Par Frédéric Ambroisine - publié le 01 octobre 2008 à 13h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 16h45 - 5 commentaire(s)
Dans cette deuxième et dernière partie du compte-rendu consacré à la 4ème édition du Far East Film 2002, nous parlerons des films de Hong Kong (photo ci-contre, Carina Lau & Lau Ching Wan dans La Brassière), du Japon (Pink Movies et films ''traditionnels''), et de la Chine (cinéma d'animation et films live contemporains) qui furent projetés durant les 9 jours de festival à Udine (Italie).

  • Anime Made In Hong Kong

    Une des meilleures surprises de la manifestation fut sans conteste la projection de My Life As McDull, un film d'animation tourné à Hong Kong (oui, vous avez bien lu) qui conte la vie d'une mère de famille et de son fils dans un esprit proche de celui de Mes Voisins Les Yamada de Isao Takahata, autant sur la forme (dessin naïfs et caricaturaux) que sur le fond (description satirique de la société moderne et des relations familiales). Evidemment en terme purement technique, le film n'égale pas les productions japonaises, ce qui n'est d'ailleurs pas le but recherché. Par contre, le metteur en scène se permet quelques délires comme l'incrustation de séquences en images de synthèses, de jeu vidéo ''à l'ancienne'' (vous savez les jeux de plateaux sur PC 6128), où carrément d'esquisses au crayon et des images live. On retrouve, de plus, assez souvent l'esprit non-sensique des bonnes comédies cantonnaises du début des 90. Pour info, les principaux doubleurs du film se nomment Sandra Ng & Anthony Wong. Vraiment excellent.


    Un Anime venu de HK : My Life As McDull (2002)

  • Joe Ma & Myriam Yeung : le duo gagnant

    Myriam Yeung, la nouvelle idole du cinéma de Hong Kong n'a pourtant pas beaucoup tourné depuis ses débuts sur les écrans, car à la base, elle chante. 6 films en 6 ans donc pour cette jeune femme qui ressemble à s'y méprendre à Sammi Cheng (Lucky Guy), une autre star dont le charme particulier nous change des top models inexpressifs de ses dernières années (La bande à Gen X Cops & cie). Dans les deux comédies qu'elle tourna avec Joe Ma, Dummy Mommy Without A Baby et Love Undercover, l'actrice dévoile un potentiel comique tout à fait réjouissant. Ses comédies vaudevillesques sont toutes deux basés sur un mensonge. Dans le premier, elle se fait passer pour une femme enceinte afin d'éviter un licenciement. Dans le second, elle doit approcher en ''undercover'' un gangster (Daniel Wu) pour essayer de le compromettre. Dans les deux cas, elle incarne une gaffeuse en puissance, dont le comportement irréfléchi entraîne des situations de plus en plus compliquées et très drôles. Tous les retournements de situations et quiproquos sont parfaitement huilés et s'enchaînent à un rythme d'enfer. Un exemple parmi tant d'autre : Dans Love Undercover, le personnage de Myriam Yeung se fait surprendre dès le début avec son oreillette de flic en trébuchant. Du coup, elle déclare à Daniel Wu qu'elle est sourde d'une oreille. Et ça marche. Et plus l'histoire avance, plus elle gaffe - ses coéquipiers également - plus elle invente des mensonges gros comme des maisons et plus le film est hilarant. Les deux films ayant été de gros succès à Hong Kong, Joe Ma devrait rempiler bientôt pour une nouvelle comédie, qui espérons-le, sera une fois de plus avec la craquante Myriam Yeung.


