Park Chan-Wook, Sono Sion, Kim Jee-Woon, Hong Sang-Soo, Tran Anh Hung... Ils seront tous à l'honneur au festival de Deauville Asie (du 9 au 13 mars 2011)

Par - publié le 09 mars 2011 à 00h37
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L'EVENEMENT : NIGHT FISHING, LE NOUVEAU PARK CHAN-WOOK EN MODE I-PHONE

Park Chan-Wook revient avec un court métrage, Night Fishing, tourné avec un I-Phone. Il sera présenté lors de la prochaine édition de Deauville Asie dans la section "Panorama".

 

Plus fort encore que les films tournés avec un appareil photo-caméra (le Canon EOS 5D Mark II, déjà utilisé par Quentin Dupieux dans Rubber, Monte Hellman dans Road to Nowhere et Gustavo Hernandez dans La Casa Muda), Night Fishing a la particularité d'avoir été intégralement tourné en dix jours avec des I-Phone 4, toutefois rehaussé par du matériel professionnel pour le montage et le son, pour un budget de 100 000 euros (150 millions de wons), et partiellement financé par l'opérateur local KT Corp, distributeur exclusif de l'I-phone en Corée du Sud. Le récit de ce court expérimental et horrifique se focalise sur un pêcheur qui découvre en pleine nuit le corps d'une femme agonisant au bord d'une rivière.
D'une durée de 30 minutes, ce court métrage, par ailleurs bon coup de pub pour Apple, est sorti dans neuf salles en Corée en Janvier dernier. Au bout du téléphone, on retrouve Park Chan-Wook (Old Boy) et son frère Park Chan-Kyong qui ont préparé ce work-in-progress avec ludisme. Ils ont récemment reçu l'ours d'argent du meilleur court métrage à Berlin. Forcément, les conditions de tournage étaient différentes et le making-of qui circule sur le net le démontre : seulement 80 personnes sur le plateau et une préparation plus instinctive et spontanée. Chaque scène était tournée avec deux I-Phone selon des angles différents et les autres membres de l'équipe pouvaient filmer les scènes avec leur I-Phone. Selon eux, il n'y aurait pas de différences en termes de résolution d'image que s'ils avaient tourné avec une caméra traditionnelle.

 

 

Festival de Cannes - Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon


REGARDS KIM JEE-WOON & HOMMAGE HONG SANG-SOO

 

Deux cinéastes aux styles dissemblables seront à l'honneur de cette nouvelle édition. D'un côté, Kim Jee-Woon, cinéaste de l'excès qui a signé son meilleur film avec J'ai rencontré le diable (6 juillet dans les salles françaises); et de l'autre, Hong Sang-Soo, dont le prochain HA HA HA sort le 16 mars, soit trois jours après la fin du festival.

 

Cold Fish, de Sono Sion

 

LA COMPETITION


BIRTH RIGHT

Réalisateur : Naoki Hashimoto
Histoire :
Depuis quelques jours, Mika observe à distance un couple marié et leur fille Ayano. Elle décide alors de prendre une décision irrévocable. En chemin vers l'école, Mika parle à Ayano, gagne sa confiance et la kidnappe. Elle l'emmène ensuite dans un bâtiment désaffecté et l'enferme à double tour...


BUDDHA MOUNTAIN

Réalisateur : Li Yu
Histoire :
Trois amis, Ding bo, Nan feng et Fatso, ont terminé leur dernière année de lycée. Malgré la pression parentale, ils préfèrent arrêter leurs études et refusent de s'inscrire aux examens d'entrée à l'université. Impatients de voler de leurs propres ailes et de trouver du travail, ils se rendent dans la ville de Chengdu où ils louent plusieurs chambres dans la maison d'une ancienne chanteuse de l'opéra de pékin...


