Par Vincent Martini - publié le 12 septembre 2008 à 11h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h19 - 0 commentaire(s)
Cinquième jour de compétition à Deauville sous une pluie ininterrompue qui n'incite pas aux joyeuses sorties sur la croisette. Ce qui tombe plutôt bien puisque de nouveaux films ne demandent qu'à être vus. Entre Spike Lee, une entreprise de nettoyages post-mortem, et des tueurs de moutons, quel est le lien ? Deauville bien sûr ! Récit de cette journée dans la suite. Enjoy.

Alors que Romain Le Vern s'apprête à vivre l'impossible avec Ballast, l'auteur de ses lignes a rendez-vous avec Spike Lee qui présente son Miracle à Santa Anna. L'entretien, plutôt succinct, l'homme n'étant pas des plus loquaces, permet d'échanger quelques mots sur son dernier film et d'apprendre que Inside Man 2 attendra encore un peu, faute de script valable. L'ensemble de cette interview sera visible très bientôt sur Excessif.tv.



Pendant ce temps, l'ami Romain sortait de son film avec des maux de têtes carabinés. Nous en déduirons que son visionnage a dû être extrêmement douloureux. Il aura fallu un nombre incalculable d'aspirines pour qu'il retrouve ses esprits. C'est aussi ça la compétition, quelques films exécrables parmi de jolies surprises. Ce n'est pas grave, il se consolera avec son entretien attendu de Antonio Campos, le réalisateur de Afterschool (dont vous pouvez lire nos impressions ainsi que la critique ciné).

Autre univers, autre film avec Sunshine Cleaning, de la néo-zélandaise Christine Jeffs dont c'est ici le troisième film. On se retrouve en plein dans la mouvance de Little Miss Sunshine, à vrai dire même trop pour être honnête, jusqu'au titre, étonnamment proche. Nous suivons l'histoire de Rose Lorkowski, une mère célibataire travaillant comme femme de ménage pour payer l'école spécialisée de son fils, Oscar. Elle décide alors de créer une entreprise de nettoyage très particulière, Sunshine Cleaning. Rose entraînera sa soeur et son père dans l'aventure.

Agréable à regarder, Sunshine Cleaning vaut plus par son très joli duo d'actrice, Amy Adams et Emily Blunt, que par la mise en scène sagement exécutée dans le respect du cahier des charges indie US contemporain. Cette absence de prise de risques achève de rendre ce petit film, certes sympathique, vite oublié à peine sorti de la salle. C'est un peu faible dans le cadre d'un festival international.


Dernière nouveauté de la journée sous forme de flashback puisque nous remontons en 1977 avec Killer of Sheep de Charles Burnett. Nous vous avions parlé du cinéaste hier par sa présence à la projection du dernier film de Spike Lee. Charles Burnett est le cinéaste social de la cause des afro-américains depuis les 70's/80's, il a ainsi témoigné de la cause noire en amont de cinéastes tels que Spike Lee.

Avec Killer of Sheep, il est question du ghetto afro-américain de Watts à Los Angeles où Stan, ouvrier mélancolique, n'arrive plus à concilier ses responsabilités. Epuisé par son emploi dans un abattoir de moutons et par ses devoirs de père de famille, il résiste à la tentation de l'argent facile, sous le regard de sa femme qui n'arrive plus à communiquer avec lui.
L'oeuvre filmée en noir et blanc n'a rien perdu de sa force malgré les trente ans qui nous séparent de sa création. On trouve dans ce film toute cette fureur encore enfouie (et qui éclatera des années plus tard avec la généralisation de courants musicaux politiques comme le Hip-Hop, le Crump), ce cri de rage plaintif qui se perd encore à l'intérieur du ghetto. Le noir et blanc magnifie les contrastes et donne à voir un film dense où l'utilisation des séquences d'abattoir de moutons résonnent avec une violence intacte à mettre en parallèle avec la désoeuvrée communauté noire du ghetto. En définitive, ce film de jeunesse gagne à être redécouvert.



La journée s'achève sans véritable coup de coeur alors que nous arrivons doucement à la fin du festival. Demain, nous serons en effet vendredi, et nous pourrons voir L'Echange de Clint Eastwood, The Girl Next Door, ainsi que la séance nocturne de Sex and the USA, film à l'aura déjà sulfureuse. Qu'en sera-t-il ? Toute la vérité et plus encore ... ce sera en suivant votre incontournable rendez-vous deauvillois proposé en rama-vision exclusivement pour vous. A suivre ...
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