Après une fringante bande annonce, quelques espoirs étaient permis quant à l'étrange spectacle que pouvait être
House Of The Dead 2, suite d'un impayable étron filmique dont le visionnage sous coupable euphorie s'atténue avec le temps. Moins tape à l'œil, moins prétentieux et plus décomplexé ! C'était l'image offerte par ces premiers et uniques extraits qui vendaient surtout un machin rigolard dans la droite lignée des films de zombies des années 80.
Deux leçons à retenir de cette expérience :
1- Tout d'abord, ne jamais, jamais faire confiance à une bande annonce
2- Certains monteurs de ces mêmes bandes annonces auraient dû être réalisateurs des films qu'ils vendent, car bien plus inspirés !
HOUSE OF THE DEAD 2Un film de Mike Hurst
Avec Emmanuelle Vaugier, Ed Quinn, Sid Haig
Durée : 1h30
Disponible en zone 1 chez originaldvd
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House Of The Dead 2 faisait partie il y a encore quelques heures de ces petits nanars supposés très attendus au sein de la rédaction par une bande d'atrophiés du bulbes qui aiment s'amuser devant les mauvais films (et plus particulièrement par l'auteur de ces lignes), mais des mauvais films qui savent encore un peu rire d'eux-mêmes. On y croyait dur comme fer, puisque de toute façon il était difficile de croire que nous assisterions à un spectacle aussi nul que le premier épisode signé Uwe Boll, et que le contexte même de l'entreprise était déjà prétexte à rire pour n'importe quel être humain un peu réfléchi. Et effectivement,
House Of The Dead 2 est plus aboutit et bien plus réussi que son modèle, autant techniquement que esthétiquement. Cela suffit-il pour faire un bon film ? Absolument pas, car c'est alors tout l'académisme de ce machin qui le rendent plus chiant que le précédent, car moins grotesque, et surtout affreusement trop sérieux.
Laissons tout d'abord de côté le véritable exploit du machin, à savoir être totalement différent du premier autant que du jeu dont il est supposé s'inspirer, pour mieux ressembler au vrai concurrent :
Resident Evil ! Et bien oui,
House Of The Dead 2 ne se l'avoue pas, mais il est encore à ce jour la plus fidèle adaptation du célèbre jeu vidéo de Capcom, certes loin des conneries visuelles de Paul WS Anderson pour cause de budget bien inférieur, mais finalement plus proche du genre originel malgré son aspect Z de chaque instant. Une grande bâtisse qui n'a rien d'un vaisseau spatial infestée de zombies et un gentil commando qui ne flotte pas dans les airs pour kicker des doberman maquillés avec du malabar… effectivement, tout ceci est familier. Ne parlons bien évidemment pas des costumes, de l'attirail militaire assez soft et des zombies qui sont vraiment des zombies.
Surprise donc, le film ne se veut pas crétin, et à notre grand désarrois ne parvient pas à l'être au point de rapidement basculer dans une ronflante redondance. En effet, si chaque ouverture de porte apporte systématiquement son lot de gens qui se font croquer,
House Of The Dead 2 ne proposera que ça pendant une heure et demi, sans relance, ni surprise.
Une bonne occasion également de s'intéresser à l'humilité de certains jeunes réalisateurs avec Mike Hurst qui ne risquait pourtant pas grand-chose, sur un plan de carrière, à jouer la carte de la déconne. Pourquoi tenter une banale chasse aux monstres premier degré lorsque l'on démarrait avec les plus beaux ingrédients du nanar ? Très mauvais acteurs (ceux qui suivront ne seront d'ailleurs guère meilleurs), esprit
American Pie qui se serait mélangé à merveille avec l'univers des zombies et un Sid Haig, muse de Rob Zombie, semblant s'amuser comme un petit fou en plus de faire une référence à
Alone in the Dark (et d'une manière un peu plus déplacée à
28 jours plus tard). Incroyable mais vrai, un hommage ouvert à Uwe Boll ! Autant de facilités potaches auxquelles se greffent filles nues, gros seins, étudiants qui se canardent au Super Soaker et même deux cuistots français (Philippe et Jacques, forcément) qui auraient très bien pu s'enliser adroitement dans le n'importe quoi le plus total au lieu de soudainement se la jouer
Aliens bon marché. Couloir sombres, quelques monstres et mitraillades jusqu'à extinction totale du casting à intervalles réguliers sans même exploiter une seule seconde le potentiel du zombie qui conserve les réflexes de son vivant, dans le cas présent une bande de petits cons amateurs de farces. Evidemment, on aurait proféré une mauvaise comédie gore à un mauvais film d'action.
Manque ou surplus d'ambition, grandement handicapé par un budget de téléfilm qu'il est de toute façon,
House Of The Dead 2 se situe malheureusement pile poil au centre de cette balance du divertissement excessif qui ne parvient à amuser ni par ses morceaux de bravoure, ni par sa débilité puisqu'il ne propose aucun des deux. Une déconcertante platitude que ne sauvent même pas les nombreux plans gores…
Néanmoins, nous vous proposons une galerie de captures rigolotes dans les pages suivantes.