    Love Undercover de Joe Ma avec Myriam Yeung (2002)

  • Drames soporifiques

    Si la comédie réussit plutôt bien à Joe Ma, ce n'est pas vraiment le cas dans le registre dramatique. Funeral March qu'il tourna l'an dernier, est probablement un des films les plus insupportables dans le genre racoleur. Une jeune femme cancéreuse demande à un responsable des pompes funèbres de lui préparer ses funérailles. Elle a décidé de se laisser aller en ne prenant plus ses médicaments, mais le jeune homme lui redonne goût à la vie et les deux tombent même amoureux l'un de l'autre. La dernière demi-heure est pire que tout (si vous voulez voir le film ne lisez pas la suite) : on apprend que le héros est aussi atteint d'un cancer. La révélation est faite à la façon du 6ème Sens à coup de flash-back explicatif un peu lourd. Le problème avec ce film, c'est que non seulement il en fait trop, mais il ne réussit pas à émouvoir une seconde. On peut donc considérer qu'il est vraiment raté.

    Diamond Hill de Soi Cheang était lui aussi passablement ennuyeux malgré son esthétique travaillé et sa construction narrative un peu expérimentale. Une adolescente (Maggie Poon) adoptée depuis 5 ans par un couple (Carrie Ng & Hui Siu-hung) se comporte de façon étrange et semble cacher quelque chose sous son lit à tiroir. Sa belle-mère décide un jour de remplacer le lit. La fille lui apprend alors que son jeune frère se trouvait à l'intérieur. Elle se met alors à sa recherche. Diamond Hill, c'est un peu comme un court métrage de 15 minutes étiré sur 1h30. Le frère et la sœur se cherche en déambulant toute la nuit dans les rues de Hong Kong. Un troisième personnage totalement inutile (interprété par Cheung Tat-Ming) est censé apporter une touche d'humour à l'ensemble, mais en vain. A éviter.


    Cheung Tat-Ming & Maggie Poon dans Diamond Hill (2000)

  • Jeunes & Romantiques

    Se situant un peu au dessus des deux films précédemment cités, Merry Go-round, le premier long métrage de Thomas Chow, conte deux histoires d'amour en parallèle (une entre deux ados et une autre entre deux gamins). C'est plutôt bien interprété (les jeunes acteurs sont convainquants et Eric Tsang dans le rôle du père est impeccable), filmé ''à la jeune'' (alternance de scènes tournés en 35mm et en DV) mais sans trop d'effets. C'est avant tout un film destiné à une tranche d'âge bien précise (on va dire 12-16 ans pour voir).

    Heroes In Love est un peu plus ambitieux et donne vraiment un aperçu du nouveau cinéma de Hong Kong, celui d'une nouvelle génération de jeune talents. Ce film regroupe en fait 4 histoires réalisés par des metteurs en scènes différents. La deuxième écrite et réalisé par Nicholas Tse et Stephen Fung est, croyez le ou non, la plus intéressante au niveau de l'histoire (un ex-taulard fétichiste des armes pète les plomb) et de la forme. Il bénéficie de plus d'une bande-son vraiment efficace (punk/techno). Dans la première, un garçon manqué kidnappe la femme dont elle est amoureuse. La troisième est une romance un peu plus classique mais qui a un rapport directe avec la première (certains personnages réapparaissent mais ont un rôle moins important comme dans Pulp Fiction) et la quatrième fait une sorte de bilan des trois première dans un montage survolté où il est difficile de tout suivre si on ne maîtrise pas la langue.


    Nicholas Tse uniquement réalisateur sur Heroes In Love (2001)

  • Comédies du nouvel an

    Vous ne comprenez rien au Mah Jong ? Laissez tomber Fat Choi Spirit de Johnnie To & Wai Ka-Fai, film qui intéressera uniquement les connaisseurs. Car en dehors des parties de dominos chinois, il n'y a rien de vraiment notable dans l'histoire qui puisse intéresser grand monde (le film s'est d'ailleurs planté au b.o. local). Comme pour Full Timekiller - réalisé par la même équipe - , Andy Lau se la joue toujours autant en winner souriant façon Tom Cruise. Le seul véritable intérêt qui puisse vous pousser à rester jusqu'au bout, c'est la présence du toujours incroyable Lau Ching-Wan (barbu cette fois-ci), qui cabotine comme un fou-furieux avec ses manteaux de fourrures, ses chaînes en or et son bonnet de rapper. Passons également sur le pitoyable Love & A Diet, une comédie de très mauvais goût sur l'obésité qui fut, elle, un très gros - sans jeux de mots - succès à Hong Kong.