COLD FISH

Réalisateur : Sono Sion
Histoire
: Shamoto tient une petite boutique de poissons tropicaux. il s'est remarié et sa deuxième femme ne s'entend guère avec sa fille, Mitsuko. Un jour, cette dernière va trouver en la personne de monsieur Murata, non seulement un sauveur, mais aussi un homme exerçant le même métier que son père, mais à grande échelle. Il poussera sa bonté jusqu'à lui offrir un travail dans son magasin. Mais monsieur Murata cache de nombreux sombres secrets sous ses manières attentionnées...


DONOR

Réalisateur : Mark Meily
Histoire :
Lizette vend des dvd pirates dans les rues de manille. Devant la recrudescence des descentes de police, elle cherche désespérément un nouveau moyen de gagner sa vie. Elle décide de vendre un de ses reins au marché noir afin d'avoir suffisamment d'argent pour quitter le pays et s'installer à Dubaï.


ETERNITY

Réalisateur : Sivaroj Kongsakul
Histoire :
Dans un petit village à la campagne, un fantôme revient hanter les lieux de sa jeunesse. Il s'appelle Wit et il est mort trois jours auparavant. il se souvient des jours où il était tombé amoureux de Koi, sa future épouse. Il l'avait ramenée chez lui afin qu'elle rencontre ses parents. Bien qu'elle était au départ peu encline à une vie rurale, elle accepta peu après d'y passer le restant de ses jours auprès de l'homme qu'elle aimait...


LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE
Réalisateur : Tran Anh Hung

Histoire : Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s'est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s'installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. il retrouve Naoko, l'ancienne petite amie de Kizuki, qui n'a pas encore surmonté la mort de ce dernier. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et finissent par faire l'amour le soir des vingt ans de Naoko. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension. Lorsqu'enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu'à lui offrir son amour.


SKETCHES OF KAITAN CITY

Réalisateur : Kazuyoshi Kumakiri
Histoire :
Cinq événements en apparence sans importance se déroulent à Kaitan City, une ville du nord du japon. Les tramways filent à travers la vie des personnes liées à ces événements et la neige finit par recouvrir chacune d'entre elles. Chaque protagoniste continue à vivre tout en sachant ce qu'il a perdu, regretté et pleuré. L'ensemble de ces événements est peut-être bien notre propre histoire.


THE JOURNALS OF MUSAN
Réalisateur : Park Jungbum

Histoire : Handicapé par le numéro de sa carte d'identité qui révèle son origine nord-coréenne, Jeon Seungchul peine à trouver du travail et à créer des liens avec les personnes qu'il croise à l'église. Bien qu'il ne soit ni un ancien repris de justice, ni un travailleur immigré, il subit de nombreuses discriminations. a l'image du chien errant qu'il a recueilli, Jeon Seungchul est un marginal au sein de la société capitaliste sud-coréenne.


THE OLD DONKEY

Réalisateur : Li Ruijun
Histoire :
Un petit village à la lisière du désert, dans la province du Gansu en chine. Suite à une nouvelle directive agraire du gouvernement, Zhang Yongfu, un entrepreneur local sans scrupules, achète les terres des paysans, ou du moins essaye de les faire partir, afin de construire une usine de produits chimiques qui rendrait le village prospère. Agé de soixante-treize ans, ma, surnommé « le vieux baudet », fait partie des paysans qui refusent obstinément de vendre ses terres...


UDAAN

Réalisateur : Vikramaditya Motwane
Histoire :
Après avoir passé huit ans dans un pensionnat, Rohan revient dans la petite ville industrielle de Jamshedpur. il se retrouve à l'étroit entre un père autoritaire et un jeune demi-frère, dont il ne connaissait pas l'existence. Contraint à travailler dans l'usine sidérurgique de son père ainsi qu'à poursuivre des études d'ingénieur, il tente malgré tout de forger sa propre vie en réalisant son rêve : devenir écrivain.

 

La ballade de l'impossible

FOCUS / TRAN AHN HUNG & SONO SION, SUPERSTARS

Deux valeurs confirmées présentent leurs nouveaux films en compétition.

