition et le Jury du Festival, une seule adresse : le site officiel.

De son côté, DVDRAMA a envoyé un journaliste sur place afin de vous faire vivre ce Festival de plus près. Voici donc son premier compte rendu avec ses impressions à chaud :

''Le premier week-end de Festival s'est achevé et il est plutôt de bonne augure pour la suite de la sélection. Ouvert en grandes pompes avec la présence de deux grosses pointures du cinéma dès le premier jour (Clint Eastwood et Paul Verhoeven), ces premiers jours sont plus promotionnels qu'autre chose car la compétition n'a vraiment commencé vraiment que lundi. Nous avons donc droit à une avalanche de films qui sortent en salles très prochainement. Outre le Hollow Man de Verhoeven qui tient beaucoup (mais pas toutes) ses promessses et dont nous reparlons plus en détails à la lumière de la conférence de presse à laquelle nous avons assisté, Clint Eastwood présentait ses Space Cowboys, déjà critiqué sur DVDRAMA à l'issue d'une projection de presse parisienne.

Pour ajouter certains éléments à la critique de Denis, il est possible d'affirmer que Clint Eastwood a réalisé un film mineur dans sa filmographie. Force est de constater que l'homme fonctionne par trio. Aprés les années Impitoyable, Un Monde Parfait et Sur la Route de Madison, trois chefs d'oeuvre absolus d'un homme qui a acquis une maturité et une sensibilité de cinéaste hors pair, on trouve Minuit dans le jardin.., Jugé Coupable et enfin Space Cowboys, trois films légèrement en retrait dans sa filmographie. Comme un aboutissement, Clint met en jeu dans son dernier film rien de plus que son image. Et si la première partie est plus que jouissive, la deuxième est beaucoup moins intéressante (ce qui fait dire à Denis qu'il fait maintenant des films pour ses fans). En prenant le partie de rire de ses vieux cow-boys dont il fait lui-même partie, il instaure une distance avec ses personnages qui laisse à penser qu'il s'agit d'une gigantesque farce (farce qui, entre parenthèses, ne peut avoir lieu pour le réalisateur, que dans un pays comme les Etats-Unis). Mais en se faisant, lorsqu'ils partent tous pour leur mission, on a du mal à le croire et à suivre dès lors, l'évolution de l'histoire même si cette farce se clôture par un dernier plan assez étonnant et désopilant. Reste le plaisir de voir Clint Eastwood jouer de son image face à des acteurs qui n'hésitent pas à lui renvoyer la balle avec efficacité. Même si Eastwood s'interroge toujours sur son pays et les gens qui le peuplent, le scénario n'a pas toujours une étoffe à la mesure de ses ambitions. Mais l'Etoffe des Zéros (nom donné dans le film à leur aventure) résume bien le propos du film et possède une signification particulière lorsque Clint Eastwood en est le héros. La conférence de presse fut d'ailleurs l'exacte prolongement du film où, plus que d'être instructive sur la carrière du réalisateur, elle fut ironique, les intervenants jouant de leurs personnages et de leurs images respectives.



Autre horaire, autre film. Alors que le soleil commençait enfin à poindre sur Deauville, nous nous enfermions, en pleine après-midi pour voir un film arrivé tardivement au Festival (et au casting alléchant) : Kim Basinger, Christina Ricci, Ian Holm. Quelle erreur ! Dès les premières minutes du générique nous avons vite compris que nous allions assisté à un succédané des films sataniques dont Hollywood nous avait abreuvé à l'approche de l'an 2000. Et le nom du réalisteur (Chuck ''The Mask'' Russell) apparaissant, nous étions en droit de nous dire qu'il n'allait pas forcément sauver l'entreprise... C'était voir juste ! Les scénaristes ont pris des morceaux de End of Days et de Stigmata (ceux qu'ils pensaient être les meilleurs. Question : y'en avaient-ils ?) et ont secoué au shaker. Le réulstat : un film abscont, sans intérêt, maintes fois vu, prévisible et invraissemblable qui nous laisse penser que Kim Basinger a du souci à se faire pour la suite de sa carrière. Et le réalisateur n'a fait, par sa mise en scène, que renforcer la mollesse et l'ennui de l'ensemble. Aucune idéé ! Ah, au fait, pour ceux que cela intéresse, donnons quand même le titre du film : Bless the child (l'élue). Tout un programme ! Sortie France le 18 octobre....

