Momo Wandel était le roi du swing et de l’impro. Né en Guinée dans les années 30, il créait sa musique en s’inspirant des chansons populaires ; toujours paré de son saxo. Momo c’était la bonne humeur incarnée dans un grand jazzman inspiré. Toujours prêt à souffler dans son instrument et à voyager sur les notes d’une musique qui remplit toute son existence. Qui le rendit toujours plus curieux et généreux. Divinement heureux.
MOMO LE DOYENUn documentaire de Laurent Chevallier
Durée : 1h23
Date de sortie : 25 avril 2007Momo a été le témoin privilégié de l’histoire de l’Afrique contemporaine : il a vécu le temps colonial avec ses orchestres destinés aux bals de blancs jusqu’à l’arrivée de l’indépendance en 1958, où il restera durant 26 ans dans les orchestres nationaux de la révolution guinéenne du président Sékou Touré. Lorsqu’il intègre la troupe du Circus Baobab (premier cirque aérien d’Afrique noire), comme compositeur et musicien, sa renommée traverse enfin l’océan. Il se produira dans de nombreux pays, toujours enthousiaste et plus que jamais passionné.
Laurent Chevallier voulait rendre hommage à ce grand homme qu’il a si bien connu. « Sa mort, en juin 2003, est arrivée brutalement. Trop brutalement. Il me fallait digérer ça, sécher mes larmes, se souvient le réalisateur. J’étais trop proche de lui pour démarrer ce film tout de suite.j’avais été son complice durant 10 ans. Je n’étais pas son producteur ni son manager mais il voulait que tout passe par moi. Il ne signait ses contrats que si je les avais relus par exemple. Il m’appelait en rigolant « Laurent beaucoup ! ». Il disait qu’il me devait sa deuxième vie d’artiste, il était fier de me montrer la maison, qu’il avait fait construire dans son arrière cour grâce au Circus Baobab. Bref, quand tu es trop englué dans une histoire… tu peux t’y noyer ! L’affect était trop fort. Il faut trouver sa place juste pour pouvoir raconter, sélectionner parmi 40 à 50 heures d’archives personnelles qui étaient toutes chargées d’émotion à fleur de peau… »

Rencontrer sur grand écran un personnage aussi généreux et VIVANT est toujours une expérience importante. Momo et son œil pétillant, son sourire qui swinguait. Mais le documentaire de Laurent Chevallier en manque un peu, de swing justement… On devine et on comprend l’émotion qui a dû l’habiter durant son travail. Mais finalement on se retrouve un peu tiraillés, d’un côté par la voix monotone du réalisateur, de l’autre par l’énergie communicative du doyen guinéen.
Lili DujardinRetrouvez la galerie photos page suivante...