Par Caroline Baeyaert - publié le 11 décembre 2007 à 12h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h55 - 0 commentaire(s)
Festival Tous courts

Avant, pendant, après. Présent, passé, futur. A vos marques, prêts… Partez ! ».

Le Festival « Tous courts » d’Aix en Provence vient de récompenser les lauréats de la 25ème édition. Palmarès teinté de noirceur, d’humour et d’espoir pour célébrer un état du monde, en paix, parfois en guerre mais toujours bercé par l’amour de la vie et des sentiments. Le jury professionnel (Chantal Lauby, Marie Bunel, François Peyrony, Christophe Blanc et José Alcala) a décidé de récompenser l’hétérogénéité du court métrage dans la nuit de samedi à dimanche. Histoire d’amour sur fond liberticide ou intrigue téléphonique « surnaturelle », le Festival « Tous courts » interpelle la mémoire, réveille les sens, décortique l’imagination florissante de jeunes réalisateurs plus tout à fait imberbes mais déjà en herbe.


Ozon, Kassovitz, Zonca ou Klapisch font leurs premières dents dans les salles obscures des cinémas aixois. Autant de réalisateurs zélés que de talents bruts. Cette année, le grand prix est décerné à Milan, de Michaela Kezele, l’histoire tendrement déchirante de deux frères dans la Yougoslavie de la fin des années 90. Graffiti de Vano Burduli, est récompensé par le prix jeune et le prix du public. A des années lumières de l’horreur de la guerre et de la tourmente militaire, 4 courts métrages se démarquent par l’originalité créatrice et la griffe affutée de leurs réalisateurs. Photograph, de Sarah Lambert, se termine sur les bruissements plastifiés des paquets de mouchoirs et le reniflement chronique d’une salle émergente. Elaine Lee et Anne Louise Lambert excellent dans la mélancolie de l’histoire d’une mère et de sa fille, pleine de vie et bourrée d’espoir. Un naturel frais et déroutant se dégage de l’interprétation d’une actrice toute jeune, Chloé Berger Jager, dans le court métrage de Claudine Natkin, Même pas mort - diffusé sur France 3 le lundi 4 février dans la nuit du court métrage. Jeux virils pour réveil pas facile avec foulard en guise de dénouement inéluctable. Tanghi Argentini de Guido Thys, sorte d’Amélie Poulain au masculin, tire son épingle du festival et provoque l’hilarité d’un public assoiffé d’humour et d’absurdité. Enfin, Décroche de Manuel Schapira, un réalisateur prometteur pourvu d’une imagination toute en finesse. Il dépeint le quotidien inconcevable d’une jeune fille qui occupe son ennui à appeler la cabine téléphonique en face de chez elle.


Une soixantaine de films sélectionnés sur 1600 courts métrages originaires d’environ 70 pays. La richesse du festival réside dans la diversité des rendez-vous proposés. La compétition internationale est l’un des moyens de profiter du festival mais pas seulement. Le festival réquisitionne des bus aixois pour parler de cinéma, des « aix-périences » revisitent ce que l’on connaît du court, du moyen et même du long. Le 25ème festival célèbre le cinéma européen en évoquant l’avant et l’après Yougoslavie. Nuit du court, tables rondes ou marché du film court surprennent par l’originalité des sujets abordés et l’imagination débordante d’une centaine de réalisateurs nourris par la différence et l’histoire des cultures. Certains s’attardent sur l’intrigue, d’autres sur la réalisation ou l’exercice de style. Autant de formes et de supports que de manières d’appréhender le cinéma. Avec force ou violence, folie ou tendresse, en 16 ou 35 mm, en noir et blanc ou en couleur. Roman photo ou film muet, histoire de « Chimio » ou « Dernière journée », tout est prétexte à choquer, marquer et percuter. Rendez-vous dans un an, prochaine édition, prochaine diffusion…



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