    Gigi Leung & Lau Ching-Wan dans Fat Choi Spirit (2002)

    Interview (ou sommeil) oblige, nous n'avons pas eu l'occasion de voir Dance of A Dream d'Andrew Lau avec Andy Lau et Anita Mui ni Horror Hotline Big Head Monster de Soi Cheang. Mais ce n'est que partie remise puisque ses films sont d'ores et déjà disponibles en DVD All Zone.

  • Boob Movie

    Bien qu'ayant traité auparavant de sujets sérieux (il a surtout réalisé des drames, des films d'actions et des polars), il est surprenant de découvrir Patrick Leung aux commandes d'une comédie comme La Brassière avec le jeune Louis Koo (Legend Of Zu), les belles Gigi Leung et Carina Lau, et le génialissime Lau Ching-Wan. Vous devez une fois de plus vous doutez que c'est ce dernier qui emporte le morceau grâce à une interprétation au top du top. Il aborde en effet avec la même rigueur des films comme Full Alert que cette comédie de mœurs qui ravira les amateurs des films de Russ Meyer. Car dans La Brassière, il est fortement question de poitrines. Lau Ching-Wan & Louis Koo sont deux designers chargés par leur nouvelle patronne (Carina Lau) d'inventer le ''soutien gorge ultime''.


    Lau Ching-Wan & Louis Koo dans La Brassiere (2002)

    Mais les deux hommes sont des machos en puissance qui pensent plus à draguer leurs collègues (ils évoluent avec bonheur dans un univers 100% féminin) qu'à travailler. Mais plus la deadline approche, plus ils se rendent compte qu'ils ne connaissent rien des femmes. Ils vont alors devoir utiliser tous les moyens pour accomplir leurs missions. Si La Brassière n'avait pas été réalisé par Patrick Leung, il est clair que le résultat aurait pu être affligeant. Heureusement, les dialogues sont hilarants, et la mise en scène bien au dessus de la moyenne. Comme pour les comédies de Joe Ma (voir plus haut), il est vraiment incroyable de voir à quel point ces films marchent en public (la salle entière était morte de rire). Le succès du film à Hong Kong donnera lieu à une suite qui reprendra la même équipe et où il sera question cette fois de couches pour bébés (ça promet!).

    Jeunes & Sauvages

    Les films coréens ne furent pas les seuls à assurer dans le rayon plaies et bosses. Dans Somebody Up There Like Me et Born Wild, la baston violente est reine. Dans le premier, Aaron Kwok (dans un de ses meilleurs rôles) incarne un ancien détenu qui devient champion de Kickboxing pour les beaux yeux de sa copine. Mais le frère de cette dernière, qui pratique également ce sport brutal, n'apprécie pas vraiment leur relation. Les deux hommes seront amenés à se rencontrer sur le ring où une situation imprévue se produira. Dans Born Wild, un jeune homme (Daniel Wu) enquête sur la mort de son frère jumeau (Louis Koo) qui se livrait aux combats de rues illégaux. Il tente alors de rencontrer les gens qui le connaissait pour retrouver l'assassin et se lance à son tour dans la baston de rue. Ses deux films plutôt sympathiques à défaut d'être originaux nous rappellent un peu les films de rebelles à la Outsiders, mais ici en beaucoup plus violent. Pommettes éclatés, nez cassés, etc… on a vraiment très très mal pour les protagonistes lorsqu'ils s'en prennent plein la figure.


