La Palme d'or a souvent échappé de peu au réalisateur espagnol. Et ce ne sont pas les tentatives qui manquent... Cette année, il retente sa chance. La bonne ?

Par Julien JOUANNEAU - publié le 19 mai 2011 à 00h00 ,
MAJ le 19 mai 2011 à 09h38 - 0 commentaire(s)

Prix du scénario en 2006 pour Volver.
Prix de la mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère.
Hors compétition en 2004 pour La mauvaise éducation.
En 2009, en compétition pour Etreintes brisées, et toujours rien.
Un bilan cannois plutôt « bien mais pas top » pour Pedro Almodovar. Car si passer quelques jours à Cannes s'avère sympathique, rentrer en Espagne sans la Palme doit rester en travers de la gorge. Chouchou des critiques et du public européen, en particulier français, le réalisateur retente sa chance en 2011 avec La peau que j'habite, au risque de devenir une nouvelle fois le dindon de la farce de la compétition. « Je vais au festival de Cannes dans l'intention d'y tenir un bon rôle, mais je ne pense pas aux prix » On y croit... Ou est-ce que le réalisateur se serait fait une raison? En tout cas, le réalisateur a sorti l'arme de compétition massive, Antonio Banderas, son acteur fétiche qu'il retrouve vingt-deux ans après Attache-moi!

La piel que habito de Padro Almodovar

 Un risque cependant, que l'acteur rafle le prix d'interprétation et refasse le coup de Volver, pour lequel les actrices avaient toutes été récompensées, laissant Pedro contempler la Palme de loin. Aujourd'hui, Paris Match note que « Thierry Frémaux, délégué général de la manifestation, a révélé que Wong Kar-Wai, président du jury en 2006, voulait lui accorder la Palme d'Or pour Volver ».

 
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Points négatifs contre le réalisateur, ses déclarations pas forcément appréciées. Pas impossible que ce jeu du « Je t'aime moi non plus » pèse une nouvelle fois dans la balance. En 1992, alors membre du jury, il déclare ne pas trop aimer le principe de la compétition. Pas top. En 1999, il assure que c'est le président du jury, David Cronenberg, qui n'a pas souhaité lui accorder le prix suprême. Pourtant Tout sur ma mère mérite la Palme, car même les réfractaires au cinéma de Pedro Almodovar apprécient le film, un vrai tour de force. C'est en 2009 que le réalisateur frôle encore plus la Palme. Tout le monde y croit, car Etreintes brisées figure numéro 1 de tous les pronostics. Le Nouvel Obs titre alors : « Cette déclaration d'amour au septième art, fascinant jeu de miroirs illuminé par Penélope Cruz, pourrait bien valoir à son réalisateur sa première palme d'or. Enfin ! » . Le site Cine4Me ne voit pas non plus d'autre gagnant: « Si la déception affichée par le metteur en scène lors de ces occasions manquées est à mettre sur le compte d'un certain narcissisme, on pourra néanmoins être frappé de voir cette année, si cela devait arriver, la Palme d'Or encore lui échapper. »

  TF1/LCI Pedro Almodovar Volver

Autre obstacle cette année. Le réalisateur doit affronter des habitués comme lui, les frères Dardenne, Terrence Malick, Nanni Moretti. A une différence près, tous ont déjà été primés, et même plusieurs fois. Alors pourquoi pas encore? Le jury se laissera-t-il amadouer? Le hic est que le dernier film de Pedro Almodovar n'est pas un film de Pedro Almodovar au sens strict du terme. Il s'agit d'un thriller plus classique. Pas impossible qu'il reçoive dans quelques années la nouvelle Palme instaurée cette année, récompensant les réalisateurs qui eux aussi n'ont pas décroché la Palme d'Or. Bernardo Bertolucci en est le premier récipiendaire. De quoi inquiéter Pedro! Un petit signe positif cependant: début avril, le réalisateur et l'Académie des Goyas, équivalent des Césars en Espagne, se sont rabibochés après sept années de brouille. Alors pourquoi pas avec le Festival...Todo es posible!


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