29 mars. La nouvelle édition du festival de Paris se tient cette année du 29 Mars au 5 avril inclus. Sauf que, nouveauté, ce n’est plus le "festival de Paris" mais le
festival de Paris Ile-de-France. En effet, la manifestation se déroule dans la capitale mais aussi dans plusieurs villes de la région (Chaville, Courbevoie, Franconville, la Hay-les-Roses, Vitry-sur-Seine, Montereau, Sainte-Geneviève des Bois). En revanche, comme l’an passé, c'est toujours le cinéma Gaumont Champs-Élysées Marignan qui ouvre ses portes pour célébrer ce festival hélas trop méconnu qui a pour mission de donner à voir une multitude de films plus ou moins inédits pour le plus grand plaisir de nos mirettes de cinéphiles lasses de fictions con-convenues. Qu’on se le tienne pour dit.
Le gagnant du précédent festivalL’an passé, le film qui avait remporté tous les suffrages du jury du feu-festival de Paris était
Hypnotic, une sympathique série B de Nick Willing, qui aimait triturer les codes de la psychologie de bazar et les affaires trop privées. Le jury avait sans doute dû être influencé par une voix mystérieuse du public qui, au moment le plus tendu du film (un rat dans le ventre), a hurlé
"Je veux sortir !", ce qui provoqua une hilarité générale dans la salle. Profitons-en toutefois pour rappeler que l’an dernier avait été une année plutôt bonne question films avec une pléthore de découvertes telles que
Save the green planet, de Jun-hwan Jeong, déjà diffusé à l’époque, et le très bon
Old New Borrowed and Blue, de Natasha Arty, deux films qui n’ont pas eu l’occasion de sortir dans l’Hexagone…
Première constatation : en reluquant la liste des films de cette nouvelle édition du festival de Paris, rien n’attire le regard, comprendre qu’on peine à dénicher de potentielles grandes surprises tant la programmation paraît très conventionnelle. Ce ne sont – et je l’espère – que de vilains a priori qui n’attendent qu’à être joliment dégommés. De toute façon, on vous tient au jus puisque votre serviteur sera désormais présent sur place tous les jours pour juger sur place et livrer son petit billet d’humeur sur le festival : ses films, son mood, ses rumeurs…
Le festival de Paris au Gaumont Marignan Champs-Elysées20 heures, je me ramène pour chopper la précieuse accréditation ; et quand ledit journaliste la possède (enfin !), il accumule les clopes devant l’entrée et assiste, ébahi, à un défilé de stars sans précédent. De Marie-Anne Chazel à Vincent McDoom qui rigole de concert avec Inès de la Fressange, en passant par Victor Lazlo, on en prend plein les mirettes. Je rigole, bien entendu. Quelques apparitions sont venues égayer l’ensemble très strass : l’immense Patrick Bouchitey (qui a adoré
Lune Froide, me comprendra). Et bien sûr un PPDA qui sort à la bourre de son JT en sus de quelques jeunes révélations comme les étonnants Jules Sitruk, Osman Elkharraz et Damien Jouillerot.
Film d’ouverture,
Le septième jour, le dernier film de Carlos Saura, auteur certes à l’inspiration déclinante, mais qui ma foi nous a pondus quelques pièces maîtresses dans les années 70-80 à l’instar de l’excellent
Anna et les loups. Le très grand Bernard Montiel qui a présenté la cérémonie en compagnie de Elsa Zylberstein a confessé à plusieurs reprises qu’il s’agissait là d’un film exceptionnel (donc majeur). On avait raison de se méfier.

Dans la chaleur aride de l'Espagne rurale, dans un village, deux familles se disputent depuis des années les limites de propriété de leurs terres. Ces querelles ont déjà occasionné de nombreuses bagarres. Isabel, adolescente et fille aînée d'une des familles, tente de découvrir l'origine de cet horrible conflit... Résultat après deux heures de bobine et pas mal de minutes de retard (sans compter les blablatages inhérents, convenus et mille fois trop longs) ? Déception ! Malgré un José Garcia et une Victoria Abril comme effectivement on les a peu souvent vus au cinéma (noirs, habités, inquiétants), ce trop long-métrage met un certain temps à se mettre en route, se contente d’un faible enjeu dramatique (une vengeance qui se prépare et éclate. Point et pas à la ligne) pour déboucher sur une conclusion aussi sanglante que convenue. Saura n’évite pas toujours les grosses ficelles ni les maladresses et donne à voir au lourd final une espèce de relecture de
L’été meurtrier de Jean Becker avec des relents de western et des personnages secondaires lourdement caractérisés. Inégal et frustrant, on a connu Saura en meilleur forme. Demain
saura un meilleur jour, oui.