De la promotion de son film à son réaménagement du cinéma virtuel, en passant par la gestion du relief, James Cameron lève le voile sur les coulisses de son film évènement.
Retrouvez la seconde partie de notre entretien avec James Cameron ici
À quelques jours à peine de la fin de la postproduction, un article du Wall Street Journal a prétendu qu'Avatar était très loin d'être terminé...
Cet article sous-entendait effectivement qu'il nous restait trente minutes à fabriquer entièrement à quelques semaines de la sortie, mais c'était évidemment faux. Ces rumeurs tiennent à ma réputation, vous savez (rires). Croyez-moi, l'agenda a été respecté et j'ai connu des situations beaucoup plus stressantes : par exemple, lorsque j'ai fait Terminator 2 : le jugement dernier, nous avons rendu les toutes dernières bobines à sept jours de la sortie du film !
En tout cas, dès sa promotion, Avatar a suscité la polémique, notamment avec l'« Avatar Day »...
Je considère que l'« Avatar Day » a été un vrai succès : 100 000 personnes qui se déplacent pour venir voir quinze minutes d'un film dont elles ne savent pratiquement rien et qui sortira plusieurs mois plus tard, ce n'est pas rien. Pour moi, l'« Avatar Day » a eu beaucoup plus d'impact qu'une simple bande-annonce sur Internet.

Et puis cet événement a montré au public qu'Avatar allait être davantage une expérience inédite qu'un simple film...
Exactement, c'était le but. Avatar est certes un film, mais c'est plus que cela : c'est une expérience à part, à cause de la 3D principalement. Il y a une histoire, des personnages, de l'action, des sentiments, mais il y a également une proposition d'immersion totale. J'ai conçu ce projet pour emmener les gens sur une autre planète. Lorsque j'ai monté le film en 2D, j'ai vu que l'histoire fonctionnait tout aussi bien, mais je me suis aussi rendu compte que l'impact visuel n'était pas aussi puissant. C'est un peu comme lorsque vous regardez un film en DVD : c'est prenant, vous avez la qualité narrative du film mais ce n'est pas aussi puissant qu'au cinéma. Et en cela, l'« Avatar Day » a été un bon moyen de faire prendre conscience aux différents acteurs de l'industrie, et notamment aux exploitants, que la révolution 3D était en marche et qu'elle allait changer la façon de voir un film en salles.
Et la 3D va également bientôt arriver dans les salons des particuliers...
Tout à fait, nous avons d'ailleurs encouragé ce changement important en en faisant la promotion via le futur Blu-Ray d'Avatar, montrant ainsi que la vidéo haute-définition couplée à la 3D représente l'avenir proche du home cinema. Personnellement, j'ai tendance à penser qu'outre le cinéma, les jeux vidéo et les retransmissions télévisées d'événements sportifs vont être pour beaucoup dans le fait d'aider les foyers à franchir le pas et à s'équiper de téléviseurs 3D.
Parlez-nous de la caméra Fusion que vous avez créée pour tourner les scènes live d'Avatar...
C'est une caméra qui permet de restituer l'effet de relief tel que le perçoit l'œil humain lorsqu'il observe son environnement. Nous l'avons créée avec mon associé Vince Pace pour mes documentaires sous-marins et depuis, non seulement nous n'avons jamais cessé de la perfectionner mais en plus, d'autres films ont pu l'utiliser. Ça n'a plus rien à voir avec le bon vieux relief d'antan, qui collait des migraines au spectateur. Je ne veux pas rentrer dans des détails trop techniques mais en gros, notre caméra à deux objectifs reproduit très fidèlement les diverses fonctions d'un œil humain. Le résultat est réellement bluffant et procure un confort de visionnage qui était indispensable sur un film aussi long.


