Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 29 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 29 octobre 2009 à 22h43 - 0 commentaire(s)
"Archie Panjabi m'avait étonné dans le sous estimé Mighty Heart de Winterbottom. J'avais aimé son jeu tout en subtilités, qui ne procède que par touches. Elle était délicieuse et drôle dans le film de Ridley Scott Une grande année. Quand j'ai su qu'elle voulait faire le rôle d'Anna dans Espion(s), j'ai été d'abord surpris puis vraiment ravi ! La rencontre a été un vrai bonheur. Et sa présence sur le plateau m'a souvent calmé, rassuré. C'est quelqu'un d'exceptionnel. Quelques jours avant la fin du tournage, elle nous a emmené en boîte avec une partie de l'équipe technique du film. Ça a été un des moments les plus joyeux et drôles du film."

Nicolas Saada


Connue pour ses rôles dans Un Cœur invaincu et The Constant Gardener, Archie Panjabi s’impose de plus en plus comme une figure incontournable du cinéma anglo-saxon. C’est donc avec plaisir qu’on la retrouve dans Espion(s), le très appréciable premier long de Nicolas Saada en membre émérite du MI-5 prénommé Anna. Revenons donc avec elle sur cette rencontre avec le cinéma français le plus prometteur, avant qu’elle ne nous ravisse encore dans Trahison, le dernier film de Jeffrey Nachmanoff.

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario d’Espion(s) ?
Je ne pouvais pas m’arrêter de lire ! Il était intriguant, amusant, imprévisible, et les personnages étaient formidables. Je voulais absolument faire ce film et avoir le rôle d’Anna. Je devais partir à Los Angeles la semaine où j’ai reçu le scénario, mais je l’aimais tellement que dès mon retour je suis allée à Paris rencontrer Nicolas Saada. Ses idées et sa détermination m’ont beaucoup plu. Nous nous sommes tout de suite entendus sur la vision que j’avais d’Anna. C’est comme si nous suivions la même partition.


Qui est Anna, et quels sont ses rapports avec Vincent ?
C’est une fille intelligente et sûre d’elle-même, mais qui a travaillé dur pour arriver là où elle est. Sa plus grande force est de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain, ce qui la rend facile à vivre. C’est pour cette raison, précisément, que Vincent gagne tout de suite sa confiance, mais elle ne se sent pas obligée de partager toutes ses pensées avec lui, après tout c’est une espionne ! Elle fait de son mieux pour l’assurer qu’elle est à ses côtés.

 


Etait-ce particulier de tourner dans votre pays avec un cinéaste français ?
J’ai toujours été sensible au goût des Français pour la nourriture, le vin, le café et surtout pour leur franchise ! Je suis très nerveuse dès qu’un film où je joue sort en France parce que je sais qu’ils en diront exactement ce qu’ils pensent, mais lorsqu’ils l’aiment, c’est très gratifiant ! Vous pouvez donc imaginer mes appréhensions quand j’ai su que j’allais tourner avec un réalisateur français, mais dès que j’ai rencontré Nicolas, j’avais l’impression que je le connaissais depuis longtemps, et sa nationalité n’avait alors plus d’importance, de même qu’il s’agisse de son premier film. Je tourne rarement en Angleterre, c’était un vrai luxe de pouvoir le faire.

Quel genre de directeur d’acteurs est Nicolas Saada ? Il dégage une énergie douce et apaisante, ce qui permet à tout le monde sur le plateau d’être concentré et détendu. Il fait confiance à ses acteurs, et les respecte, mais il sait aussi ce qu’il veut et ne craint pas d’expérimenter de nouvelles idées. Comme Anna, il comprend très bien les gens, ce qui est essentiel pour un cinéaste.

Propos recueillis avec l’aimable participation de Nicolas Saada, qu’il en soit ici remercié.

 


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