Par - publié le 14 avril 2006 à 09h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h52 - 12 commentaire(s)
Le hardeur HPG présente son premier long-métrage traditionnel On ne devrait pas exister à la Quinzaine des réalisateurs au prochain festival de Cannes. Il confirme ainsi sa côte chez les cinéphiles branchés (bon nombre de papiers sur lui dans Les Cahiers du cinéma) mais également des cinéastes tous azimuts (Bertrand Bonnello, Catherine Breillat, Virginie Despentes). Rien de tel pour faire couler de l’encre sur la Croisette.



Depuis quelques temps, la rumeur courrait comme quoi l’hardeur HPG présenterait un film en sélection officielle au festival de Cannes. On avait cru à une blague. On avait évidemment tort. Ce qui était infondé il y a quelques mois a été confirmé. Le titre ? On ne devrait pas exister. Titre étonnamment pessimiste qui contraste avec la personnalité a priori guillerette du bonhomme. Pas peu fier d’avoir déjà enquiquiné dame censure (HPG, son vit, son œuvre a été déprogrammé des chaînes numériques) mais aussi choqué lors de sa sulfureuse prestation dans l’opéra Tannhäuser, joué au Grand Théâtre de Genève sous l’égide d’Olivier Py (Les Yeux fermés) en octobre dernier, HPG continue d’heurter les sensibilités. Et de se marrer.



Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, HPG a déjà œuvré devant (une myriade de films masturbatoires) et derrière la caméra dans des films aux titres évocateurs (Hypergolique, Hôpital psychiatre en garnison). Tous ses films ont pour dénominateur commun le bougre qui aime à brouiller les pistes, à faire le con et jouer avec son image. L’histoire d’On ne devrait pas exister s’articule autour d’un personnage : Hervé (joué par HPG) qui, conséquence autobio oblige, incarne un acteur de porno lassé des excès d’un monde en marge qui désire passer au cinéma dit traditionnel. C’est, ce que l’on appelle dans le jargon, une mise en abyme : "On pourrait croire en effet à l’autobiographie en imaginant que j’ai réuni des personnes très proches de mon univers et que nous sommes partis dans l’improvisation la plus totale mais ce n’est pas le cas, toutes les scènes sont écrites (…) A partir du moment où tu essayes d’être sincère, d’échapper aux contraintes artistiques et aux bons conseils qu’on te donne, tu te tournes vers toi-même et cela peut devenir de l’autofiction. Mais j’évite de sombrer dans ce piège facile."



HPG n’a jamais vraiment fait de différence entre le porno et le cinéma traditionnel : "A part la représentation sexuelle, rien ne change. L’important c’est de bien ou de mal jouer, de dire quelque chose ou pas. La différence fondamentale c’est la qualité, l’intérêt et la passion qu’on met dans les choses. Le mauvais goût ne me fait pas peur. L’histoire a son importance, mais le plus important, c’est la façon de la mettre en scène parce que les histoires ont déjà été racontées… Sur le tournage, ma liberté faisait peur. On me donnait des conseils sur comment me comporter devant une caméra. On me parle de liberté mais le seul truc qui fait peur c’est de voir quelqu’un de libre devant la caméra." Quelques acteurs du circuit dit traditionnel à l’instar de Marilou Berry et Rachida Brakni sont venus soutenir son édifice filmique, ainsi que le réalisateur Bertrand Bonnello qui l’avait fait tourné dans Le Pornographe. Mais également LZA, sa femme, donzelle de 24 ans connue pour ses implants, tatouages et piercings. L’icône de Gaultier et le sex toy devraient assurément constituer le couple le plus rock’n’roll de cette prochaine édition qui se déroulera du 17 au 28 mai. Que les fans se réjouissent : après une présentation Cannoise qui ne devrait pas passer inaperçue, le film connaîtra les joies d’une sortie hexagonale puisqu’il est prévu le 24 mai prochain sur nos écrans. La critique incessamment sous peu sur le site.
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