MELISSA LEO, LA REINE DES OSCARS QUI DIT "FUCK"
On a découvert Melissa Leo sur le tard. Dans un film labellisé Sundance : Frozen River. Premier long métrage de Courtney Hunt, du cinéma de femme pour les femmes qui "en ont". Quentin Tarantino a d'ailleurs vanté ses mérites et dit à son sujet qu'il s'agissait du "thriller le plus excitant de l'année". Il suffit d'un premier plan où la caméra balaie le corps meurtri d'une femme, des pieds à sa tête (Melissa Leo, déjà vue dans 21 Grammes et Trois enterrements) pour comprendre qu'il se cache derrière ce simple mouvement une personnalité intransigeante. On comprend aussi, rapidement, que cette femme au regard triste, armée de ses tatouages et de ses bleus au coeur, ne peut pas nourrir ses enfants, paye l'essence avec des pièces de monnaie, se coltine un mari qui dépense égoïstement les économies aux jeux et, à l'aube des fêtes de Noël, n'arrive pas à joindre les bouts. Autopsie d'une crise familiale et d'une crise personnelle pour un personnage en panne de lui-même qui tente de sauver les apparences envers et contre tous. Melissa Leo explose et donne toutes ses tripes à ce film sauvage. Dans Fighter, elle joue la mère possessive de deux boxeurs, à la tête d'une famille matriarcale complètement déboussolée. Récemment, elle a fait parler d'elle pour deux raisons : la première, c'est d'avoir dit le premier "fuck" de la cérémonie des oscars et la seconde, c'est la dimension parodique de sa campagne, qu'elle a payé avec ses propres sous, et dans lequel elle se moque des moyens de promotion pour obtenir la statuette dorée. Preuve qu'on peut avoir passé le stade de jouer les bimbos, on n'en demeure pas moins bonne actrice.
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