Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 21 janvier 2009 à 02h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h24 - 3 commentaire(s)
Avec la sortie de Diamant 13 dans les salles, c’est à une confirmation que l’on assiste : le retour d’un certain cinéma français, celui du polar. En effet, 36, Quai des orfèvres et MR73 ouvraient déjà des pistes dans lesquelles s’est engouffré entre autres et avec plus ou moins de réussite, Le Deuxième souffle de Corneau.



Les références inimitables du genre

Diamant 13 respire le genre, il transpire de ce qui a fait la force d’un univers référencé, codé et sans autres références que lui-même. Ainsi, entre film noir et polar, le métrage dans lequel s’illustrent Gérard Depardieu et Olivier Marchal, s’aventure dans ce qui fait la force du cinéma d’atmosphère à la française. En effet, tout participe à cette impression rassurante.

Les personnages de ce métrage sont de fait caractériels, solitaires et durs, mais jamais ils ne sont lisses ou sans dimension. Campés par des interprètes de haut vol, tous dégagent à l’écran, une force de conviction et un charisme rares. Et leurs relations au mal et aux femmes font le lit d’un scénario âpre et sans retenu, de ceux que l’on aime à voir s’illustrer à l’écran. Manifestement, Diamant 13 reprend nombre des éléments qui font l’audace des films policiers des dernières décennies et plus sûrement, se nourrit des leçons du film noir dans ce qu’il a de plus radical.



Refusant le binaire et prompt à donner peu de marge à ces personnages de flics complexes, ce drame policier inscrit le pouvoir de franchir les limites et la nécessité de venger comme moteur de son évolution. Dès lors, Diamant 13 n’aura de cesse de questionner à l’aune des actes et du peu de morale des uns et des autres, les comportements déviants de chacun. Sans tomber pour autant dans le pathos ou s’aventurer dans le drame sociologico-psychologique. Ainsi, avec une rare acuité, tout en ménageant suspense et drame psychologique, Diamant 13 suit le sillon d’un certain cinéma français.


Retour à la qualité française et au polar des années 1980

Avec une certaine qualité d’écriture et la volonté assumée de proposer une photographie particulière, Diamant 13 oscille par son esthétique entre deux tendances. Tout d’abord, le polar classique français des années 1980 semble ici revenu à l’honneur avec des personnages si fortement dessinés qu’ils ne sont pas sans rappeler les infaillibles flics portés par Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. Ensuite, il participe dans sa forme et son organisation, d’une certaine qualité française qui traverse les âges, celle qui réunit une ambiance et les archétypes qui la diffusent.



De fait, avec les regrets possibles que cela peut engendrer, Diamant 13 est pourtant ciselé comme l’heureuse synthèse du cinéma policier d’action des années passées et du néo-polar initié par Olivier Marchal. Pour en arriver à quelle fin ? Servir d’écrin à des acteurs fabuleux, certes, mais plus encore proposer une histoire retorse sur la corruption des êtres et de leurs âmes, et les sordides vengeances que cela induit.

Ainsi, Gilles Béat ne déroge pas no à sa volonté de réussir ce qu’il sait faire le mieux, du policier pur et dur. Sans innover mais en faisant ce qu’il sait faire le mieux. Rappelons en effet qu’on lui doit nombre d’épisodes télévisés où s’’illustrèrent les plus grands héros récurrents français (Commissaire Moulin, Une Femme d’honneur, Les Cordier, juge et flic, Navarro…). Mais le natif de Lille s’est illustré par ailleurs avec quantité d’autres projets et notamment une carrière de comédien réalisée en parallèle de celle de cinéaste, d’où sa grande compréhension des acteurs et son envie de les mettre au cœur de son cinéma. Dès lors, entre formatage et cadre parfaitement connu, Dimant 13 se positionne par son rythme et ses choix comme l’une des tentatives françaises les plus singulières des dernières années. En droite continuité avec les repères du passé et le meilleur des films populaires et policiers que l’on a tous aimés.



Reste à goûter maintenant à ce film en salles. Pour donner corps à tous ces échos qui résonnent en nous et confirmer que Diamant 13 n’est pas une vaine tentative de néo-polar parmi tant d’autres.
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