    Louis Koo & Daniel Wu surimpressionés dans Born Wild (2002)

    Beyond Hypothermia : Version 2002

    Nous étions au bord de la crise cardiaque lorsqu'au début de Beyond Hypothermia, une voix-off anglaise se fit entendre. ''Quoi, une version doublée ?'' En fait non, il s'agissait bien d'une version cantonnaise mais issue d'une copie remasterisée (de chez Metropolitan) destinée au marché occidental où certains passages sonores ont été retravaillés. Donc, hormis la voix off du début, rien ne change à part la musique de fin qui a été modifiée. Et pour une fois ce n'est pas plus mal, car dans la version d'origine, le gunfight final était accompagné d'une chanson romantique qui en rajoutait un peu trop dans le mélodramatique. Maintenant, nous avons droit à une musique plus sobre qui ne modifie en rien l'impact du film sur le spectateur.


    Wu Chien-Lien impitoyable dans Beyond Hypothermia (1996)

    Wu Chien-Lien (découverte dans Salé Sucré de Ang Lee) incarne une tueuse professionnelle solitaire qui n'a pour seul famille que son employeuse. Lorsqu'elle tue un chef de la mafia coréenne, son garde du corps jure de le venger et met tout en œuvre pour se faire, quitte à désobéir à ses chefs pour se livrer à une vengeance personnel. Pendant ce temps, la tueuse se lie avec un commerçant (Lau Ching-Wan) qui ne se doute pas de ses activités… Voir Beyond Hypothermia en salle et mourir ! En moins d'une heure et demi, ce film nous a mis une fois de plus une véritable claque (il était passé il y a quelques années à L'Etrange Festival). La mise en scène est exceptionnelle, les gunfights hallucinants. Il faut voir la scène de poursuite où une horde de gangsters coréens courent à contre sens sur une autoroute en se faisant renverser à la chaîne plutôt que de laisser fuir leur cible. Lau Ching-Wan dont c'était l'un des premiers rôles vraiment marquants (il n'a ici qu'un second rôle) est une fois de plus parfait. Quand à l'acteur coréen principal, c'est un véritable fou-furieux qui donne à son personnage une intensité incroyable. Indispensable !

    Snuff Comedy

    Autre grosse surprise en provenance de Hong Kong, la comédie noirissime You Shoot I Shoot qui malgré la présence des cabots Eric Kot (le mauvais Lawyer, Lawyer) et Cheung Tat-Ming (Big Bullet) s'en sort de façon brillante grâce à un scénario vraiment original.

    Fan d'Alain Delon (et du Samourai de Melville en particulier), un tueur (Erik Kot) reçoit une mission bien particulière d'une cliente. Elle veut qu'il filme son meurtre. Le tueur accepte et se procure une DV avant d'aller exécuter son contrat. Mais le résultat est, selon sa cliente, totalement décevant (mal filmé, mal cadré…). Le tueur décide donc de se trouver un assistant qui filmera les meurtres et met la main sur un jeune étudiant en cinéma motivé, fan des films de Scorsese et qui voit là l'opportunité de percer dans le milieu (il ne sait pas encore qu'il s'agit de vrais meurtres)…


    Un grand moment d'humour noir : You Shoot I Shoot (2001)

    You Shoot I Shoot utilise de façon hilarante le prétexte du film de tueur pour livrer une vision satirique de l'industrie cinématographique de Hong Kong. Plus les héros commettent des meurtres, plus ils essayent de faire évoluer artistiquement leurs films (effets de styles, fabrication maison de steadycams qu'ils accrochent sur leurs futures victimes…). Le sommet est atteint lorsque les deux lascars doivent refilmer un meurtre raté (il n'ont pas prononcé la réplique que leur client voulait) et font appel à des doublures. On sent vraiment à partir de se moment le désir du réalisateur de nous faire partager les véritables ambiances de tournages qui doivent régner sur les plateaux (le tournage prend des proportions imprévues, Le chef de la mafia/producteur veut avoir le ''rôle principal'', on veut virer le ''scénariste'' …). Un des meilleurs films sortis à Hong Hong cette année.

