Par La Rédaction - publié le 24 octobre 2006 à 01h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h14 - 6 commentaire(s)
Il y a bien longtemps que les traits fins de Roger Moore l'ont quittés, pour laisser place à un début de calvitie et d'arthrite foudroyantes. Pourtant, il signe avec Dangereusement vôtre son épisode de James Bond le plus conspué par les fans parce qu'il n'en respecte plus du tout la moindre parcelle de poncifs, mais surtout le plus musclé. Un excès de testostérones motivé par une évidente crise de jeunisme où les versions 3ème age de Simon Templar et de John Steed s'éclatent une ultime fois en mettant le feu au sol français. On brade en cours de route les gadgets – ici limités à une paire de lunettes infrarouge – en faisant carrément participer M, MoneyPenny et Q aux missions de repérage. Pire encore, les méchants de services sont deux doux dingues motivés par la dictature commerciale, et non plus le gros mégalomane de service reclus dans une base ultrasecrète, les décors exotiques laissant place aux plus grands édifices urbains. Tout fout le camp, quoi…


Enfin, tout le fout le camp pour le fan pur et dur de l'univers Bondien se refusant un tant soit peu à sortir des carcans, puisque contre toute attente, Christopher Walken s'offre un rôle de déjanté assez hors norme. Le sadisme incarné, blanchi et blondi à l'extrême au regard de poisson rouge - géniale antinomie d'une Grace Jones noire comme l'ébène et coloriée de part en part, avec qui il s'associe pourtant - très représentatif de la fantaisie ambiante qu'est Dangereusement Vôtre d'une manière globale. Pas une trahison à Bond comme on aimerait injustement et facilement l'accuser, mais juste un écart de conduite un peu fou envoyant bouler d'un coup de pompe l'espionnage mécanique (1 film sur 14, on peut se le permettre) à l'autel du blockbuster gratuit se jetant tête la première sur les scènes d'action comme un enfant dans une boutique de bonbons. L'un des épisodes les plus accessibles au grand public par ailleurs (le Moore le plus rediffusé en prime time chez nous), nourri par un réel déchaînement décomplexé comme le sera encore plus extraordinairement Meurs un autre jour quelques années plus tard.


Du fun pur jus donc, où le vieux Roger perd temporairement le poids de ses années pour bondir de lianes en lianes d'une manière imagée à travers des scènes de combats au corps à corps assez chaplinèques, une démente scène finale (l'une des meilleurs de la série) au sommet du Golden Gate, un thème musical entraînant et surtout une poursuite en camion de pompier à l'échelle branlante surréaliste malgré des trucages parfois hasardeux. Car c'est peut-être là l'icône la plus évidente du film, séquence suivant celle où Bond surplombe une mairie en flamme avec la jolie fille dans les bras. Le pompier dans toute sa splendeur comme ont toujours rêvé de l'être tous les petits garçons du monde. Ca tombe plutôt bien, Dangereusement Vôtre est, et restera, un vrai film de gosses !
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