Par CL - publié le 22 mai 2006 à 11h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h56 - 4 commentaire(s)
La sortie imminente de Fast and Furious : Tokyo Drift (Justin Lin) aux Etats-Unis le 16 juin prochain (peu après Cars de John Lasseter !) n'avait pas l'air d'emballer grand monde, jusqu'à ce que quelques rumeurs bizarrement élogieuses égrenées à l'issue de récentes avant-premières ne commencent à pointer le bout de leur nez, bouleversant les croyances des plus réticents. Non seulement certains avancent que ce troisième opus serait largement à la hauteur du premier (ceci s'adressant évidemment à ceux qui ont aimé le film de Rob Cohen) mais d'autres vont même jusqu'à affirmer qu'il lui est en tous points supérieur. On a envie d'y croire. Pourquoi ? Parce que Fast and Furious : Tokyo Drift parle de drift, comme son titre l'indique, et que les bien maigres tentatives pour retranscrire toute la beauté de cette discipline spectaculaire et fabuleusement cinégénique ont lamentablement échoué, pour le plus grand malheur des aficionados.


Shaun Boswell, un adolescent solitaire, ne se passionne que pour une seule chose : les courses automobiles illégales. Après avoir commis un délit qui pourrait lui valoir une peine de prison, il est envoyé au Japon chez son oncle. C'est à cette occasion qu'il fréquente le milieu des street racers de Tokyo et se retrouve aux prises avec un certain Drift King, membre des yakuzas.

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de drift (en anglais, to drift veut dire "dériver") et se demanderaient en quoi cette discipline peut bien différer de la course de bolides pure et simple, un tout petit rappel s'impose. Apparu durant les années 60 au Japon lors de courses illégales pratiquées sur les cols de montagne, le drifting ne s'est vu promu à un niveau professionnel qu'en 2001 avec la création d'un championnat, le D1 Grand Prix, parrainé par Keiichi Tsuchiya, surnommé le "Drift King" et père du drift moderne. Ce championnat s'est vu très vite importer aux Etats-Unis sous le nom de Formula D. Selon la définition officielle, le drift consiste à négocier un parcours, soit sur route fermée soit sur circuit, en dérapage intense mais contrôlé, avec le plus beau style possible, la plus haute vitesse, la plus pure trajectoire et l’angle de dérapage le plus fort.


Côté cinéma, on ne voit jusqu'à présent que la tentative ratée d'Andrew Lau et Alan Mak d'adapter l'année dernière en live l'excellent animé Initial D (en cours depuis 1998), série qui a largement participé à populariser la discipline en dehors du cercle des pratiquants. Gâchant sans complexe le boulot des cascadeurs sur les battles à grand renfort d'effet MTV du plus mauvais effet (ralentis incongrus, voire arrêts sur image en plein milieu d'une accélération), le duo hongkongais de choc n'avait pas réussi une seule seconde à faire monter l'adrénaline, là où la série animée à petit budget y parvenait superbement en dépit d'une 3D foireuse dans les premiers épisodes.

Si Fast and Furious : Tokyo Drift tient ses promesses côté sensations et esthétisme des courses, on pourrait plus aisément pardonner un script qui s'annonce sans grande finesse (euphémisme) ainsi que la présence inévitable d'une horde de pauvres filles vulgairement attifées pour un certain public. Selon la rumeur toujours, le film mise sur de vraies cascades et non sur de plats effets digitaux. Sans compter que l'on y retrouvera Sonny Chiba... A suivre.

Sortie le 19 juillet 2006.

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