  • Cinema Japonais : Du très bon, du pas mal et du pas bon

    Commençons tout d'abord par la grande déception du festival avec Transparent. Le réalisateur du sympathique Bayside Shakedown et du moyen Space Travelers s'impose avec ce film comme le Robert Zemeckis japonais (comprenez ce que vous voulez). Le film débute pourtant sur une base intéressante. L'histoire se déroule dans un futur proche. Les ''Transparents'' sont des être humains très rares (7 cas connus dans le monde) au QI fort élevé. Leurs particularités : leurs pensés peuvent être entendus de tous. L'armée est chargée de protéger psychologiquement ses ''sujets'' qui ne doivent rien connaître de leurs natures. Le personnage principal incarné par Ando Masanobu (Kids Return, Battle Royale) est un Transparent, qui a décidé de devenir médecin. Une jeune militaire (Suzuki Kyoka) est donc chargée d'infiltrer l'hôpital pour faire un rapport sur le sujet. Comme les Transparent ne sont pas censés pratiquer des activités à risque, elle doit faire en sorte que ce denier ne devienne pas chirurgien…Ça commence comme Truman Show de façon plutôt amusante (tout les membres de l'hôpital entendent les pensées du personnages et doivent ignorer ses propos), puis ça dérive malheureusement dans une avalanche de bon sentiments appuyée par une musique sirupeuse omniprésente. Le réalisateur la joue très soft (le héros n'a jamais de pensées malsaines) à l'Hollywoodienne et sort les violons de façon très insistante pendant les trois derniers quart d'heures (le film fait 2h !). La glorification de l'armée n'est pas non plus très subtile (roulements de tambour continus dès qu'un uniforme est dans le champ de la caméra). Difficilement supportable.

    Le film fantastique The Ying-Yang Master est beaucoup plus intéressant bien qu'un poil trop lent. Il s'agit d'un film en costume où s'affrontent des magiciens à coups de sortilèges en tous genres. Dans le rôle du méchant on est heureux de retrouver Henry Sanada (Ayato de San Ku Kai) qui comme Michael J. Fox semble posséder une éternelle jeunesse. Fées, Démons, Papillons magiques, incantations…Le tout dans des décors d'une beauté sublime. Dépaysant.


    Japanese Fantasy : The Ying-Yang Master (2002)

    Un des favoris de ce festival était l'excellent Laundry, qui conte l'histoire d'un attardé mental travaillant dans une laverie qui se lie d'amitié avec une jeune femme dépressive et esseulée, puis avec un éleveur de pigeons un peu alcoolo sur les bords mais fort sympathique. A première vue, le sujet n'est pas très attrayant, et pourtant le réalisateur réussit à contourner tous les poncifs du genre et fait de Laundry une tragi-comédie absolument excellente où l'on ne s'ennuie pas une seconde (cette fois-ci, on aurait aimé que le film fasse plus de deux heures). La mise en scène est impeccable et les acteurs fabuleux. Les idées visuelles (très bonne utilisation de l'ellipse) et narratives (changement de voix off à la moitié du film etc…) sont originales et font de Laundry un film à voir absolument.


    Laundry, Ichi The Killer et All About Our House

    A Woman's Work et Ichi The Killer nous ont permis de retrouver Shynia Tsukamoto devant la caméra dans des films aux styles totalement opposés. Le premier est une comédie dramatique (la rivalité entre deux sœurs joueuses d'échec professionnelles) sympathique qui ne vaut que pour ses interprètes et de bons dialogues. Le second est un des films les plus barges (mais également ennuyeux) de l'auteur de Audition et Dead Or Alive : Takashi Miike (voir critique : Ichi The Killer).
    Le concept de All About Our House est plutôt sympathique. Un couple veut construire une maison et fait appel à un jeune designer influencé par la culture occidentale. Malheureusement ce dernier n'a pas de permis de construire, et ce sera donc le père du mari qui s'occupera de cette tâche. Evidemment ce dernier veut travailler à sa manière, à la japonaise. Les problèmes ne font alors que commencer. Satisfaisant dans l'ensemble même si la conclusion est un peu douteuse.

