Présentation succincte des films programmés pour la 17e édition du festival international du film fantastique de Gérardmer

Par - publié le 19 janvier 2010 à 00h43 ,
MAJ le 19 janvier 2010 à 00h58 - 2 commentaire(s)

Pour la 17e édition du festival international du film fantastique de Gérardmer (du 27 au 31 janvier 2010), John McTiernan sera le président du jury, entouré de Valérie Benguigui, Douglas Buck, Stanislas Mehrar, David Moreau, Xavier Palud, Anne Parillaud, Linh-Dan Pham et Florent Emilio-Siri. Premières réactions.
 
5150, rue des Ormes, de Eric Tessier
 
Histoire : Le 5150, rue des Ormes se trouve au bout d'une allée tranquille dans une petite ville sans histoire. Suite à une chute de vélo, Yannick frappe à la porte des Beaulieu, une famille menée d'une main de fer par Jacques Beaulieu, et se retrouve séquestré dans leur maison. Le père de famille propose alors un marché à Yannick: s'il arrive à le battre aux échecs, il pourra s'en aller librement...
 
Focus : Le Québécois Eric Tessier avait déjà présenté son premier long-métrage, Sur le seuil, une variation sur l'univers de Stephen King, en compétition au festival de Gérardmer en 2004.    

 

Amer


Amer, de Hélène Cattet et Bruno Forzani
 
Histoire : Ana est confrontée au corps et au désir à trois moments clefs de sa vie. Sa quête charnelle voyage entre réalité et fantasmes colorés... qui deviennent de plus en plus oppressants. Une main gantée de dentelle noire l'empêche de crier. Le vent soulève sa robe et caresse ses cuisses. Une lame de rasoir effleure son corps : trouvera-t-elle le plaisir au bout de son parcours chaotique et carnassier ?
 
Focus : Court-métragistes de renom, Hélène Cattet et Bruno Forzani prennent l'essence du giallo, un genre qu'ils maîtrisent sur le bout des doigts, pour proposer une expérience anxiogène dans la peau d'une femme schizophrène et paranoïaque. Le film extrême de la compétition, qui va diviser les festivaliers.
 
Hierro, de Gabe Ibanez
 
Histoire : Alors qu'il voyage à bord d'un ferry vers l'île d'El Hierro, le fils de Maria disparaît. Est-il tombé par-dessus bord ? A-t-il été kidnappé ? Personne ne le sait. Il a simplement disparu. Six mois plus tard, tandis que Maria se bat pour surmonter sa peine et reprendre sa vie en main, elle reçoit un appel inattendu. Le corps d'un enfant a été découvert et elle doit retourner à El Hierro afin de procéder à l'identification.
 
Focus : Pour son premier film, parrainé par Juan Carlos Fresnadillo et Juan Antonio Bayona, projeté l'année dernière au festival de Cannes à la Semaine de la critique, le jeune Gabe Ibanez use d'un canevas classique (une mère part à la recherche de son fils qui a mystérieusement disparu) qu'il tire à la ligne avant un coup de théâtre final attendu.    

 

La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher


La Horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher
 
Histoire : Nord de Paris. Décidé à venger la mort d'un des leurs, un groupe de policiers prend d'assaut une tour HLM dans laquelle s'est barricadée une bande de gangsters, et se retrouve sans le savoir confronté à une horde de zombies. Flics et malfrats n'auront d'autre solution qu'unir leurs forces pour venir à bout de ces êtres terrifiants...
 
Focus : Avec ce coup d'essai, Yannick Dahan et Benjamin Rocher espèrent de tout coeur donner un coup de pied dans la fourmilière du cinéma de genre français en réalisant le nouveau Nid de guêpes, de Florent Emilio-Siri - qui est dans le jury. Pour citer Dahan : "on veut faire Terminator 2 avec le budget de Lady Chatterley". A Gérardmer, ils seront attendus comme des messies.
 
Les témoins du mal, de Elio Quiroga
 
Histoire : Francesca est une jeune pédiatre qui vient d'accoucher et souffre d'une dépression post-natale. Elle décide d'emménager avec son mari dans une vieille demeure isolée pour élever leur enfant au calme. Mais très vite des évènements surnaturels se succèdent dans la maison et Francesca est en proie à des visions cauchemardesques...
 
