Par Vincent Martini - publié le 28 janvier 2008 à 13h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h41 - 0 commentaire(s)
Pour ce deuxième jour au programme très chargé, nous avons pu voir en avant-première l'attendu The Broken, le rigolo All The Boys Love Mandy Lane, et bien entendu le terrifiant [REC] lors de sa première projection publique. Le succès fut au rendez-vous pour ce dernier. Le public a su apprécié l'ambiance terrifiante distillée par la dernière oeuvre de Jaume Balaguero.
Cette journée fut aussi marquée par le colloque sur le Fantastique et les métamorphoses de la réalité. Les discussions furent passionnantes, sur un ton à l'enthousiasme communicatif. Les sujets abordés passèrent de la mutation du corps adolescent jusqu'aux thématiques du corps adulte malade, en souffrance. Cette troisième journée confirme que nous sommes face à un bon cru 2008 ... Enjoy

JOSHUA : 2/10

Le film raconte comment un fils prodigue, jaloux de sa soeur nouvellement née, va tout faire pour détruire l'image même de son existence jusqu'à désagréger toute la cellule familiale.
Le film est carrément exaspérant ; construit autour d'une famille BCBG type new-yorkaise, l'oeuvre essaie de s'accaparer l'héritage de The Omen (La Malédiction) tout en nous gardant sur un chemin narratif balisé, trop propre. Dans ces conditions – subversion limitée avec une mise en scène académique, trop sage - difficile d'être sorti d'une torpeur qui s'installe et dure pour notre plus grand désespoir. On retiendra un casting évidemment bien senti pour le gamin maléfique, mais rien d'autre.
Joshua convaincra peut-être les couples trentenaires qui pourraient se reconnaître dans ce portrait ? Mais certainement pas les afficionados de sensations fortes et d'expérimentations filmiques. Pour le deuxième jour , le film s'impose comme le moins intéressant en compétition ...


THE BROKEN : 6/10

Le dernier film de Sean Ellis (Cashback) était présenté en avant-première au festival et représentait un évènement plutôt attendu. Une radiologue prend peur de son reflet qui semble laisser échapper un double maléfique d'elle-même. La copie s'attèle ensuite à supprimer toute trace de l'être original. Si il y a bien une chose qu'on ne saurait reprocher au film de Sean Ellis, c'est bien son esthétisme léchée. Oscillant sans cesse entre froideur et chaleur des couleurs, le film étonne aussi par le rythme lancinant imposé par le montage. En outre, il décevra les spectateurs avides de réponses tant le film se montre avare en information factuelle. Ce n'est pas nécessairement un défaut bien qu'on aurait souhaité voir développé un thème important curieusement resté au stade de l'ébauche (la raison d'être des doubles).
Une oeuvre étrange gagnant à être découverte, ne serait-ce que pour sa composition des cadres assez réjouissantes, mais dont la finalité apparaît trop hermétique. L'accueil durant le festival apparaît assez mitigé.
[.REC] : 8/10

Déjà chroniqué dans nos colonnes par notre chèr ami Romain, le film confirme son statut de pur objet ludique de terreur. On embarque durant les 1h20 du métrage sur l'angoissante ligne filmée de Jaume Balaguero et Paco Plaza pour en sortir le coeur en vrille, heureux d'avoir été surpris par une telle maitrise visuelle et sonore. Les réactions dans la salle ont été formidables, allant d'éclats de rire puissants aux sursauts de rangées entières de spectateurs. Je ne compte plus le nombre de fois où mon fauteuil reçut des coups de pieds ... Jubilatoire !


SCHROOMS : 2/10

Après la tornade [.REC], la nuit se poursuivit avec deux slashers dans la pure tradition du genre. Le premier, Schroom, est malheureusement particulièrement mauvais. Il a beau baigner dans une atmosphère de champignons hallucinogènes et de légèreté adolescente, le trip irlandais ne trouve que l'ennui. Tourné dans un esprit post-Saw (entendre par là gros grain, accélérations d'images diverses, montage très cut, couleurs saturées ...), le film se montre trop crétin pour amuser, reposant sur un twist éculé à la mise en scène finalement plate. Une fois les fioritures visuelles enlevées, il nous reste un objet sans âme, aux sous-entendus sexuels tristes, à la trame ennuyeuse. Reste quelques apparitions de némesis biens senties et une discussion métaphysique avec une vache cultivée (spécial dédicace aux bovins qui nous lisent) ... qui auraient très bien pu trouver leur place dans un court ou un clip, c'est donc peu pour un long-métrage.

ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE : 5/10

Après les champignons hallucinogènes de Schrooms, place à la deuxième addiction de la soirée, Mandy Lane. Et on a de quoi l'aimer cette jolie Mandy Lane. Idole virginale du lycée local, sportive douée, blonde ravageuse sous tous rapports, la belle Mandy fait l'objet de toutes les attentions masculines et féminines. Lors d'un week-end à la ferme, le petit groupe va être pris pour cible par un étrange tueur.
A l'heure où l'horreur se fait toujours plus proche de nous, il faut noter que la comédie horrifique continue son bonhomme de chemin et ce slasher se révèle tout à fait sympathique par un côté fun sans prise de tête comme une bulle de champagne. La mise en scène fait la part belle à la magnification de l'héroïne (avec des éclairages hérités des photographies d'Hamilton) et la bande son privilégie une pop-culture ensoleillée et rafraîchissante comme un pastis à l'heure de l'été. Modeste et très direct, sensuel et con, Mandy Lane ne manque pas d'atouts tout en jouant avec certains codes du genre joliment sentis. La manipulation par le sexe, les mises à mort violentes, les jeux de séduction entre les deux sexes, sont autant de facettes exploitées sans ingéniosité notable mais avec la seule envie louable de faire passer un bon moment. Derrière les guimauveries d'apparence de nos chèrs ados se cachent un authentique plaisir du jeu de dupes auquel le spectateur est malicieusement convié. Juste sympa à visionner en sirotant une bonne boisson.
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