Heureusement nous avons pu compter peu de temps après sur un auteur-réalisateur que nous connaissons bien à la rédaction et qui nous a sacrément remonté le moral : Monsieur David Mamet. Son film : State and main (pas de titre français pour l'instant). Un petit film dont il est à la fois le scénariste et le réalisateur et qui raconte, sur un ton ouvertement comique, l'histoire d'une petite bourgade sympathique de la Nouvelle Angletterre dont la vie va être boulversée par l'arrivée en fanfare d'une équipe de tournage... Les habitants vont se laisser tenter par l'effervescence du show-business au détriment de leur vie paisible, ce qui ne va pas aller sans heurts, engendrant des situations cocasses. Joué par des acteurs très convaincants que l'on aime beaucoup (Phillip Seymour Hoffman, William H. Macy, Sarah Jessica Parker), avec des dialogues aux petits oignons et une mise en scène discrète mais intelligente, State and Main est un film léger, plaisant qui caricature à merveille chaque corps de métier d'un tournage sans tomber dans les clichés (trop) faciles. Certes, l'idée n'est pas neuve mais la finesse de l'écriture et la conviction des acteurs emportent l'adhésion. Il faut voir Alec Baldwin jouer la star du film et dont le dada (''On a tous un dada'' répète-t-il sans cesse) est de coucher avec des jeunes filles entre 17 et 20 ans ou les crises existentielles de l'actrice principale, une blondasse convaincue d'être une grande actrice (géniale Sarah Jessica PArker).

Dimanche fut l'occasion de présenter des films à budget plus modéré excepté le remake de Garde à vue de Claude Miller, film français incontournable des années 70, intitulé Under Suspicion de Stephen Hopkins avec Gene Hackman, Morgan Freeman et Monica Bellucci. (critique spéciale à venir).

Assis confortablement dans le grand amphithéâtre, nous avons été les spectateurs privilégiés de Trixie d'Alan Rudolph et d'High Fidelity de Stephen Frears prévus très prochainement en salle.

Concernant Trixie, une production Robert Altman par l'auteur de Mrs Parker and the Vicsious Circle, nous pouvons honnêtement dire qu'il nous est passé au-dessus de la tête tant l'identification aux personnages que le réalisateur décrit a été difficile. Pourtant les acteurs, Emily Watson et Nick Nolte sont admirables. Mais l'histoire de cette flic simple, originaire d'une petite ville ouvrière, vigile dans un supermarché qui se retrouve à la sécurité d'un casino ne nous a pas beaucoup émus. Ce personnage de Trixie joué par Emily Watson est à la fois fraîs et innocent, les pieds sur terre mais l'esprit ailleurs. Le scénario oscille entre histoire d'amour et enquête policière. Mais là où Cookie's Fortune était extrêment réussit, Trixie ne parvient pas à créer l'ambiance qui en aurait fait son charme. Pourtant, Trixie est capable de faire des phrases d'une remarquable lucidité et de réactions totalement en dehors des réalités ce qui nous vaut un excellent personnage de cinéma donnant naissance à des scènes remarquables face à Nick Nolte, le sénateur véreux que Trixie accuse de meurtre. Mais malheureusement, l'histoire de cette vie ratée qui trouve soudain un but autant affectif que professionnel ne parvient pas à nous charmer. Le scénario oppose l'authenticité, l'idéalisme de Trixie au cynisme, mensonges et langue de bois du sénateur. Cette fable sur les difficultés de communiquer des individus dans leurs différences, autant le dire, nous a laissé de marbre.



Après le drame venait le temps de la comédie et connaissant le savoir-faire de Stephen Fears dans le domaine (The Van, The Snapper), nous étions avide de voir son film suivant. Il ne nous a pas déçu. Reposant entièrement sur les épaules de John Cusack, producteur et co-scénariste du film, High Fidelity dépeint la vie d'un collectionneur de vinyles à une péridode où il se remet en question dans sa vie affective. Frears filme avec intérêt les évolutions de son personnage qui revoit tous ses ex-copines au son des musiques qui ont marqué ses aventures. En plus d'une mise en scène qui a fait ses preuves (de longs monologues de l'acteur face à la caméra), High Fidelity est une bonne petite comédie romantique. John Cusack y développe une énergie jouissive et communicative dans son jeu, nous brossant un personnage attachant qui se pose les éternelles questions amoureuses : pourquoi est-ce que toutes mes copines se sont toutes barrées pour un autre ? Suis-je quelqu'un de fidèle? Qu'est-ce que je recherche ? Quel est mon problème ? Pour ceux qui ont des problèmes de couple, ils n'hésiterons pas à y emmener leur compagne, mais attention, l'effet peut être inverse au résultat voulu...

Voici donc quelques mots pour résumer ce premier week-end à Deauville. Nous vous reparlons très bientôt des deux grandes avant-premières "Under Suspicion" et "Hollow Man". En attendant, on ne peut être que satisfait de ce début de manifestation qui alterne gros films et budgets plus modérés et qui ne s'axe sur aucun genre en particulier. La réussite n'est pas toujours au rendez-vous mais qui dit Festival dit panorama... donc tout le cinéma américain, le bon comme le mauvais...''


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