 

TRAN AHN HUNG

Le vietnamien Tran Ahn Hung prouve à chaque nouveau film (Cyclo, L'odeur de la papaye verte, A la verticale de l'été) qu'il sait capter des sentiments essentiels dans des séquences qui répondent en apparence à la plus rigoureuse simplicité. Soyons clairs : ce cinéaste-là est un esthète. Un aficionado du plan léché. Un chantre de la rigueur spartiate des plans et de la composition chromatique des décors qui construit ses fictions comme autant d'objets policés qui peuvent légitimement indisposer les uns à force d'esthétisme ostentatoire comme titiller singulièrement la fibre sensible des autres. Alors que son précédent I Come with the rain, avec Josh Harnett, reste inédit en France, Tran Anh Hung témoigne avec cette adaptation d'un best-seller de Haruki Murakami une volonté de chercher des sujets plus profonds. Cette fois, il a réfléchi à une nouvelle façon de traduire l'écriture fluide et mélancolique de Haruki Murakami et l'a envisagé en déclinant les obsessions de l'écrivain (les amours enfuies, le récit embaumé, le cœur infrangible de l'inconscient, la peur du lendemain, les obsessions phalliques), avec sa maniaquerie, sa sensibilité et son formalisme coutumiers. Avec une grande fidélité, il relate l'idylle impossible entre un post-adolescent et l'ex-petite amie de son meilleur ami, suicidé avant d'avoir 20 ans, et en tire un arrache-cœur assez virtuose, hanté par les ombres tutélaires de Salinger et Fitzgerald, où des personnages évoluent comme des fantômes dans un purgatoire de sens.

 

SONO SION

Sono Sion, qui a bâti sa carrière dans l'underground en écrivant des poèmes Baudelairiens sur le spleen, n'opère pas dans les catégories usuelles des fabricants d'images. C'est sans doute pour cette façon que ses oeuvres - les plus inventives que l'on ait vu depuis ces dix dernières années - sont constamment ignorées en France. Tout juste, Suicide Club a-t-il connu une sortie DVD. C'est son film le plus connu et le plus représentatif de sa démarche artistique : simuler les codes du fantastique et de l'horreur pour inviter à une réflexion mélancolique sur notre rapport aux autres. Pourtant, sa filmographie ne se résume pas à ce coup d'éclat qui a par ailleurs connu une variation manga, avec la collaboration de Usamaru Furuya et une prequel (Suicide Club O: Noriko's dinner), revenant aux origines d'une hystérie collective pour broder sur le mal-être adolescent dans un style très littéraire et refléter toutes les pensées obscures que chacun cache par pudeur (peur du regard des autres, inaptitude au bonheur, angoisse de la mégapole et de l'anonymat, mal-être compensé par le virtuel). Avec ces avatars, il a réussi à accentuer le pouvoir de fascination autour de son phénomène en murmurant des vérités. Par la suite, Sono Sion a signé Strange Circus, hélas invisible en France, qui rend hommage au surréalisme Panique (Alejandro Jodorowsky, Fernando Arrabal et Roland Topor) et Exte, un Jap-Horror dans lequel il continuait de fustiger les phénomènes de mode (les extensions capillaires) en séparant l'être et le paraître.

 

suicide_club_2

 