  • Les Films Roses

    Du 20 au 24, a été projetée, à partir de minuit et demi, une sélection de 10 ''Pink Movies'', c'est à dire de films érotiques japonais. Ces derniers sont assez récents (le plus ancien date de 1997) et pour la majorité très décevants visuellement. Malgré le fait que la majorité d'entre eux (tous produits par Stance Company) aient été tournés en 35mm, on avait vraiment l'impression d'avoir affaire à des téléfilms. Et bizarrement c'est le seul film tourné en DV (Tokyo Erotica) qui a fait preuve d'une réel ambition artistique au niveau de la narration et du montage. Le film le plus délirant de la sélection était sans aucun doute Glitter, un film se déroulant dans un futur proche où l'on découvre une galerie de personnages patibulaires qui semblent tout droit sortis de Ken Le survivants. Mention spéciale à l'acteur teint en rouge qui en fait des kilotonnes en mafieux excentrique. Les films les plus violents et glauques de la sélection étaient No woman No Cry et Despite All That. Le reste était plutôt moyen mais assurait son quota de scènes chaudes (c'est le but de ce genre de film à la base...).


    Glitter, Tokyo Erotica et Moans From Next Door

  • Cinema Chinois : mouais

    La meilleure surprise en provenance de Chine populaire s'appelle One Hundred et conte l'histoire de deux adolescents de 17 ans qui rêvent d'entrer dans les forces de police. S'il réussissent à arrêter 100 voleurs, alors ils auront une chance d'être accepté malgré leur jeune âge et de porter l'uniforme. Les deux autres films à se distinguer étaient Spring Subway (chassé croisé amoureux un peu à la Wong Kar Wai) et la sympathique comédie The Marriage Certificate. Le reste des films proposés étaient des drames de facture classique (Love Of Blueness) voire propagandistes.


    One Hundred, Spring Subway et Love Of Blueness

  • Animation chinoise : bonheur !

    Côté rareté, nous avons été servis avec plusieurs trésors de l'animation chinoise. Tous n'étaient pas sous-titrés en anglais - mais les italophones avaient la possibilités d'avoir une traduction simultanée via un petit boîtier et un casque - comme par exemple Uproar to Heaven qui est en fait le titre anglais du Roi Des Singes (sorti en VHS chez Haxan il y a quelques années) ou quelques courts métrages dont il était facile de comprendre le sens comme Where is Mama de Te Wei (des têtards tentent de retrouver leur mère) ou Wanderings Of Sanmao (l'histoire d'un gamin SDF qui tente de s'en sortir). D'autres courts étaient, eux, sans dialogues comme les amusants Monkeys Fish For The Moon, Three Monks et Super Soap (qui fut diffusé sur Arte).


    Le Prince Nezha & La Princesse à l'Eventail de Fer

    Tous les autres films bénéficièrent de sous-titres anglais dont l'excellent Nezha Conquers The Dragon King (qui bizarrement était en 1.33 alors que la cassette Haxan est en scope). Quel surprise également de découvrir une copie sous-titrée en français avec Princesse Iron Fan (Ia Princesse à l'Eventail de Fer) dont le personnage central est une fois de plus Wukong, le roi des singes qui est ici chargé de trouver, avec ses amis, l'éventail magique qui lui permettra d'éteindre un feu sacré. Parmi les projos ratés : nous regrettons amèrement de n'avoir pu apprécier le film taïwanais (qui fut également projeté à Deauville cette année) ainsi que Princesse Hibuscus (1957). Espérons que des éditions DVD voient le jour dans un avenir pas trop lointain.



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