Par Elodie Leroy - publié le 10 mars 2006 à 05h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h49 - 7 commentaire(s)
Après plus de deux heures en voiture à vitesse d’escargot pour cause de pluie battante, nous arrivons à Deauville mercredi en fin d’après-midi.



Mis à part l’ampleur toujours plus importante du festival, nous sommes en terrain connu : le CID avec son lounge bar, les habitués pour la plupart déjà fidèles au rendez-vous… Nous avons tout juste le temps de grignoter et boire un verre au lounge bar, où nous croisons le réalisateur Kim Jee-Woon, arrivé lui aussi pour présenter son chef d’œuvre A Bittersweet Life. Direction la salle de projection du CID où se tient la Cérémonie d’Ouverture du Festival à 20h30. Le Maire de Deauville, M. Philippe Augier, déclare la 8e Edition du Festival du Film Asiatique de Deauville ouverte, ce qui permet d’embrayer directement sur un hommage à Chen Kaige. La carrière du cinéaste chinois nous est introduite par son ami Pierre Rissient, qui le qualifie d’aventurier en le comparant à Cecil B. De Mille. Voir le réalisateur d’Adieu, Ma Concubine, arriver sur scène accompagné d’un extrait de la bande-originale, ça fait quelque chose… Pour couronner le tout, son discours de remerciement est humble et ne manque pas d’humour. Un hommage réussi.
Puis, projection de Wu Ji, la légende des cavaliers du vent que j’ai déjà vu deux fois mais que Caroline découvre pour la première fois dans les meilleures conditions possibles. Son verdict est très positif : Wu Ji n’est pas parfait, mais la splendeur et la puissance émotionnelle des images l’emportent haut la main sur les quelques défauts (les ellipses notamment). Une chose est sûre : il s’agit là d’un film extrêmement singulier qui gagne à être revu. Autre point sur lequel elle me rejoint : l’excellente prestation de Nicholas Tse, tout simplement étonnant.



Le lendemain matin, nous nous retrouvons à nouveau au CID pour la projection du premier film de la compétition : AV, de Pang Ho-Cheung, que j’avais déjà eu l’occasion de chroniquer en DVD et qui m’avait laissé des sentiments mitigés. Mais l’expérience en salle est toujours plus forte et je suis prête à laisser une seconde chance à ce film somme toute original L’histoire est celle de jeunes étudiants de Hong Kong qui engagent une actrice de cinéma porno en lui faisant croire qu’ils veulent tourner un film alors qu’il s’agit simplement pour eux de se faire dépuceler. Comme dans mon souvenir, la réalisation est maîtrisée et la première partie offre quelques bons moments de franche rigolade, dans un esprit frais et décalé. Mais la seconde s’enlise dès lors que le film tente d’aller plus en profondeur, l’approche restant bien trop superficielle voire immature. Caroline est cependant moins sévère que moi et relève quelques aspects intéressants dans les thématiques explorées, ainsi qu’un bon rythme d’ensemble. Selon elle, l’humour est certes parfois vulgaire, voire limite, mais le film a le mérite de renvoyer une image des jeunes – du moins les garçons car c’est un peu moins ça pour les filles - un peu plus « contemporaine » que d’ordinaire dans le cinéma de Hong Kong.



Nous déjeunons avec un lance-pierre – et nous nous faisons d’ailleurs surprendre par un véritable déluge aussi bref qu’intense – et nous retournons au CID pour assister à la présentation du second film de la compétition, Yumeno, un road-movie japonais sur un jeune meurtrier en cavale avec ses otages, une jeune fille dont il a assassiné les parents et un enfant orphelin. C’est apparemment le second film de Yoshitaka Kamada, qui présente son œuvre en compagnie de son acteur principal Katsuya Kobayashi. Kamada salue les spectateurs en français avant de dire quelques mots sur ses intentions de réalisateur et de laisser la parole au comédien, qui tient quant à lui à souligner un point important : s’il y a un oiseau mort sur l’affiche du film, que l’on se rassure, cela n’a aucun rapport avec la grippe aviaire… Pour ce qui est du film, il souffre d’une absence de mise en scène dans sa première partie. Les personnages ne commencent à exister que dans le dernier tiers du film, de belles choses prennent alors forme mais on reste cruellement sur sa faim lorsque démarre le générique.

En attendant la folie du week-end, le programme de ce soir s’annonce réjouissant : nous commencerons par Citizen Dog de Wisit Sasanatieng, et nous enchaînerons avec Loft, le dernier Kiyoshi Kurosawa…
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