Focus : Pour rappel, Elio Quiroga a signé The Cold Hour, mélange cheap de science-fiction et d'horreur qui misait sur l'imagination du spectateur. Dans Les témoins du mal, un film de fantômes a priori classique, il a confié le rôle principal à Ana Torrent avec laquelle toute une génération de cinéphiles a grandi, de Crias Cuervos / L'esprit de la ruche à Tesis.  

 moon_16


Moon, de Duncan Jones
 
Histoire : Un cosmonaute vivant depuis plus de trois ans dans la station lunaire de Sélène, gère quotidiennement l'entretien des puits de forage de l'hélium 3, seule alternative pour répondre à la crise de l'énergie qui fait rage sur Terre. Loin de sa famille et à deux semaines de rentrer sur Terre, il va commencer à perdre les pédales.
 
Focus : Diffusé dans tous les festivals du monde, ce premier film réalisé par Duncan Jones, le fils de David Bowie, doit beaucoup à son accroche intrigante (Sam Rockwell, seul sur la lune, pendant près d'une heure trente). Si on devait le résumer, ce serait une idée de cinéma pour Tarkovski mais réalisée par James Mangold. Le grand favori.
 
Possessed, de Lee Yong-Ju
 
Histoire : Hee-jin, une jeune étudiante, reçoit un appel de sa mère lui apprenant la disparition soudaine de sa soeur cadette So-jin. Un inspecteur se rend à leur domicile et conclut à une banale fugue. Mais Heejin est convaincue que la disparition de sa sœur est liée à la recrudescence des décès dans le quartier. Elle décide alors de mener sa propre enquête.
 
Focus : Avant de réaliser Possessed, Lee Yong-Ju fut assistant de Bong Joon-Ho sur Memories of Murder.  


The Door, de Anno Saul
 
Histoire : David, un ancien peintre à succès, cherche un sens à sa vie après s'être rendu responsable de la mort de sa fille de sept ans. Cinq ans plus tard, il découvre une porte qui lui donne une seconde chance, celle de recommencer tout à zéro. Mais ce nouveau départ qui tient du miracle va se transformer en un cauchemar éveillé car dans le passé, les apparences sont trompeuses...
 
Focus : L'atout de The Door, c'est incontestablement son acteur principal, Mads Mikkelsen, révélation de la trilogie Pusher, de Nicolas Winding Refn, qui, depuis, connaît une carrière internationale. Reste à savoir si la simple présence d'un excellent acteur suffit à faire un excellent film.

 


 
En guise de film d'ouverture, les festivaliers auront droit à Dans ton sommeil, un thriller psychologique français réalisé par Caroline et Eric du Potet, sur la rédemption d'une mère endeuillée confrontée à un tueur en série. Au casting : Anne Parillaud (membre du jury), Thierry Frémont, Jean-Hugues Anglade. Un choix inattendu qui contredit la tradition voulant que le festival de Gérardmer démarre toujours par un film de studio.
 
Dans la section "hors compétition", on peut être étonné que certains ne soient pas en compétition comme par exemple Metropia, de Tarik Saleh, un film d'animation suédois sur les fantasmes autour de la théorie du complot pourvu d'une tonalité trip-hop, ou Splice, de Vincenzo Natali, mélange ludique de David Cronenberg et de Victor Salva qui donne à réfléchir sur la déontologie (comment vivre avec une découverte corrompue dans un univers social organisé ?). D'autres événements comme Halloween 2, de Rob Zombie et Survival of the dead, de George A. Romero, confirment la solidité de cette partie de la sélection. Avec, en plus, le documentaire Viande d'origine française, de Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff, dans lequel deux fans du genre, ayant collaboré avec Yannick Dahan sur l'émission Opération Frisson et signé le très remarqué Suck my geek, proposent un état des lieux sur le genre en France. Dans son genre, passionnant.
 
En complément, une nuit spéciale zombies avec les projections de Zone of the dead, de Milan Konjevic et Milan Todorovic ; Zombie, de George A. Romero ; L'armée des morts, de Zack Snyder ; ainsi qu'une rétrospective « le silence dans le fantastique » (Blind Terror, Solaris, El Topo...).
 
Parmi les inédits vidéo, section parrainée par Mad Movies et récompensée par un prix remis au nom du public par Fausto Fasulo, le rédacteur en chef de la revue, se cache une merveille : The House of the devil, découvert au festival de Sitges, dans lequel une baby-sitter se perd dans les dédales d'une maison possédée par le diable. Rarement une forme du passé (les films d'horreur des années 70, entre Carpenter et Polanski) aura été utilisée avec autant d'intelligence, sans jamais verser dans la facilité parodique ni le recyclage de formes. S'il avait été en compétition, il aurait sûrement glané le Grand prix.  
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