Dans
Hannibal Lecter, le formidable prequel du prequel du
Silence des agneaux, Gaspard Ulliel, acteur au physique androgyne, incarne le rôle titre en reprenant le personnage qui rendit célèbre Anthony Hopkins à travers
Le silence des agneaux, Hannibal et
Dragon Rouge. Retour sur le parcours d'un acteur français très impressionnant qui confirme bien son talent...
Fils de stylistes, Gaspard Ulliel a grandi dans le milieu de l'art. Il a commencé à marquer les spectateurs en tournant dans un téléfilm
Une femme en blanc, avec Sandrine Bonnaire, où il a beaucoup appris sur le milieu. A l'époque, il n'était alors qu'au collège. Au commencement, le petit Gaspard voulait être metteur en scène. Finalement, il sera acteur : après quelques stages d'été au cours Florent, il découvre et étudie le cinéma à l'Université de Saint-Denis. Et c'est la télé encore et toujours qui le distingue des autres acteurs. En effet, il est remarqué sur le petit écran dans la série Julien l'apprenti. Au cinéma, il faudra attendre que Marina de Van réalise son premier long métrage
Alias, dans lequel la réalisatrice de Dans ma peau ne se mutile pas et ne joue pas ! En 2000, c'est presque l'année de la consécration puisqu'il obtient un petit rôle dans
Le Pacte des loups de Christophe Gans. Seulement voilà, le grand gaillard de Gaspard (avec un "d" contrairement à Gaspar Noé qui lui est argentin) fut coupé au montage. Sa scène était paraît-il bien sanglante. On aurait adoré découvrir ça !
Mais le grand public le découvre en 2002 dans le génial
Embrassez qui vous voudrez, film chorale avant l'heure, français, qui regroupe tout plein d'acteurs géniaux pour faire une oeuvre qui tisse des relations humaines très complexes, notamment les différences entre les pauvres et les riches (géniale Karin Viard avec sa réplique culte: "je pourrais faire la pute mais j'ai même pas de quoi m'acheter un string"). Dans le film d'ailleurs, Gaspar tourne une scène d'amour très belle avec Charlotte Rampling. On aurait bien aimé savoir ce que Gaspar a du ressentir à ce moment-là ! Dans ce film, il joue avec sa camarade Mélanie Laurent (avec laquelle on aime bien le comparer) et interprète le rôle d'un adolescent qui est obligé de partir avec ses parents en vacances. La galère, heureusement il rencontre la belle Mélanie, coup de foudre au bord de la mer et premiers émois amoureux. Gaspard déchire et tout le monde le remarque. André Techiné, le réalisateur du très glauque J'embrasse pas le remarque et comme tout le monde, il est fasciné par l'acteur qui dégage une présence à la fois masculine et féminine, génialement ambigue ! Dans ce film présenté à cannes mais qui n'a rien eu en retour (normal, c'est pas terrible), Gaspard incarne une sorte d'enfant sauvage qui traverse les routes de la France occupée avec Emmanuelle Béart dans
Les Egarés. Là encore une scène chaude entre l'actrice et l'acteur. Décidément, il les fait toutes tomber ! On a également pu le voir dans des films moins attendus comme
Le Dernier jour (2004) de Rodolphe Marconi avec, encore une fois, Mélanie Laurent, et
La Maison de Nina de Richard Dembo, le réalisateur tant regretté du Joueur d'échecs. Allez, encore une conquête de cinéma ??? Citons Audrey Tautou, la géniale Amélie Poulain dans le formidablement bouleversant
Un long dimanche de fiançailles du superbe Jean-Pierre Jeunet.
Dernièrement, on a pu le voir dans Jacquou le croquant, de Laurent Boutonnat, très belle adaptation de la série française par un réalisateur de clip très doué (ceux de Mylène Farmer par exemple) et désormais en Hannibal lecter, serial-killer et prend la relève d'Anthony Hopkins. Et dans ce film, il file les jetons. Son regard - sublime - fait fondre, son sourire aussi, mais sa belle gueule d'ange cache un démon. On aimerait bien que les réalisateurs français s'en souviennent aussi : Gaspard Ulliel, c'est avant tout un beau gosse d'ambiguité !