Avec Love Exposure, "hélas inédit en France" bis, il raconte un conte inclassable de quatre heures sur l'amour frustré. Un jeune homme (Takahiro Nishijima, chanteur du groupe de J-pop: AAA), élevé par un père castrateur, se révolte contre son éducation catholique et tombe sous le charme d'une fille (Hikari Mitsushima, vue dans Death Note) assujettie à un culte religieux (Zero Church). Le vice, le péché et la perversion vont alors bouleverser son quotidien. Ce n'est que le point de départ d'une odyssée chapitrée entre classique et J-Pop qui brasse suffisamment d'éclairs de génie, d'idées visuelles, d'intuitions malades et de transgressions hardcore pour que le spectateur passe par une gamme variée d'émotions (rire, larmes, effroi, perplexité) sans avoir le temps de reprendre son souffle. Il y a plus de cinéma dans ces 237 minutes que dans 90 % de la production annuelle. Sono Sion y interroge tout ce que peut le septième art en matière de raccords impossibles, de corps à corps fantasmés, d'expédition sensuelle en zone cinéphile. On regarde ça, les yeux exorbités. Son dernier Cold Fish a déjà été présenté au dernier festival de Sitges et y a fait sensation. A peine a-t-il fini celui-ci que ce stakhanoviste est déjà sur un nouveau projet : Lord of Chaos, un biopic de Varg Vikernes (Jackson Rathbone, vu dans Twilight), leader d'un groupe de black metal norvégien "Burzum", responsable du meurtre d'Euronymous, un autre chanteur. Condamné à 21 ans de prison en 1994, il a récemment été libéré.

 

J'ai rencontré le Diable de Kim Ji-Woon

 

SECTION 'PANORAMA"

As usual, la section "Panorama" propose une foultitude d'avant-premières, parmi lesquelles J'ai rencontré le diable, de Kim Jee-Woon, et Detective Dee, de Tsui Hark.

 

DETECTIVE DEE...

Réalisateur : Tsui Hark

Histoire : En l'an 690, à luoyang, la toute-puissante chine des tang s'apprête à célébrer en grande pompe le couronnement de l'impératrice wu zetian. mais celle-ci ne montera officiellement sur le trône qu'une fois achevée la construction d'un gigantesque bouddha en plein cœur de la cité impériale. l'effervescence est à son comble sur le chantier lorsqu'une série de phénomènes étranges met soudain en péril la cérémonie. l'impératrice wu fait alors appel au seul homme qu'elle estime capable de résoudre l'énigme : dee renjie, alias detective dee...

 

HAHAHA

Réalisateur : Hong Sang-Soo

Histoire : Un réalisateur prévoit de quitter séoul pour vivre au canada. quelques jours avant son départ, il revoit autour d'un verre son grand ami, un critique de cinéma. lors de ce rendez-vous arrosé, les deux amis découvrent par hasard qu'ils se sont rendus récemment dans la même petite ville en bord de mer. ils décident de se raconter leur voyage réciproque à condition de n'en révéler que les moments agréables.
 

J'AI RENCONTRE LE DIABLE

Réalisateur : Kim Jee-Woon

Histoire : Un agent secret recherche le serial killer qui a tué sa fiancée...

 

NIGHT FISHING

(voir intro)

 

OKI'S MOVIE

Réalisateur : Hong Sang-Soo

Histoire : Quatre histoires courtes, « un jour d'incantation », « le roi des baisers », « après la tempête de neige » et « le film de oki », sur l'évolution de deux relations liées à la même femme mais aussi sur la nature du cinéma, les complications de l'amour et la difficulté de communiquer sincèrement.

 

MAUDITE PLUIE

Réalisateur : Satish Manwar

Histoire : Inde. de nos jours. agriculteur dans un village du maharashtra, kisna apprend le suicide d'un ami proche. sa femme, craignant que son mari ne subisse le même triste sort, convainc son entourage de le surveiller en permanence. malgré la sécheresse redoutée, kisna continue à cultiver sa terre. mais chacun de ses faits et gestes est maintenant au centre des plus grandes inquiétudes. surtout lorsque la pluie tarde à arriver...

 

THE PIANO IN A FACTORY

Réalisateur : Zhang Meng

Histoire : La femme dont chen est séparé refait soudainement surface, demande le divorce et la garde de leur fille mélomane. comme sa fille voudrait avoir son propre piano, chen est persuadé qu'elle décidera de rester vivre avec lui s'il arrive à lui en trouver un. il essaye d'emprunter de l'argent et va même jusqu'à tenter de voler un piano, mais ses efforts restent vains. chen décide alors de construire lui-même le piano.


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